Carmagnole

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Jean-Pierre Elkabbach sera donc auditionné le 6 mai par le CSA dans l’affaire Sevran qui a vu le patron d’Europe1 se prendre allègrement les pieds dans le tapis, en incitant sa rédaction à annoncer précisément la mort de ce dernier. 
Si la boulette est regrettable et l’attitude d’Elkabbach, qui a consisté, dans un premier temps, à charger allègrement sa rédaction, critiquable, l’empressement avec lequel le CSA entend vouloir jouer les juges confine à l’excès de zèle. Non seulement, il est de bon ton, depuis quelques jours, de tirer sur l’ambulance, mais il semble être devenu urgent, pour la profession, d’administrer une bonne raclée à celui que les Guignols de l’info étrillent chaque jour, au nom de sa relation avec Nicolas Sarkozy.
 
Victime expiatoire de la profession, Elkabbach, qui ne compte pas que des amis, y compris au sein du groupe Lagardère, est donc devenu l’homme à abattre. C’est vite oublié, pourtant, que la corporation à laquelle j’appartiens n’est pas blanc-bleu, loin s’en faut. Car, qui ne commet pas d’erreurs ? Que chacun balaye devant sa porte. En l’espace de quelques semaines, on a vu la presse réaliser, en effet, quelques belles embardées (de l’affaire du vrai-faux SMS de Cécilia Sarkozy, dont le Nouvel Observateur s’est rengorgée, à l’escapade imaginaire à Malte de Nicolas Sarkozy, la semaine dernière, développée de manière fantasmagorique dans Le Parisien), qui auraient mérité, là aussi, quelques avoinées.
 
Remontant dans le temps, je me souviens d’une couverture de l’Express consacrée, il y a de cela quelques années, à l’évêque Jean-Michel Di Falco, un prélat que nous avions cloué un peu rapidement au pilori, en l’accusant de pratiques pédophiles. Sa carrière en fut brisée. Plus récemment, j’ai du affronter les foudres d’Arnaud Lagardère pour m’être pris à mon tour les pieds dans la tapis, en avançant imprudemment l’idée que les groupes Lagardère et EADS avaient effectué quelques dessous de table, afin de rafler quelques marchés. Ce qui s’avéra faux. Précipitation, instrumentalisation, fébrilité, quête du scoop, emballement généralisé…la presse écrite connaît depuis quelques mois une sérieuse crise de tachycardie. Si l’on prenait le temps de faire la tournée des popotes, on s’apercevrait que les franchissements de ligne jaune sont devenues monnaie courante. Le mal est général. Et que le CSA danse la Carmagnole autour du diable Elkabbach ne résoudra pas le problème.
 
Déjeunant, mercredi dernier avec Christine Albanel à son ministère, nous évoquions cette question. La ministre de la Culture et de la Communication, qui devrait s’exprimer sur le sujet, dans les prochains jours, se refusait à accabler Elkabbach. Elle considérait, en revanche, que ces dérapages à répétition relevaient, in fine, de la responsabilité des patrons de journaux. Ce qui est juste. C’est à eux, me disait-elle, de faire preuve d’autorité. Et de rappeler leurs journalistes à quelques réflexes et principes fondamentaux, qui font le socle de ce métier.
 
 
 Le patron d’Europe 1, qui ne peut s’en prendre qu’à lui-même, est quant à lui condamné à se livrer, face au miroir, à une longue séance d’introspection… 
 
 
Ci-dessous, Laurent Ruquier reprenant sur France 2, "l’info" de JPE
 
 
 
 

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2 Comments
  • Rocky
    mai 3, 2008

    « Victime expiatoire de la profession, Elkabbach »
    Ben voyons !
    Pauvre, pauvre, pauvre Elkabbach !
    Qu’est ce qu’on fait ?
    On dit des messes, on ouvre une souscription ?
    Dieu merci, la ministre de la Culture va « s’exprimer sur le sujet ».
    La France, morte de rire, attend !

  • Guy Benas
    mai 9, 2008

    Lamentable à souhaits, cette histoire de Pascal Sevran… Nonobstant une fausse info de décès d’il y a environ 15 jours, on nous annonce son décès ce 9 mai! Je suis très choqué et je me demande bien où est la VRAIE INFORMATION!
    J’aime très fort cet artiste et je lui voue une admiration sans limites!
    Bien avec toi mon Pascal!
    Guy