Un seigneur

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Maurice Lévy est un seigneur. Le PDG de Publicis, avec lequel nous déjeunions, hier à

l‘Express, est sans doute le dernier grand baron de ce métier. Une icône de la pub respectée des deux cotés de l’atlantique. Nous lui demandions hier pourquoi, selon lui, les français avaient réussi à faire mieux que résister, au niveau mondial, depuis plus de trente ans, sur un marché dominé par les anglo-saxons. L’explication qu’il nous a donné est intéressante. Il affirme que cette spécificité française tient à deux hommes: le fondateur de Publicis et pionnier de la pub, Marcel Bleustein-Blanchet. Et son adversaire, à l’époque, l’homme qui fit la gloire d’Havas, Jacques Douce.

Ors ces deux ennemis, qui ferraillèrent plusieurs décennies durant, se sont retrouvés, toute leur vie, autour d’un seul et même objectif: empêcher les anglo-saxons de poser un pied sur le sol français. 
C’est ainsi qu’à chaque fois, au cours des dernières décennies, qu’un groupe américain ou anglais tentait de racheter une agence de pub, en France, Publicis et Havas leur grillaient la politesse. Résultat, ces deux hommes sont parvenus à sanctuariser le marché français, hissant leurs deux groupes dans les premiers rangs de la pub mondiale. Clôturant ce chapitre, Maurice Lévy a livré cette anecdote savoureuse: recevant un jour Claude Douce à Publicis, Marcel Bleustein-Blanchet lança à son invité, «  j’ai toujours beaucoup de plaisir à vous voire, car je sais que vous dites, quoiqu’il advienne, toujours la vérité. Mais le seul problème, Jacques, c’est qu’avec vous, aussi, ces vérités sont hélas successives». Deux crocodiles dans un même marigot…  

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1 Comment
  • Robert Marchenoir
    février 6, 2008

    Si je comprends bien, la réussite des publicitaires français en France ne serait nullement dûe à leur talent, mais à leur protectionnisme.

    Si c’est le cas, je ne pense pas qu’il faille s’en réjouir.