Pierre qui roule…

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Déconcertant Pierre Lescure, dont on annonce aujourd’hui la nomination à la tête du théâtre Marigny ! Jamais la reconversion d’une ancienne grande figure de l’audiovisuel français -respectée, adulée, vénérée, durant presque deux décennies- n’aura été aussi chaotique.

Celui qui forgea et incarna « l’esprit Canal » et dont chacun a pu mesurer, le talent et le brio, durant ses longues années passées à la tête de la chaîne cryptée, n’est jamais parvenu à véritablement rebondir. Cachetonnant ici, butinant, là, naviguant de plateaux en plateaux, où on l’a vu animer diverses émissions de télévisions aux audiences toutes confidentielles ; poussant péniblement ses pions, à droite, à gauche, afin de décrocher, en vain, tantôt la direction d’Unifrance, tantôt la présidence du Conseil de surveillance du Monde, Pierre Lescure n’a cessé de ramer.Ce solitaire étonnement doué aura, en vérité, joué de malchance. Et sa fidélité aveugle à Jean-Marie Messier lui aura finalement coûté très cher. Là où la plupart des barons qui constituaient sa garde rapprochée, à l’époque bénite de Canal+, (de Denis Olivennes à Michel Thoulouze, d’Alain de Greef à Dominique  Farrugia), ont su admirablement négocier leurs départs, assurant leurs arrières pour de longues et belles années, Pierre Lescure, lui, s’est fait tout simplement berner.

Collectionneur invétéré d’œuvres d’art, ami généreux et panier percé, l’homme a beaucoup perdu. Mais il est rare de voire un manager de ce rang à ce point maltraité, quand la plupart des bannis du CAC 40 se retirent sur leurs terres avec des parachutes dorés indécents.

Lescure, quant à  lui,  n’a eu droit qu’à l’aumône. Tout le monde a en mémoire les mots prononcés par celui qui s’était juré de redresser l’empire Messier, en faisant royalement don de son salaire: j’ai nommé Jean-René Fourtou. A peine nommé, l’homme s’était assis sur ces mêmes promesses, s’adjugeant salaires et stocks options.

Lescure, il avait été prié de prendre le large avec son baluchon. Débarqué en avril 2002, par J2M, il devra batailler de longs mois afin de toucher un chèque de 2,9 millions d’euros, pour solde de tout compte. Un pourboire, ne riez pas, comparé aux petites fortunes que se sont constituées, plus discrètement, ses anciens compères. Et ne parlons des "Euromillionnaires" de Vivendi…

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