Carolis au supplice

par 5commentaires No tags 0

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C’est du jamais vu. Incapable de faire adopter dans les temps sa réforme audiovisuelle, le gouvernent va demander à Patrick de Carolis d’engager cette réforme, en annonçant lui-même, (ce qu’il devrait faire demain, mardi, lors du Conseil d’administration de France Télévisions), la suppression de la pub sur les chaînes publiques.
 
C’est en écoutant France Inter ce matin, station dont Christine Albanel était l’invitée, que les dirigeants de France Télévisions ont eu confirmation de la bonne nouvelle. Carolis se voit donc sommé par l’Etat d’accélérer la cadence, de court-circuiter le Sénat, sur l’un des chapitres clé de la loi, et de boire le calice jusqu’à la lie.
 
Il est totalement hallucinant qu’une réforme de cette envergure finisse entre les mains d’un PDG de chaîne transformé en supplétif d’un pouvoir politique, dont il faut noter, au passage, la perversité: Carolis, on le sait, est sans doute l’un des hommes les moins en cour du moment, à l’Elysée et c’est à lui qu’on demande aujourd’hui d’achever le travail.
 
Il aurait bien mieux valu dans cette affaire que l’Elysée prenne ses responsabilités jusqu’au bout et qu’il fasse jouer, d’emblée, l’article 49-3, quitte à affronter l’opposition. Au lieu de cela, on refile la « patate chaude » à un PDG ligoté, garrotté, à qui incombe la tache d’engager, sous les tirs des snipers du Château et de l’UMP, une réforme, (explosive, notamment sur le plan social), qu’il n’a jamais appelé de ses vœux.
 
D’aucuns auraient déjà démissionné. Carolis, lui, a décidé de tenir. On ne sait plus si c’est du courage ou du masochisme. La stratégie de démolition mise en place par l’Elysée depuis la sortie de Patrick de Carolis sur RTL, l’été dernier, (son pêché originel), n’en finit plus. Il faudra à l’ancien producteur et journaliste une sacrée dose de flegme et d’abnégation pour tenir à la tête de son groupe, dans les mois qui suivent.
 
Car dans la coulisse on s’active. L’après Carolis est fortement évoqué dans les allées du pouvoir. Et à ce jour, c’est le nom de l’ancien directeur général de France 2, aujourd’hui à M6, Christopher Baldelli, qui revient. Un professionnel reconnu et apprécié du sérail, qui pourrait faire tandem avec l’ancien patron du Monde,  Jean-Marie Colombani. Au premier, la direction opérationnelle du groupe. Au second, une présidence éminemment symbolique, destinée à calmer l’opposition. Et à rassurer les Français, très critiques sur le mode du nomination du PDG de France 2 et de France 3 par le président de la République.
 
Ci-dessus, pour mémoire, l’entretien de RTL qui mit le feu aux poudres.
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5 Comments
  • tele sarko
    décembre 15, 2008

    Une télé publique sur ces bases là, ça laisse augurer du pire pour la suite. On se croirait revenu à Vichy; Et encore….

  • Sasa
    décembre 15, 2008

    Carolis pourrait en profiter pour faire un peu de chantage (et monter les enchères). Finalement, c’est plutôt drôle que le président de FT se retrouve en position de force…

  • Mr Z
    décembre 15, 2008

    Bravo Nicolas ! Tu nous l’a bien mise.

  • Morgan
    décembre 15, 2008

    « Christopher Baldelli : un professionnel reconnu et apprécié du sérail ». Il faut aussi rajouter que c’est un proche de Nicolas Sarkozy : il était au ministère du Budget quand l’actuel président de la République dirigeait les comptes publics. Mais c’est sans doute un hasard ! Aujourd’hui, Christopher Baldelli pantoufle dans le groupe M6 (comme quoi !). ce n’est donc pas « un professionnel reconnu et apprécié du sérail » qui sort du chapeau par hasard.

  • Bulle
    décembre 16, 2008

    La honte, Cariolis pourrait démissionner, non ? A moins qu’il adore avoir un pistolet dan le dos, il doit avoir surtout uene sacré prime si on le vire, non ?