Les tontons flingueurs

par 4commentaires No tags 0

 

Peut-on rire de tout et de tout le monde?

Invités de l’émission Pif Paf, sur Paris Première, diffusée ce week-end, deux sabreurs talentueux et connus du petit écran, Eric Naulleau et Stéphane Guillon, ont tenté de justifier, de manière assez convaincante il faut l’avouer, le métier de sniper qu’ils s’attribuent.

L’un et l’autre ont dénoncé une télé cire-pompes et de connivence, qu’ils abhorrent, tout en revendiquant  un droit à la critique qui aurait disparu du petit écran. Et d’aligner les émissions de Michel Drucker, d’Arthur, ou de Fogiel, transformées, à leurs yeux, en outils de promotion et de services après-vente, à destination des invités qui y défilent. Pas faux.

Stéphane Guillon et Eric Naulleau expliquaient que cette liberté de ton, devenue leur marque de fabrique, avait fini par leur coûter. Le premier confessait avoir les plus grandes difficultés à être désormais invité sur les plateaux de télés, pour y parler de son one-man show, qu’il s’apprête à installer à Bercy : black-listé par ceux-là même qui l’invitaient il y a encore un an, tout heureux de le voir passer au laminoir la terre entière, l’impétrant est désormais interdit de séjour sur un bon nombre de chaînes.

 

 

Eric Naulleau

 

Quant à Naulleau, il assurait avoir été tout simplement rayé, par les services de presse, des listes d’invitation dans les théâtres. Et il se disait désormais condamné à payer sa place afin d’assurer son travail de critique, qu’il effectue au lance-flamme.

 

Tout cela est assez médiocre, on en conviendra.

 

Mais je faisais remarquer à Naulleau et Guillon, sur le plateau de Pif Paf, qu’au delà du nécessaire et très salvateur droit à la critique,  le caractère systématique de ces opérations de flingage avait aussi quelque chose de dérangeant. N’y a t-il pas là une forme de marketing qui consiste à s’assurer la présence sur un plateau de télé de l’un de ces experts en partie de ball-trap pour être assuré de remplir la salle, de tenir l’audience et de faire le spectacle ? Quand, enfants, nous allions au cirque, en famille, chacun d’entre nous attendait cet instant jouissif qui voyait le clown blanc lancer au visage de son comparse sa fameuse tarte à la crème. La mise au pilori de l’autre est toujours un instant troublant : l’humain vacille, le malaise s’installe. Flinguer une Laurence Bocholini en larmes chez Ruquier, comme l’a fait Naulleau dernièrement,  n’a rien d’héroïque. J’ai trouvé l’épisode pour ma part pitoyable.

 

Laurence Bocholini

 

On aimerait ainsi que ces as de la canonnade s’attaquent, de temps à autre, à des porte-avions. Et qu’ils dirigent leurs scuds sur des clients aussi armés qu’ils le sont tous deux: le spectacle, car ce n’est que du spectacle, en serait d’autant plus fort.       

0
4 Comments
  • Jérémy
    mars 28, 2008

    Pitié M. Revel, attention à l’orthographe des noms que vous citez. Ce n’est pas Naulo mais Naulleau. Et c’est Boccolini et pas Bocholini.

  • Philippe
    mars 28, 2008

    Et ce n’est pas Naulleau sur la photo mais Michael Young. Courage c’est bientot le week end !

  • chris
    mars 28, 2008

    Je n’ai pas l’impression que Naulleau soit responsable des larmes de Boccolini chez Ruquier. Je me souviens parfaitement en revanche de la façon dont Boccolini prenait plaisir à humilier les candidats dans son jeu stupide sur TF1.

  • pascal
    mars 29, 2008

    Et bien ce soir guillon a dépassé les limites. Il a manqué de respect, sali la mémoire du regretté Thierry Gillardi, Trop, c’est trop, je ne vous salue pas M. Guillon