Fromage

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C’est aujourd’hui, vendredi 21 décembre, que Nicolas Sarkozy doit recevoir, à l’Elysée, les PDG de France Télévisions, de France 24 et de RFI, afin de mettre en branle la grande réforme de l’audiovisuel extérieur. Un chantier où tout le monde patauge et se déchire, chacun défendant son pré-carré. Piloté à l’Elysée par Georges-Marc Bénamou, ce dossier est censé déboucher sur la constitution d’une structure (une de plus dans notre paysage télé ), appelée à incarner la Voix de la France à l’étranger.

Durant les mois qui ont précédé, tout le monde y est allé de sa contribution, qui de son rapport, qui d’une recommandation. Même l’ancien président africaniste du CSA, Hervé Bourges, a cru utile de pondre une longue note sur la question, adressée à Georges-Marc Bénamou, au Château. Devrait sortir, en tous les cas, de cette ultime réunion un premier  schéma. Or si Nicolas Sarkozy, agacé  par les retards pris dans cette affaire, a décidé de reprendre la main sur ce dossier,

c’est parce qu’il estime que celui-ci a été mal travaillé. Le chef de l’Etat s’est plaint, par exemple, que l’on ait oublié d’intégrer l’Agence France Presse, et son maillage de correspondants à travers le monde, dans le montage initial. Ce qui est juste. Il y a quelques semaines de cela, lors de son voyage en Chine, Sarkozy s’était même emporté, critiquant l’amateurisme de ses équipes, en la matière. Et il avait demandé à son conseiller diplomatique, à l’Elysée, Jean-Daniel Levitte, un haut fonctionnaire de talent, ancienne figure du Quai d’Orsay, de reprendre l’affaire en main.

Or  le retour en force du « Quai » dans ce dossier ne devrait pas être sans conséquence pour la suite. Devrait en découler, en effet, au-delà de la physionomie du projet, le profil de l’homme qui sera amené à diriger la société holding qui coiffera les différentes chaînes de ce futur ensemble, tourné vers le monde.

Un joli fromage qui excite les ambitions, on le devine, d’autant (point de détail important) que le poste en question ne comporte pas de limites d’âge pour ses dirigeants, de quoi ouvrir l’appétit d’un certain nombres de caciques du secteur.  Si l’on évoque le nom du (jeune et brillant) PDG de l’AFP, Pierre Louette, un ancien membre de cabinet d’Edouard Balladur, à Matignon, c’est l’actuel patron de Radio France, Jean-Paul Cluzel, qui semble tenir la corde. L’homme a plusieurs atouts dans sa manche: il a dirigé RFI. Navigué avec habilité à la tête des entreprises publiques qu’il a dirigé : de l’Opéra de Paris à Radio France où il fait de bonnes choses. Et bien que longtemps couvé par la chiraquie, il dispose d’un allié de poids en la personne d’Alain Juppé, dont il est le parrain de ses enfants: c’est le fil à plomb de sa carrière. Un dirigeant sarko-compatible  qui pourrait donc fort bien décrocher la timbale.

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