Fatwa

par 19commentaires No tags 0

Le climat de règlement de compte qui règne entre l’industriel et patron d’Havas, Vincent Bolloré, et son prédécesseur à la tête du groupe publicitaire pendant plus de quinze ans, Alain de Pouzilhac, ne semble pas vouloir s’apaiser, bien au contraire. C’est ainsi qu’il ne se passe pas une semaine sans que Vincent Bolloré n’entame une nouvelle procédure à l’encontre de celui qu’il accuse, ni plus ni moins, d’avoir pillé la boite.

Des attaques totalement dénuées de fondement, jusqu’à preuve du contraire, et qui témoignent de la violence des rapports qu’entretiennent parfois ces grands crocodiles que sont les patrons de médias. Alain de Pouzilhac, qui est aujourd’hui  le PDG de France 24, la chaîne tout-infos, se voit ainsi reprocher les avions qu’il prenait, les chambres d’hôtels qu’il réservait ou les fleurs qu’il faisait livrer, à l’époque où il dirigeait la vieille maison Havas. Un train de vie que l’intéressé justifie sans s’émouvoir, en expliquant que manager un groupe mondial de cette taille nécessitait des frais. L’un de ses proches me disait, ce matin, qu’ayant conservé tous ses agendas, Pouzilhac s’emploie à expliquer à qui veut l’entendre et méthodiquement, le pourquoi de ces séjours à l’étranger, de ces déjeuners d’affaires, de ces livraisons de champagne ou de fleurs, faites à des clients (de très grandes entreprises et donc de très grands annonceurs publicitaires), qu’il fallait forcément choyer.

Et Pouzilhac de s’interroger, me dit-on, sur le caractère étrange de ces attaques en rafale qui déboulent au moment même où l’Elysée (étrange, étrange…) planche sur l’avenir de France 24. Une chaîne qui n’est pas en odeur de sainteté au Château, depuis que l’ancien premier ministre, Dominique de Villepin, qui en fut le parrain, à sa création, l’emmena sur les fonds baptismaux. On peut légitimement s’étonner, en effet, de l’acharnement avec lequel le très sarkozyste Vincent Bolloré, (qui prêta, on s’en souvient, son yacht à Sarko, au lendemain de la victoire), s’emploie à étriller de la sorte celui que le président de la République ne semble pas porter dans son cœur. Tout cela justifie que l’on s’interroge : pourquoi tant de haine ?     

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