La guerre à portée de clic.

par 0 No tags 0

Selon nos confrères du www.lepost.fr des images amateur, diffusées au JT de 13 heures de France 2, lundi dernier, afin d’illustrer l’offensive israélienne dans la bande Gaza, dataient en réalité de 2005.
La vidéo en question n’a pas été filmée sur un marché de Gaza, début janvier, suite à une frappe israélienne, comme cela a été annoncé dans le commentaire du reportage, mais remonte au 23 septembre 2005.
Il ne s’agissait pas non plus d’un raid Israélien, mais de l’explosion accidentelle d’un camion contenant des roquettes du Hammas, dans un camp de réfugiés.
 
Si Etienne Leenhardt, directeur-adjoint de l’information de France 2, a reconnu "une erreur", cette bévue, pardonnable, soulève quelques questions. On sait, en effet, que depuis le début de ce conflit le Hammas, comme l’armée et les services israéliens, disséminent sur des sites, comme Youtube, quantités d‘images de guerre.
 
Difficile de faire le tri dans cet amoncellement de petits reportages déversés sur la toile, comme autant de petits films de propagande. Confrontées au verrouillage médiatique imposé, sur place, par l’armée israélienne et contraintes à des économies de reportage, toujours plus grandes, les chaînes occidentales sont du coup régulièrement tentées d’aller puiser dans cette banque d’images à portée de clic.
 
Une dérive dangereuse, car traînent dans ce no man’s land une flopée d’images sujettes à caution, comme celles que je vous livre pour exemple : s’agit-il, là, comme on nous l’indique, du repérage, puis du pilonnage, de militants du Hammas chargeant des fourgonnettes de roquettes ? Ou nous jète t-on en pâture une vidéo soigneusement fabriquée? S’il semble que ce document crédible porte bien le sceau de l’armée israélienne, la prudence voudrait que l’on s’en assure vraiment avant sa diffusion sur une chaîne.   
 
Interrogé récemment, le patron du New York Times expliquait qu’au tout début du conflit irakien, son journal disposait à Bagad d’un bureau de 90 personnes. Crise et économies obligent, cette antenne ne compte plus aujourd’hui que 20 personnes.

Qu’en sera t-il demain ? Et qu’adviendra t-il de la couverture par ce journal du conflit irakien, quand le prestigieux quotidien new-yorkais aura définitivement rapatrié son contingent de journalistes ? Ira t-on puiser là aussi sur la toile pour palier aux manques de moyens de médias occidentaux devenus incapables de supporter des coûts de reportages devenus trop lourds? Le danger existe.

0
0 Comments