L’affaire Sevran

par 14commentaires No tags 0

Pascal Sevran est bien vivant…Donné comme mort hier, sur l’antenne d’Europe 1, l’animateur s’est fendu d’un joyeux coup de fil à la station, afin d’indiquer qu’il était on  ne plus là, dans sa maison de campagne et en pleine santé. La station d’Europe 1 s’est infligée, dans  la foulée, un démenti piteux…Cette bourde en rappelle une autre bien plus célèbre qui avait vu, au tout début des années 80, le Quotidien de Paris publier sur une pleine page la nécrologie de Marcel Dassault: bon pied, bon œil, ce dernier avait pris un immense plaisir, le matin même, à la lecture de ce journal, à contacter son directeur de l’époque, Philippe Tesson, afin de le  féliciter pour l’excellente qualité de ce papier…

Plus sérieusement, l’épisode  Sevran met en lumière ce dangereux climat de fébrilité et de surenchère qui touche les médias depuis peu. La concurrence d’Internet, ajouté à l’émergence des Blogs, a jeté un vent  de folie et de panique dans la « blogosphère » et chez nombre de mes confrères, pour qui la rapidité, combinée à la prise de risque maximale, sont devenus des maîtres mot: le scoop, coûte que coûte. On a vu ainsi un site jeter sans vergogne, ce week-end, en pâture le nom de ce directeur de TF1 impliqué dans une scabreuse affaire de mœurs, alors que l’enquête démarrait à peine. Et l’Obs franchir toutes les lignes jaunes, avec l’affaire du vrai-faux SMS de Cécilia Sarkozy.

Internet est ainsi devenue, en peu de temps, une piste de sprint empruntée par une foule d’athlètes de l’information, dont l’unique objectif est de franchir la ligne d’arrivée avant le voisin, au risque de bâcler leur course et de ternir l’image de leur site et des titres qui les abritent. Voilà plusieurs semaines déjà que, conscient de cette dérive dangereuse, Christophe Barbier, à l’Express, met amicalement et régulièrement en garde ceux qui parmi nous seraient tentés d’épouser cette même démarche. Au risque, là encore, de brouiller l’image de l’hebdo, d’en dévoyer la ligne éditoriale et de s’abîmer, tous ensemble, dans un combat dérisoire qui justifierait, alors, toutes les critiques dont notre profession fait déjà l’objet dans l’opinion.

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14 Comments
  • Gilles
    avril 22, 2008

    et Morandini n’est pas le dernier dans cette course…

  • armel
    avril 22, 2008

    J’étais sur Europe 1 quand ils ont annoncé le truc. Et puis, ils étaient contents. Le gars qui a fait la nécro (Delpech, je crois) a été félicité par la présentatrice du journal pour sa performance effectuée en aussi peu de temps.
    A posteriori, on doit se sentir un poil ridicule, non ?

  • simone
    avril 22, 2008

    Navrant, Mr Morandini occupe 3 heures sur Europe 1 tous les matins. J’ai d’ailleurs changé de station le matin, et lorsque je suis en Espagne, quel « bonheur » d’entendre Mr Bourdin.
    Jamais de dérapages, de dérisions, de moqueries, beaucoup de classe…..
    N’y a t il pas de classe pour les nouveaux ?
    Avec respect des auditeurs qui appellent ?
    Il ne prend que les personnes qui sont ordinaires comme lui. La station n’est pas faite que pour un certain monde, il tire la France vers le bas…
    Dommage.

  • koz
    avril 22, 2008

    Mais comment ces journalistes peuvent-ils ne pas comprendre que, précisément, l’évolution actuelle leur impose de prendre du recul, d’être ceux qui vérifient, bref pourquoi ne saisissent-ils pas cette chance qui leur est donnée de revenir aux sources d’un véritable journalisme ?

    Ont-ils peur de ne pas être à la hauteur ?

  • donvega
    avril 22, 2008

    Est-ce que Jean-Pierre Elkabbach vous avait donné l’info Sevran au cours de votre déjeuner ? Grand journaliste peut-être mais très mauvais directeur et manager sur ce coup là. Et puis franchement, à 71 ans, il faudrait peut-être songer à laisser sa place à des leaders plus jeunes et dynamiques. Sans oublier le cumul, peu déontologique, avec la présidence de la chaîne Public Sénat. Il est même étonnant que Arnaud lagardère, très soucieux des performances de ses sociétés, conserve Elkabbach à la tête d’une radio qui perd de son audience et beaucoup de ses qualités historiques.

  • Chelot
    avril 22, 2008

    Et il n’y pas eu que Pascal Sevran… En 3 jours, 3 « fausses morts » ont été annoncées: Celles de Yves St Laurent et Philippe Maneuvre »

  • Yann
    avril 22, 2008

    Mouais… critique facile quand on est un hebdo et que l’info en direct, c’est pas trop votre truc !

  • michael
    avril 22, 2008

    Morandini a retourné cela habilement; une légère excuse et puis le c’est pas moi c’est ruquier et europe 1 qui l’ont dit…..

  • Bertrand
    avril 22, 2008

    C’est la morandinisation d’europe1. Depuis qu’il anime de 11-14h, il n’aborde que des sujets polémiques et racoleurs. Sur son site, il ne vérifie pas ses info et lorsqu’on le lui dit, il nous banni et supprime le compte.

    Heureusement que son projet d’arriver sur france 2 en remplacement de Ruquier est tombé à l’eau. Le service public n’a pas besoin de se morandiniser!

  • Zelig
    avril 22, 2008

    Dites-moi, cher Renaud, vous ne trouvez pas que jeter l’opprobe sur le Web en vous appuyant sur une bourde commise par des médias on ne peut plus « classiques » est un tantinet malhonnête ? Et vous-même, cher Renaud, combien de fois nous avez-vous privé, sur ce blog, d’informations que vous aviez mises en ligne un peu vite, quelques heures plus tôt ? Vous faites pourtant bien partie de la si sérieuse et donc, nous dites-vous, bien cornaquée écurie de Christophe Barbier, non ? D’aucun dirait que l’hôpital se fout un peu de la charité, là…

  • donvega
    avril 22, 2008

    Lu sur le site de 20 minutes:

    Un membre de la Société des Rédacteurs d’Europe 1 le confirme à 20minutes.fr: «C’est Jean-Pierre Elkabbach qui avait l’information, il a donné l’ordre de la passer sans laisser à la rédaction une marge de vérification». Le patron d’Europe1 a d’abord déclaré qu’il assumait « personnellement une erreur collective». Stupeur et colère de la SDR qui fonce dans son bureau et exige davantage de contrition. Elkabbach cède: «J’assume cette erreur. Je m’en sens responsable et je ne dilue pas les responsabilités».

    10 jours plus tôt, le même Elkabbach annonçait à La Croix qu’il allait créer à Europe 1 un comité d’éthique pour «ne plus se laisser détourner, par les querelles de caniveau ou les vrais-faux scoops, des sujets importants».

    http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2334801&rubId=1097

  • Emmanuel Berretta
    avril 27, 2008

    Renaud Revel, votre allusion à l’affaire Binet révélé par Lepoint.fr est lamentable. D’abord, elle est hors sujet puisqu’elle est vraie. Mais venant de vous, pardon ! Dois-je vous rappeler votre faux « scoop » sur les rétrocomissions chez Lagardère ? La convocation de Christophe Barbier, votre boss, qui s’ensuivit chez ce même Lagardère… Dans un journal normal, vous auriez pris la porte. Alors estimez vous heureux de gagner encore votre vie en racontant vos fadaises et ne la ramenez plus sur le sujet de la « vérification de l’information ». Au fait, l’Express est à vendre, non ? Ou alors l’Obs ? Ou Marianne ? Non, vraiment, rien à vendre cette semaine ? Allez, un petit effort, trouvez-nous quelque chose à vendre M. Revel.

  • humbert
    mai 10, 2008

    vous parlez de fébrilité et de surenchère journalistique « depuis peu ». Moi, ça fait 17 ans et quelques mois que je ne supporte plus les médias, exactement depuis le 28 janvier 1991, déclenchement de la guerre du golfe…

    Il est plus que temps de parler d’éthique, et d’exiger de la presse écrite et audio une remise en cause absolue.

    Moi, consommatrice, je ne fais plus aucun cas de vous, vous n’avez aucun pouvoir sur moi, sauf celui de me mettre en colère.

  • wow power leveling
    novembre 24, 2008

    I’d prefer reading in my native language, because my knowledge of your languange is no so well.

    http://www.wow-powerleveling-wow.com