perestroïka

par 3commentaires No tags 0

La conférence de rentrée de TF1 aurait pu tourner au pugilat : cela n’a pas été le cas. En effet, chacun s’attendait, dans les travées de l’Olympia -où se déroulait le show annuel de la chaîne- à ce que la nouvelle direction de TF1 essuie un feu nourri de questions, après un été  mouvementé. Départ de l’ancienne équipe dirigeante (Le Lay-Mougeotte), intronisation du nouveau patron (Nonce Paolini), guerre des barons, parachutage d’un ancien compagnon de route, durant la campagne présidentielle, de Nicolas Sarkozy, menaces sur la direction de l’information, rumeur d’une arrivée du journaliste et patron du Figaro, Nicolas Beytout, à la tête de cette dernière…les sujets de conversation ne manquaient pas.

Mais il n’en fut rien. Circulez, il n’y a rien à voir  et rien à dire: une fois son exposé expédié, Nonce Paolini (brillant au  demeurant) prit la poudre d’escampette, laissant l’assemblée sur sa fin. Il est vrai qu’en esquivant de la sorte, le nouveau timonier de La Une a pu éviter les questions qui fâchent. A commencer par celle qui porte sur l’imbroglio né de la non diffusion d’une interview du propre frère de Rachida Dati, fraîchement inculpé pour trafic de drogue…No comment. Pour clore le tout,  le patron de l’info de TF1, Robert Namias (très joliment surnommé par Libé, ce jour, « Bob l’éponge ») se livra à un numéro de vierge effarouchée. Il aura tancé les journalistes présents pour avoir osé écrire, cet été, qu’un temps dans le collimateur de Nicolas Sarkozy, il faillit être débarqué de son siège et remplacé, justement, par Nicolas Beytout. Ce qui n’est que pure vérité. Il aura fallu, au cœur de ce même été, que PPDA monte au créneau et que Martin Bouygues, quelque peu irrité par ces manœuvres, calme le jeu, pour que l’opération échoue. Mais pour combien de temps ?  

Mais de tout cela, pas un mot. Il est étonnant que dans cette société de communication où chacun s’enivre de mots à la mode ( transparence, interactivité, parler-vrai…), le premier média de France continue de donner l’image d’un bunker verrouillé de l’intérieur. La rédaction des Echos, en guerre contre l’industriel Bernard Arnault, depuis des semaines, donne, à l’inverse l’image d’une entreprise mature : les choses se disent, avec franchise et courage, sans langue de bois ni acrimonies et malgré les risques encourus. En revanche, il est regrettable qu’une chaîne comme TF1, dont on ne peut contester la réussite industrielle et la qualité des hommes qui l’animent, n’ait pas opéré sa perestroïka, au moment où une équipe dirigeante chasse l’autre.           

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3 Comments
  • la taupe
    septembre 4, 2007

    Combien gagne un journaliste de TF1? Toujours plus qu’ailleurs. « la paix sociale » et « la paix médiatique » est achetée à ce prix là. Rien de plus, rien de moins. Quand on signe son contrat à TF1, on signe aussi en sachant cela. Donc rien de surprenant

  • Russell Armstrong
    février 1, 2011

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