Joffrin superstar

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L’arrivée de Laurent Joffrin à la tête de Libération s’accompagne d’une pluie d’éloges dans la profession. Je ne cesse de rencontrer des patrons de presse – qui au Point, qui au Parisien ou au Monde – saluant le "courage" et le "panache" de l’ancien patron du Nouvel Observateur. Passées les formules un peu convenues, on entend les mêmes ricaner sur les chances de résussite de celui qui est regardé, en vérité, comme un doux cinglé. Tant le redressement de Libérarion semble une cause impossile. Cette lente dégringolade de Libé me ramène à décembre 1988, avec la mort du Matin de Paris. Ce quotidien, créé en 1980 par Claude Perdriel, était à l’époque le fleuron de la presse française. Tout le monde jouait des coudes pour y rentrer. Or ce journal, d’obédience rocardienne sur la fin, est mort de sa belle mort et dans l’indifférence la plus totale, après qu’on l’ait dit, des années durant, insubmersible. Chute de la pub, dérive idéologique, ligne éditoriale par trop dogmatique, fuite des signatures et lente désaffection du lectorat …ce sont toutes ces raisons conjuguées qui l’ont conduit à sa perte. Or à l’époque, les journaux gratuits n’existaient pas, le PAF ne comptait que cinq chaînes et Internet était dans les limbes. C’est vrai, courageux Joffrin…

J’ai déjeuné avec le PDG de Radio-France, Jean-Paul Cluzel. Cet ancien administrateur de l’Opéra de Paris, par ailleurs parrain des enfants d’Alain Juppé, s’inquiète, sur le mode caustique, des mois à venir. Il sent, en effet, monter la pression du coté des cabinets ministériels, où il note un début de panique, à un peu plus de six mois de la présidentielle. Comme c’est la tradition à l’approche des grandes échéances électorales, les chaînes de radio et de télévision vont faire, dit-il, l’objet de très fortes pressions de la part du politique afin de recaser les uns et les autres. En pôle position, le ministère de la Culture et de la Communication, dont les membres se préparent à aller tirer les sonnettes. Qui à France Télévisions. Qui à TF1. Qui à Radio-France. République bananière. Les chaînes de télé et de radio, publiques et privées, regorgent d’énarques parachutés. Ajoutons à cela, le zèle des patrons de chaînes, soucieux de donner des gages, tantôt à Villepin, tantôt à Sarkozy _ et qui sait dans trois mois à Ségolène Royal, en fonction des sondages…Cela promet.

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1 Comment
  • marianne
    mars 21, 2011

    Bonjour Monsieur, Je ne connais rien aux blog, buz,tchat, et toutes ces nouvelles expressions et je ne suis pas du tout sure de la personne à qui j’écris mais ce peut être Renaud Revel. Je viens de cliquer – enfin, il y a deux jours – sur l’un de vos articles. Il m’a plu.
    J’ai lu le précédent. Il m’a plu.
    Puis celui d’avant, etc…, et je me suis dis que vous étiez un gars terrible dans le meilleur des sens.
    Je voulais juste vous le dire.
    Marianne