Le spectre libanais

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Entretien téléphonique avec le patron de l’information de France 3 Paul Nahon, dont l’une des journalistes ( Marie-Agnès Peleran) est détenue au Tchad, impliquée dans l’affaire de l’Arche de Zoé. L’homme se démène avec beaucoup d’opiniâtreté pour faire en sorte que le sort de cette jeune femme de 38 ans, qui n’était pas en reportage, mais en « congé  humanitaire de solidarité », (c’est le terme administratif employé) soit pris en considération, au même titre que ses deux autres confrères détenus par les tchadiens mais qui étaient, en revanche, en reportage.

Nahon m’expliquait qu’il avait eu Bernard Kouchner au téléphone dès les premières heures de cette affaire et qu’il tenait constamment la famille de la journaliste au courant du déroulé des évènements. Il n’est pas question pour Nahon de faire une quelconque différence entre le statut de cette collaboratrice de France 3 méditerranée et la position des deux autres reporters incriminés et détenus au Tchad. Si Paul Nahon semble à ce point sensibilisé par cette affaire, c’est qu’il garde en mémoire, me dit-il,  un douloureux précédent : c’est lui, en effet, qui signa en mars 1986 l’ordre de mission des quatre journalistes de France 2, Philippe Rochot, Georges Hansen, Aurel Cornéa et Jean-Louis Normandin, enlevés au Liban et dont la détention fut un calvaire. L’épisode l’a suffisamment marqué pour qu’il fasse preuve, aujourd’hui, non seulement de la plus grande attention, mais également de la plus extrême prudence. « On entend tellement de bêtises sur cette affaire que je préfère attendre le retour de Marie Agnès pour me faire une opinion précise quant à son rôle ». A l’heure d’aujourd’hui, Nahon se dit incapable, par exemple, d’affirmer si cette journaliste, engagée de longue date auprès d’ONG, était ou non membre de l’Arche de Zoé.   

 

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