Mini bronca dans la presse élyséenne

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L’Association des journalistes accrédités à l’Elysée, sous la plume de sa présidente, Mireille Lemaresquier, a adressé une lettre au directeur de la communication du chef de l’Etat, Franck Louvrier, (photo) afin de se plaindre de la place prépondérante qu’ont pris à leurs yeux deux de leurs confrères, de tous les voyages officiels ou presque du couple présidentiel, Elodie Grégoire et Pascal Rostain. Deux photographes dont les reportages dans l’intimité du couple présidentiel ont fait le tour de bien des magazines à grands tirages depuis bientôt 16 mois, et dont les clichés font souvent le tour du monde. Et donc des jalous…
 
Et les voilà accusés tous deux dans ce courrier de « concurrence déloyale »
 
.« C’est pourtant une vieille tradition, réplique Franck Louvrier, à l’Express: le dircom de Sarkozy  souligne que "chaque président de la République a eu des préférences, tout en ayant à cœur de faire travailler tout le monde, sans ostracisme aucun».
 
Et il ajoute qu’outre Rostain et Grégoire, Annie Lébovitz, Philipe Warin et bien d’autres photographes ont eu et auront l’occasion de suivre le couple présidentiel. « Depuis l’arrivée de Monsieur Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, écrit t-il dans sa réponse adressée à Lemaresquier, j’ai plutôt le sentiment que le nombre de parutions photographiques s’est multiplié, ce qui doit à l’évidence réjouir la profession ».
 
Ajoutons à cela que l’histoire de la Cinquième République regorge de photographes qui eurent avec François Mitterrand, Jacques Chirac ou encore Georges Pompidou, des relations privilégiées: de Claude Azoulai à Frédéric Pages, en passant par Jean-Claude Deutch et Benoist Gysenberg. Et c’est parce qu’ils étaient sans doute meilleurs que nombre de leurs confrères et qu’ils avaient su nouer avec leurs "clients" une complicité telle, qu’ils ont pu réaliser des clichés d’exception.
 
S66SCAIYP1UUCAXQJ47DCAVFTKWOCACWTRGNCA7YY26ICAMVOXJECABCNYWHCAKG9FNFCA7VSITMCAH8YEBPCA0PU482CA45Y80ECAYE1K9VCAY70VNACAYUGGFBCA4EPP0UCAQ6Q1XUCA6UCWN7CAU17TEE.jpgPascal Rostain,(photo)  que j’ai eu au téléphone, ce matin, me faisait remarquer, à juste titre, que sans sa complicité avec Carla Bruni, il n’aurait jamais pu réaliser les photos qu’il a faite, dans l’intimité de la première dame de France. Juste.       
 
Ci-dessous la lettre de Franck Louvrier :
 
 
Madame la Présidente, Chère Mireille,
 
 
La totalité de l’action du Président de la République est systématiquement couverte par les photographes qui sont désignés par le Comité de Liaison ou dans le cadre d’un pool-images. Il peut arriver à titre exceptionnel que certaines rédactions demandent de suivre des moments privilégiés. Ces demandes proviennent de photographes comme de journalistes de presse écrite ou audiovisuelle.
 Ces autorisations sont rares et ne mettent bien évidemment pas en cause la qualité et la pluralité de l’information. C’est d’ailleurs une pratique habituelle sous la Vème République.
 
En aucun cas la motivation commerciale ou financière est prise en compte car notre seul objectif est d’informer les Français de l’action quotidienne du Président de la République. C’est l’expression « concurrence déloyale » qui m’incite à te préciser l’esprit de notre démarche. Contrairement à ce que tu précises dans ta lettre, pour ce qui concerne des reportages photos, ces exceptions ont concerné au moins cinq agences ou rédactions différentes.
 
Depuis l’arrivée de Monsieur Nicolas SARKOZY à la Présidence de la République, j’ai plutôt le sentiment que le nombre de parutions photographiques s’est multiplié, ce qui doit à l’évidence réjouir la profession.
 
Les conditions dans lesquelles travaillent ces journalistes se sont nettement améliorées, c’est en tout cas ce que nous rapportent les professionnels.
 
Je peux comprendre que tout le monde n’a pas eu encore accès à ces moments privilégiés, mais je te rappelle, chère Mireille, que nous ne sommes qu’au début du quinquennat.
 
Je te prie de croire, Madame la Présidente, Chère Mireille, à l’assurance de ma considération distinguée.

                                              

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6 Comments
  • Tetu29
    novembre 3, 2008

    Et encore une affaire de microcosme… Perso, je m’en fous. C’est de la petite histoire, même si les photographes ont le droit, entre-eux, de contester ce qui leur arrive, en parler ici n’y changera rien. Mais, par le petit bout de la lorgnette, la vie doit être plus supportable, n’est-ce pas, Renaud ?

  • Vicky
    novembre 3, 2008

    « Meilleurs que nombre de leurs confrères » ?? On se croirait à la remise des CESAR ! « meilleure » photo ? Ah bon ? Pourquoi ? Celle-ci était mieux cadrée… ou moins floue ? J’avoue que c’est un peu n’importe quoi…
    Renaud, jalouX et non S…
    « les photos qu’il a faiteS ». Désolée…

  • Robert
    novembre 4, 2008

    J’ignorais que la pratique habituelle sous la V République était de mettre 30 photographes dans la cour de l’Elysée lors de deux sommets internationaux (G4) qui attendent des poignées de mains et de permettre à un seul d’entre eux de travailler tout seul en exclusivité à l’intérieur…

  • ATOMIK57
    novembre 5, 2008

    En gros si j’ai bien compris, c’est jackpot a l’Elysée pour les amis de Franck Louvrier…

  • Renaud Revel
    novembre 5, 2008

    C’est une vieille tradition qui relève d’un principe régalien. Chaque président a eu ses préférences. Le poids des images dans la communication politique…Bonne journée

  • Steeve
    novembre 5, 2008

    Pour mieux comprendre…

    Claude Azoulay, Benoit Gysemberg et Jean Claude Deutsch sont des photographes de Paris Match. Benoit Gysemberg et Jean Claude Deutsch n’ont jamais été des photographes attitrés de Chirac. Lors de déplacements à l’étranger, ils étaient logés à la même enseigne que les autres photographes de presse (Avion et hôtel payé par les journalistes). Pareil pour Claude Azoulay qui suivait Mitterrand. Et les quelques exclusivités, quand il y en a eu, étaient uniquement un moment bien précis lors d’un voyage.

    Mais donner une exclusivité à une agence photo sur un président, c’est autre chose surtout sur Nicolas Sarkozy, président hyper médiatisé comme on le sait. Nicolas Sarkozy génère des dizaines de couvertures et de double page dans les magazines (Le Point, L’express, Le Nouvel Obs, Match etc…) Cela génère beaucoup d’argent et un dircom ne peut l’ignorer.Une exclusivité veut dire que l’on vend au plus offrante et l’on peut arriver à des sommes de 10 000 euros pour un sujet. Ainsi Sipa en a bénéficié avec Warrin (photographe attitré de Cécilia) puis après le divorce entre Cecilia et Nicolas c’est Rostain qui en a bénéficié (photographe de Carla).Puis on assiste au retour d’Elodie Grégoire, ex agence Gamma (qui a couvert en totale exclusivité la campagne de Nicolas Sarkozy pour les élections présidentielles) et qui désormais travaille pour l’agence Abaca et qui a signé plusieurs exclusivités courant octobre ( 3 à ma connaissance, les 2 G4 à Paris et la rencontre Sarkozy Bush à Camp David).

    Par contre rien de semblable pour les télévisions, il y a une télévision hôte qui couvre l’événement en pool et qui redistribue ses images.