Closer condamné

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François Hollande et Ségolène Royale ont tous deux, dans un même  élan, exigé que la justice sanctionne sévèrement le magazine Closer, à l’origine de la publication d’un reportage photo (acheté 50 000 euros) montrant le numéro un du PS batifolant sur une plage de Tanger, au Maroc, en compagnie de sa nouvelle compagne.

Avec cette nouvelle affaire refait soudainement surface le fameux  débat qui oppose depuis maintenant quelques années en France, les partisans d’une liberté absolue de la presse écrite à ceux qui plaident pour que la loi soit systématiquement appliquée. Et que la vie privée de nos responsables politiques soit protégée comme il se doit. Mais il faudrait pour cela que cette même classe politique fasse preuve de cohérence. Reprenons le cas Hollande-Royale. Voilà une bonne dizaine d’années que ce couple -qui n’en plus est un, depuis l’officialisation de sa rupture- fait son marché avec la presse, en allant négocier (tantôt avec Gala, tantôt avec Match ou VSD) des reportages complaisamment offerts à ces magazines : ce fut le cas, notamment, lors de la naissance de leur dernier enfant, où l’on vit Ségolène Royale accueillir une équipe de Gala qui fit ses choux  gras de cet événement. Il ne s’est pas passé, ainsi, un été sans que qu’un hebdomadaire à grand tirage ne nous livre des pans entiers de l’intimité du couple. L’effet boomerang était inévitable. Si l’épisode marocain est certes insupportable, il n’est que le résultat d’un lent processus qui voit la presse people française s’aligner sur ses voisins européens. A vouloir jouer avec le feu nos hommes politiques prennent un retour de bâton douloureux. Closer, qui a d’ores et déjà vendu quelques 500 000 exemplaires de son magazine en quatre jours, a décidé lundi d’en imprimer 300 000 autres, avec l’objectif d’atteindre à terme le million d’exemplaires. La presse écrite est un marché : cette vérité toute bête méritait d’être aussi rappelée.                

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