L’exception Albanel

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Bien que passée légèrement inaperçue, l’information est importante. Au terme de longues discussions entre l’Elysée, Matignon et le ministère de la Culture et de la Communication, il a été décidé, voilà quelques jours, de rattacher dorénavant le service de la Direction des médias, installé à Matignon depuis des lustres, au ministère de Christine Albanel. La DDM n’est pas une quelconque administration croupion. C’est au sein de ce service, peu connu du public, que s’élaborent nombre de projets de loi. C’est là qu’ont été rédigé toutes les grandes lois qui ont façonné, charpenté, encadré, l’audiovisuel français depuis 1981.

Et c’est ce service, enfin, véritable bras politique de l’Etat dans les médias, qui aura la charge de rédiger, d’ici à la fin de l’année, les textes qui, une fois soumis au Parlement, doivent servir de nouveau socle à  la télévision publique, une fois la mission de Jean-François Copé achevée.

Que Christine Albanel ait réussi à récupérer cette administration, désormais placée sous son aile, est pour elle de bonne augure. Après avoir essuyé, à son arrivée rue de Valois, un tombereau de critiques, cette ancienne plume de Chirac semble avoir trouvé ses marques: appréciée par le monde du cinéma, respectée par les professionnels de l’audiovisuel, écoutée à l’Elysée et à Matignon, et enfin épargnée par Nicolas Sarkozy qui a fini par se convaincre de ses qualités.

Au point que Christine Albanel se distingue aujourd’hui face à ses différentes consœurs, en capilotade  au sein du gouvernement, ( Amara, Bachelot, Kosciusko-Morizet, Dati…), des femmes politiques encalminées et dont l’image, de couacs en bourdes, s’est dangereusement détériorée.

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1 Comment
  • flux
    avril 22, 2008

    Une autre analyse est possible (confirmée en privé par certains fonctionnaires de la DDM) : rattachée à la Culture plutôt qu’à Matignon, la DDM aura moins de poids, moins de capacité à se faire entendre lorsque des arbitrages devront être rendus par le Premier Ministre. Or de tels sujets ne manquent pas au moment où, convergence oblige, les acteurs des télécoms (traditionnellement soutenus par Bercy) et ceux de l’audiovisuel sont de plus en plus en concurrence frontale.