Le lundi, c’est Gavi.

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Chaque lundi, le journaliste et ancien reporter au Nouvel Observateur, Phillipe Gavi, chronique le monde des médias.

 

 

 

Loi Sarkozy : Pruitanisme et maquereautage

 

 

 La loi Sarkozy épurant la télé publique est malsaine. Elle m’énerve. C’est une loi bourgeoise, puritaine, une loi de fondamentalistes dégénérés. Une tartufferie.

D’abord, elle se fonde sur le mépris de la pub, et de ce qu’elle représente, la consommation, le désir, la jouissance, la frivolité, l’existence ici-bas.
Les mêmes qui rêvent de croissance, et des bienfaits qui vont avec, consommation, crédits, emploi, dénient la vocation économique de la pub à être un investissement industriel pour gagner des parts de marché.
Schizophrénie ambiante, l’esprit de la loi, son sous-entendu, c’est que la pub manipule, pervertie. Les gens sont cons, ils suivraient comme des moutons, à devenir obèses ou anorexiques, selon. N’est-il pas surréaliste qu’on oblige les produits qui pourraient nous faire craquer à sous titrer : "je suis dangereux, modérer vos ardeurs". C’est un peu comme courtiser une fille en lui offrant un bouquet de préservatifs. A se demander si il n’y aura pas un jour un ministère de la Prévention de la Vie, de l’Amour et du Désir. Tu es amoureux, tu te maries, tu as un bébé, tu prends l’avion, et splash aussitôt un angelot se pointe et énonce les dangers que tu encoures sur le modèle des documents médicaux que l’on signe avant une opération et qui listent sur des pages entières les risques mortels encourus. L’angoisse!
 
Deuxième axiome de la loi que je récuse : la pub pervertit les programmes.
 
Elle tire le public vers le bas, parce que les marchands de soupe veulent être sûrs que les programmes sur lesquels ils misent le gros paquet rencontreront le grand public visé. Eh oui, et dîtes-moi quel artiste, quel homme politique aime se donner en spectacle devant une salle vide.
En quoi le fait qu’elle soit pleine induit que le programme est de mauvaise qualité, grossier, méprisable. Il peut l’être bien sûr. Personne n’est obligé à regarder, il y a le choix.
Suivez la logique, la télévision française n’aurait diffusé que de la merde depuis octobre 1968, date à laquelle les écrans de pub commerciaux ont été autorisés (tiens donc un événement soixante-huitard!). Films, séries, feuilletons, jeux, tous ces zakouskis populaires seraient ataviquement nuls! Moi, j’ose dire sans honte : je ne loupe pas un épisode de "plus belle la vie". Je parlais de schizophrénie : après tous ces exercices de purification obligatoire, la loi fait obligation de "résultats" en audience.
J’ajoute qu’à moins de supprimer le sport des écrans publics, je ne vois pas ce qu’il y a de gênant à le faire financer par la pub, tout comme n’importe quelle émission d’ailleurs.
Tertio : je trouve incongru, obscène que ce soit aux chaînes concurrentes et aux opérateurs de téléphone à payer pour compenser le manque à gagner de la télé publique. Même si pour eux, c’est un plus à gagner.

Ce n’est pas en donnant un orteil à un cul de jatte que celui-ci va mieux marcher. Et c’est sous entendre que pour financer la vertu on donne la "came" aux criminels et on les taxe. Vive le maquereautage.

Philip Gavi

 
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