Joe-Sarkozy et Averell-Carolis

par 8commentaires No tags 0


  
 
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Le décors est planté. Les deux héros sont dans la pré. Le scénario est écrit et depuis longtemps. Manque la chute, qui ne saurait tarder. Duel au soleil. Il y a là, d’un coté, Joe-Sarkozy, le petit teigneux monté sur ressorts et qui a la gâchette facile. De l’autre, Averell-Carolis, ce grand escogriffe, que l’on pensait un peu mou du genoux, mais que l’on découvre sous un autre jour, le couteau entre les dents, sur le qui vive guerrier.
Or nos deux héros ont décidé d’en découdre. Enfin, serait-on tenté de dire! D’ici à la fin de l’été on saura, en effet, qui de ces deux gaillards restera sur le tapis, qui aura jeté l’éponge, même si j’ai déjà ma petite idée sur l’issue de ce bras de fer …
 
Batling Carolis, en tous les cas, a mangé du lion. Invité de RTL, ce matin, le PDG de France Télévisions, que j’ai trouvé excellent, a enfin dit tout haut ce qu’il pense tout bas, depuis des mois, renvoyant dans ses cordes le chef de l’état, affirmant son indépendance. Diantre : le petit marquis du Paf était Tarzan. Marre, sans doute, de se faire morigéner  à tout bout de champs. Assez de passer pour celui qui plie l’échine en silence. Il y avait comme une sorte de « Coming Out » chez cet homme d’ordinaire si contrôlé, si intellectuellement apprêté, au point que Jean-Michel Aphatie en est resté presque coi, au micro de RTL. « Il est faux et stupide » de déclarer que les programmes de France Télévisions ressemblent à ceux deTF1 ; « Jamais je soumettrai ma grille des programmes »…Patrick de Carolis a déroulé ce matin un discours bodybuildé et monté sur chenilles, que Nicolas Sarkozy a du recevoir en…se frottant les mains: enfin, l’homme perd ses nerfs et monte sur le ring !
 
 
 
VBE5CAO934E0CAJNY1O6CAIEKKADCA6G7XGPCASBV571CAABAFE7CA1GO602CAQ9W083CA7X87IVCA24DMIQCA05UXJJCATFHKV3CAUIY6SQCAJ38Z0CCA5NYTROCAZWCDC0CANA26JACA9IF3GTCAB5EXK7.jpgIl n’est pas sûre, en effet, que cette posture courageuse fasse les affaires du PDG de France Télés. Et je crains que ce dernier soit désormais définitivement pris dans la nasse, à moins qu’il ait décidé tout simplement, et en toute lucidité, de sa sortie à l’automne, ce qui serait sagesse.
Car en expliquant au journaliste de RTL qu’il prendrait, l’heure venue, «ses responsabilités », à la lueur des arbitrages budgétaires décidés à l’Elysée, « si le compte n’y est pas », a t-il ajouté, Carolis a fait tout simplement un grand pas vers la démission. 
 
L’ancien producteur des Racines et des Ailes se retrouve donc le dos au mur, face à un chef de l’Etat qui souhaite son départ, ardemment. Et qui dispose pour cela d’un levier imparable: le tiroir-caisse. Compte tenu des rapports explosifs qu’entretiennent les deux hommes, on imagine mal le chef de l’Etat faire à Carolis le cadeau d’un financement doré sur tranches. Il ne fera pas un geste à l’égard de celui dont il a barré le nom dans son agenda.
 
Et quel triste spectacle. Telle une antienne cruelle, cet épisode nous rappelle tant de chapitres précédents. Voilà des mois que je dis que tout cela finira mal. On voudrait se tromper. Mais je crains hélas que le feuilleton Carolis touche à sa fin. Car dans les westerns audiovisuels, c’est toujours le méchant qui gagne.   
 
Ci-dessus, la vidéo du passage de Nicolas Sarkozy sur le plateau de France 3, avant hier, après qu’il ait été reçu comme un chien dans un jeu de quilles par les salariés de France TélévisionsCe qui a valu à Carolis un nouveau savon.( blog précédent)   
 
 
 
 
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8 Comments
  • showshoes
    juillet 2, 2008

    … il n’y a pas que la restriction budgétaire, qui a permis à Sarkozy de sabrer Patrick de Carolis, il y a aussi la nomination du PDG de France TV directement par l’Elysée qui va permettre au « grand petit », d’avoir un de ses copains sous sa botte, sur le siège de De Carolis. Mais ça, comme vous nous l’assuriez ce n’est qu’un juste retour des choses, la fin de l’hypocrisie…n’est-il pas ?
    Pensez-vous toujours que cet arrangement avec la loi était nécessaire ??

  • gabchem
    juillet 2, 2008

    Je ne comprends pas tout à fait le combat de P De Carolis. Si c’est une question de budget, une solution sera trouvée. S’il s’agit de l’indépendance de la chaîne publique, tout le monde sait pertinemment que la télévision publique n’est pas indépendante. Alors pourquoi ne pas mettre tout cela en ordre et l’inscire dans la loi. Je ne suis pas choqué que le principal actionnaire, c’est à dire l’Etat, ait le droit de prendre des décisions au niveau de cette entreprise et ait un droit de regard sur les contenus.
    Comme dans toute entreprise, quand son directeur ne satisfait plus les actionnaires, il est forcé de démissioner. Malgré ses talents, P De Carolis ne peut pas échapper à la règle. Et cela ne me choque pas. On ne s’appitoie pas sur un garçon de café qui est remercié parce qu’il ne sourit pas assez aux clients, cela ne fait pas la une des journaux. P De Carolis saura rebondir et mettra son talent au service de chaînes concurrentes.

  • max
    juillet 2, 2008

    Une solution va être trouvé pour le financement ? Je pense qu’il y a ici des gens naif, car depuis que Sarko à lancé sa bombe, « la suppression de la pub » tout le monde cherche le financement et personne ne trouvent.

    A part évidemment l’augmentation de la redevance mais Sarko est tellement lache qu’il ne le fera pas c’est scandaleux et inadmissible.

    Les journalistes et les citoyens doivent se battre contre le sabordage du service public.

  • Helsa
    juillet 2, 2008

    ci-joint le communiqué signé de certains membres de la Commission Copé, au cas où vous l’auriez pas eu…

    « Les déclarations du président de la République, lors de la remise du rapport Copé, ont laissé croire que certaines de ses affirmations, émanaient du travail de réflexion et des propositions de la commission à laquelle nous avons participé pendant quatre mois.
    Il nous a semblé nécessaire, pour dissiper les malentendus et éviter les amalgames, et afin de clarifier une problématique éminemment passionnelle, de réaffirmer quelques principes qui ont dicté notre conduite et nos propositions.
    Notre seul objectif a été de concevoir une nouvelle architecture (et son financement), du service public après que le président a fait part de sa volonté de supprimer la publicité sur France Télévisions.
    Avec des parlementaires, dont nous voulons souligner leur attachement profond à une télévision de service public, digne d’une grande démocratie, nous avons dégagé quelques orientations qui permettent – nous semble-t-il – de faire de France Télévisions un acteur majeur et exemplaire dans l’audiovisuel des dix prochaines années.

    France Télévisions, entreprise unique.
    France Télévisions, organisée en média global.
    France Télévisions, indépendante du pouvoir politique puisqu’il s’agit bien d’une télévision publique et non d’une télévision d’Etat.
    France Télévisions, financée de manière pérenne et dynamique.

    Certaines annonces du président de la République vont à l’encontre et mettent à mal quelques-uns de ces principes, pour nous fondamentaux, notamment sur la gouvernance et le financement.
    – Sur la gouvernance : si l’actionnaire unique peut revendiquer le droit de nommer directement le président de France Télévisions, même s’il modère cette réalité par une consultation du CSA, nous redoutons l’absence de contre-pouvoir, notamment dans le domaine éditorial et plus particulièrement dans celui de l’information. Si l’actionnaire principal désigne le président de France Télévisions, sur quels critères peut-il le démettre ? La réponse à cette question est fondamentale. Rien n’a été précisé qui nous empêcherait de craindre un arbitraire d’un autre temps.
    – Sur le plan du financement : nous restons convaincus (même si la commission n’a pas fait sienne notre recommandation), que l’augmentation d’une redevance devenue progressive et proportionnelle aux revenus, était le seul moyen de sortir véritablement la télévision publique de son sous financement.
    (Faute de mieux) nous avons donc demandé a minima, l’indexation de la redevance sur l’inflation, ce que le président n’a pas publiquement accepté.

    Sa décision de taxer à 0,9%, au lieu des 0,5% proposés par la commission, les opérateurs mobiles et les FAI d’une part, la taxation de l’effet d’aubaine de la pub sur les télévisions privées pour financer France Télévisions d’autre part, nous semblent dangereuses, car peu vertueuses.
    Comment trouver sain que le futur de la télévision publique dépende du succès du secteur privé qui reste un concurrent ? Comment ces taxations et leur mécanisme peuvent-ils assurer une quelconque pérennité du financement de France Télévisions ? Comment ne pas redouter que ces entreprises privées, taxées significativement, ne se dérobent demain à leurs obligations de production qui sont pour l’ensemble du secteur le moteur de la création française, sa force et son originalité ?

    En d’autres termes sur l’indépendance et le financement de France Télévisions, nous partageons l’inquiétude de la majorité des acteurs du secteur audiovisuel.

    Nous continuerons (pendant la préparation du projet de loi Copé et des débats qui vont l’accompagner), au sein du comité de suivi de la commission, et au dehors, à défendre ce qui nous semble correspondre à l’objectif qui nous fut fixé au début de cette année : faire de France Télévisions une entreprise solide, audacieuse, moderne et indépendante.

    C’est ainsi que nous avons compris, en toute bonne foi, la mission que nous avons été honorés de remplir.

    Hervé Chabalier
    Catherine Clément
    Sophie Deschamps
    Marin Karmitz
    Marie Masmonteil
    Martin Rogard
    Jacques Santamaria
    Nicolas Traube

  • Donvega
    juillet 2, 2008

    Cher Max, depuis quand « réformer » rime t-il avec « saborder »? Que viens faire votre haine du chef de l’Etat dans un débat sur la télévision publique initié dès 1981 au moment où le gouvernement de l’époque a, paradoxalement commencé à couler le service public en autorisant les chaînes et stations de radio privées ??? Votre réaction est typique de ceux qui encouragent aveuglément le service public et l’assistanat permanent mais s’étonnent que l’Etat (surtout quand la majorité qu’il représente ne correspond pas à leur sensibilité) s’en occupe. la jalousie, l’envie et l’aigreur vous nourissent plus que l’ambition et l’enthousiasme. Bon appétît !!!

  • marie-louise
    juillet 2, 2008

    Le problème qui me semble le plus grâve est celui du contenu de la télévision publique.
    PETIT RESUMÉ :
    Les émissions qui passent le plus tard sont « soit disant les plus intéressantes » mais ne peuvent pas passer en début de soirée à cause d’un taux d’audimat trop faible. La solution est de supprimer la pub afin que les émissions ne subissent plus l’emprise de l’audimat.
    CONCLUSION :
    le service public sera réservé à un très faible public sans doute égal au taux d’audimat des émissions culturelles (c’est quoi?) et ntéressantes (pour qui?)
    LE PROBLEME :
    C’est que la redevance télé est payée par tout le monde et à mon humble avis aussi par ceux qui aiment les series américaines etc.. (qui ne doivent pas devenir la propriété exclusive des chaines privées).
    Par contre, j’ai entendu Mr Sarkozy critiquer le contenu de la tv publique et j’espère que bientôt lui même fera les programmes car alors là, en matière de culture… ça sera le top !!!!
    Lettre de guy moquet, reportage sur Disney Land, reportages sur les voyages de notre président, sur ses visions de l’avenir, sur tout ce qu’il a fait de bien pour notre pays ….
    Le tout sur un rytme de guitare sèche !!!

  • showshoes
    juillet 2, 2008

    Chère Marie-Louise,
    … dont j’aime le billet. Vous oubliez aussi, les reportages sur la pelote basque;-) et les débats sur l’Europe, dont on sait quand on suit Arte qu’ils soulèvent les foules et crèvent l’audimat.
    Car oui, Monsieur Donega, quand on veut réformer, il faut se donner les moyens de son ambition et clairement, le président veut réformer sans moyens.La culture ça ne l’intéresse pas. La chanson, oui, (il suffit de compter le nombre de chanteurs qui l’entourent) mais les auteurs, non.
    Combien de metteurs en scène, de scénaristes, de romanciers, de danseurs, de chorégraphes, de metteurs en scène comptent-ils autour de lui ? et combien de chanteurs ou d’animateurs ? Faites le calcul…
    Et ça donne une idée de ce que Nicolas Sarkozy entend par culture.

  • Pierremark
    juillet 2, 2008

    Et le CSA ? Silencieux jusqu’à quand ?