De l’abus de loi pour sauter en arrière…la chronique de Philippe Gavi

par 3commentaires No tags 0

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Sur le traitement dégradant de De Philippis, les suites ont été logiques. MAM a couvert les flics, Rachida Dati la juge Muriel Josié. Sarkozy, qui n’a pas apprécié le manque d’urbanité de la magistrate (j’imagine ce que Carla, qui a été l’invitée de « Libé » a sonné les cloches) a promis une commission pour réviser les règles de procédure. Une fois de plus en France, au moindre incident, à la moindre bavure, on se fait une loi. La loi comme exorcisme et communication politicienne pour rassurer les populations. La France détient les tristes records mondiaux de consommation de tranquillisants et de fabrication de lois.   La théorie du lampiste, du « c’est le système qu’il faut changer » dédouane trop facilement les exécutants de leurs responsabilités individuelles. Il y a ceux qui font leur métier avec intelligence et humanité, et les brutes, couverts par leur hiérarchie, qui manquent à l’essentiel : la politesse, le respect de l’autre. Cela vaut pour Vittorio de Philippis, les sans papiers, les sans logis, les détenus, la circulation…

2U6BCAAJZV9HCAVYLEP8CA1NNH2CCAR64FTJCAP5PWU1CAUOD0SKCAYUS505CAGTOPPMCAVUC57BCARWFZCJCAD0T59MCAGDQ74ICA61E2X2CAYQ3JGYCAZOZN0BCAPFCWLKCA7RNAOPCAC9ORYUCA8PLOLG.jpgSur la réforme de l’audiovisuel public. La loi Sarkozy est une loi de trop. Il faut une sacrée dose de mauvaise foi pour faire dire à Frédéric Lefebvre, champion des arguments simplistes, brutaux, foireux, que l’opposition veut la ruine de la télévision publique, en lui refusant les moyens de son développement. C’est bien le nouveau dispositif qui fragilise l’avenir de l’audiovisuel public. Pourquoi croyez-vous que les dirigeants de TF1, M6, et les opérateurs de télécoms n’ont pas engagé une action en justice contre la taxation de leurs recettes pour nourrir un concurrent ? Les télécoms ont un mot à eux, délicieux: l’aubaine. Ce terme technique désigne les opportunités de multiplier les fréquences passant par un même canal grâce au numérique. Les fréquences ne sont plus des « ressources naturelles limitées » (définition de l’ONU). Le langage numérique rend compatibles télé, ordinateur, téléphone. Le même produit se rentabilise sur plusieurs réseaux de distribution.

Un des vices de fabrication de la réforme est qu’elle encourage la tendance des chaînes à devenir des distributeurs plutôt que des créateurs de programmes, et donc de richesses. La création d’une entreprise unique chapeautant les chaînes publiques va dans ce sens. L’imagination, la créativité, pour un producteur, ne se décrètent pas du haut d’une montagne. La nomination des présidents des chaînes par le président de la République est aussi une régression. J’entends dire : « au moins maintenant, ce sera clair ». Quel cynisme ! Ecoutons le commentaire de Robert Badinter Cet homme est l’élégance née, démocrate dans les veines. Dés lors que le chef de l’Etat nomme les dirigeants de chaîne, s’insurge t-il, le principe démocratique d’indépendance des médias vis à vis du pouvoir est bafoué. Le mode de nomination antérieur n’était pas parfait mais les supposées potiches du CSA ont à de multiples reprises fait des choix qui déplaisaient au pouvoir en place.   Je ne veux pas diaboliser Nicolas Sarkozy Que la réforme profite à ses amis, voyons y des conséquences heureuses, ce n’est pas la motivation principale. Un ami, Pierre Wiehn, un ex du CSA, compare Sarkozy à Bonaparte créant le code pénal et le lycée. « Ni gauche, ni droite,  Sarkozy se sent héritier de la République comme Bonaparte se sentait héritier de la Révolution et comme lui, fils d’immigrés, il veut que les choses soient claires, tranchées, définitives. »

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3 Comments
  • tetu29
    décembre 8, 2008

    Qui s’est endormi sur le clavier ?

  • tetu30
    décembre 8, 2008

    pas moi

    mais c’est super bien rel(o)u!

  • tetu31
    décembre 8, 2008

    c’est quand même plus sollicitant à la lecture ainsi!