Demorand met les pieds dans le plat: au nom du pluralisme.

par 5commentaires No tags 0

 
 
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 « Oui, RTL a été choisie, mais on attend des explications. Qui a choisi Alain Duhamel, comme intervieweur ? L’Elysée ou RTL ? Si c’est l’Elysée, pourquoi la radio a t-elle accepté ? Si c’est RTL, pourquoi ont-ils choisi leur éditorialiste plutôt que Jean-Michel Aphatie ? C’est pourtant lui qu’ils présentent comme le meilleur intervieweur de France et celui chez qui se fait la pluie et le beau temps de la politique… »
 
Inutile de dire que ces propos du journaliste de France Inter, Nicolas Demorand, contestant, ce matin dans le Parisien, le « fait du prince » à propos du manque de transparence qui entoure le choix des journalistes appelés à interroger demain soir le chef de l’Etat, a jeté un froid à RTL. Jean-Michel Aphatie a répliqué, du tac au tac.

"Si c’est RTL, écrit-il, pourquoi ont-ils choisi leur éditorialiste plutôt que Jean-Michel Aphatie? Parce que la direction de RTL a estimé que la connaissance des dossiers internationaux et surtout européens d’Alain Duhamel, son expérience de ce type de rendez-vous, et la circonstance supplémentaire et conjoncturelle de la sortie de son essai sur Nicolas Sarkozy (« La marche consulaire », Plon), le mettait particulièrement en situation. Ce choix de la direction de RTL m’a-t-il fait plaisir? Non. Mais je l’ai accepté pour deux raisons. D’abord, mais l’ordre ici n’a qu’une importance relative, parce que j’éprouve le plus grand respect pour Alain Duhamel. En six ans de proximité, j’ai pu mesurer son honnêteté intellectuelle, son amour du journalisme, son souci d’exercer son métier en travaillant avec humilité, alors même que son exceptionnelle carrière, sa culture et sa mémoire pourraient susciter des attitudes plus paresseuses. Et puis voyez-vous, Alain Duhamel est un type bien, bon camarade, souriant, constructif, loyal. Et autre chose encore, moi qui pendant des années, et très loin de la scène parisienne, ait eu tellement envie de faire du journalisme politique, je ne me vois pas aujourd’hui piquer une crise de jalousie à cause d’Alain Duhamel »

 
Si RTL a donc fait le choix d’Alain Duhamel, et Aphatie le confirme, il va de soi que le panel de journalistes, (où figurent, outre Duhamel, Laurence Ferrari, David Pujadas et Lagache, de M6), a naturellement reçu l’onction de l’Elysée, où on a piloté l’opération. Un seul de ces noms n’aurait pas reçu l’imprimatur de Nicolas Sarkozy qu’il aurait été immédiatement biffé de la liste.
 
aphatie.jpgEt c’est là que Nicolas Demorand pose la bonne question, en s’interrogeant sur le critère, souvent filandreux, « ni rationnel, ni transparent », qui préside à la constitution des castings de journalistes conviés à interroger le chef de l’Etat.
Il est en effet regrettable qu’une problématique aussi importante que la crise qui touche ce pays ne fasse pas l’objet d’une conférence de presse élargie au plus grand nombre, à laquelle les médias, écrits et audiovisuels, seraient conviés. La communication présidentielle a toujours été ainsi dans ce pays affaire de coteries, de mystérieux dosages ou, voire, de privilèges _ ceci n’enlevant en rien la qualité ou le talent des intervenants de demain, car là n’est pas la question.
Cette communication politique en circuit fermé a tout simplement quelque chose d’un peu daté et la remarque de Demorand, qui se fait l’avocat des conférences de presse "à l’américaine", est du coup frappée au coin du bon sens. Un système qui s’appelle le PLURALISME et qui aurait en tous les cas pour premier mérite de nous éviter ce type de polémiques.  
 
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5 Comments
  • Jean Marc vera
    février 4, 2009

    BOYCOTT

    Demain, pour éviter de donner des parts de marchés aux médias choisis et pour refuser la soupe propagandiste…. coupons nos télés et radios…
    Sortons avec des amis………..
    Boycott!!!!!!!!!!!

  • Christophe
    février 4, 2009

    Nicolas Demorand aurait souhaité interroger NS ? et pourquoi pas Françoise Degois, tant qu’on y est.

  • aj
    février 4, 2009

    N D pose de bonnes questions avec un peu d’impertinence ; dommage qu il ne supporte pas la critiq ue et se venge quand l interlocuteur n est plus a l antenne ; son collegue de midi 30 en tire matiere a autoderision : c est plus elegant

  • dark vador
    février 5, 2009

    Dites moi cher Revel, la complaisance ça vous connait, ça me rappelle votre article sur Meheut, vous faîtes du journalisme comme les autres.
    Alors les leçons de moral !

  • Luc
    février 5, 2009

    Peut-être que si Demorand évitait d’afficher ses « postures » politiques il aurait eu une crédibilité aux yeux de ses interlocuteurs. Duhamel sait poser les questions qui fâchent lorsqu’il l’estime nécessaire, pourquoi lui faire un procès d’intention. De plus tout le monde sait que France- inter c’est radio Solférino. Quand à Demorand il a vraiment une trop haute opinion de lui-même, toujours sûr de détenir la vérité. Un peu de modestie de sa part le rendrait plus crédible.