anachronisme

par 21commentaires No tags 0

C’est une belle bataille qui s’engage autour de la vente du quotidien Les Echos. Propriété du groupe anglais Pearson, ce titre prestigieux (et en bonne santé) est l’objet de très nombreuses convoitises. Mais fait inédit, aucun groupe de presse ne s’est porté, à ce jour, candidat à ce rachat ! En effet, seuls des fonds d’investissements, quelques solides hommes d’affaires, à l’image du belge  Albert Frère ou des groupes industriels, comme LVMH, l’empire de Bernard Arnault, sont apparus et ont fait connaître leur intérêt. On peut ainsi s’inquiéter de la montée en puissance, dans le domaine  de la presse, de fonds d’investissements et de groupes plus soucieux de la rentabilité de leurs acquisitions, que des contenus proprement dits, des journaux qu’ils acquièrent. Il y a fort à parier que dans cette bataille, Pearson favorisera une solution française. Et que l’Elysée, où l’on n’a pas oublié l’épisode Balladur, veillera au grain. Souvenons-nous, en effet, du tollé soulevé en France lors de la vente des Echos, par la famille Beytout, au groupe anglais. Edouard Balladur, lui-même, alors qu’il était à Bercy, s’en était offusqué. Il considérait, à l’époque, qu’un journal n’est pas une marchandise comme les autres. Et qu’une institution, telle que Les Echos, se devait de rester française. Un tel discours, en 2007, devrait en faire sourire plus d’un. Car à l’heure d’Internet et de la mondialisation, ce type de raisonnement n’a plus lieu d’être. Qui sait aujourd’hui que l’éditeur de Gala et de Voici est allemand ? Que la maison mère de Paris Match, Lagardère, est entre les mains, en grande partie, de capitaux qataris. Que L’Express appartient à un groupe de presse Belge, (Roularta). Et que le capital de Bouygues, propriétaire de TF1, est largement contrôlé par des fonds de pensions américains.           

0
21 Comments