Equité et mercato

par 2commentaires No tags 0

 
 
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Le Conseil d’Etat s’apprête t-il à corriger, (enfin !), la sacro-sainte règle des trois tiers ? Une vieille règle qui, au nom d’un principe absurde et d’une totale iniquité, a pour effet de ne pas inclure les apparitions et interventions de notre très volubile président de la République dans le temps de parole de la majorité présidentielle.
C’est à la suite d’une recommandation du « rapporteur public », (ex commissaire au gouvernement), qui préconise que l’on réforme cet aspect des textes, que le Conseil d’Etat a décidé de se saisir du sujet. Et s’il décidait de suivre l’avis de ce haut fonctionnaire, ce qui est en général le cas, il reviendrait au CSA de se mettre à l’établi et de réformer un dispositif qui aboutit à obliger les chaînes de radio et de télévision à se contorsionner, de manière à ce que les textes soient respectés. Ce qui équivaut à consacrer plus de 70% de leur temps d’antenne politique à la majorité présidentielle (UMP+Sarkozy).
Il aura fallu qu’un hiérarque de la haute fonction publique fasse preuve d’un minimum de clairvoyance pour que les choses finissent par bouger. Et qu’un principe tout simplement démocratique, l’égalité du temps de parole dans les médias audiovisuels, ait une petite chance d’être rétabli.
 
 
too.jpgPetites nouvelles du mercato…L’ancien complice de Marc Olivier Fogiel, Guy Carlier, pourrait bien rejoindre Europe 1 à la rentrée de septembre pour une chronique quotidienne. Mouvement possible également à RTL où la journaliste Pascale Clarke devrait faire l’objet de propositions de la part de Radio France et de France Inter, où Jean-Luc Hees, nouveau guide de la «Maison ronde» en a toujours dit le plus grand bien.
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2 Comments
  • Flora
    avril 7, 2009

    Mieux que de dire du bien, c’est Jean-Luc Hees qui a lancé la carrière de Pascale Clark, avec notamment la revue de presse (exercice qu’elle effectue maintenant sur RTL) et par la suite son émission « Tam Tam etc » sur Inter… qu’elle a quitté en même temps que Jean-Luc Hees…

  • Jean-Marie
    avril 7, 2009

    Equité:
    M. Revel, Votre commentaire sur le prochain arrêt du Conseil d’Etat fait preuve singulièrement d’approximations.
    Premièrement, le Rapporteur public (ex-commissaire du gouvernement) n’est pas un haut fonctionnaire, mais un magistrat administratif indépendant qui donne son avis et propose une solution en toute impartialité, avant que ses collègues se retirent pour délibérer.
    Deuxièmement, le Conseil d’Etat n’a pas « décidé de se saisir du sujet » du temps de parole présidentiel « à la suite d’une recommandation du «rapporteur public» » : la Cour suprême administrative a été, en fait, saisie par deux députés de l’opposition (MM. Mathus et Hollande): c’est ensuite que sont intervenues, sur ce dossier, les conclusions du Rapporteur public (le 3 avril) pour éclairer le Conseil d’Etat (en l’occurrence, l’assemblée du contentieux, c’est-à-dire la plus haute formation de jugement de cette juridiction).
    Troisièmement, si le CSA n’a pas modifié les règles de prise en compte des temps de parole politique (et donc a refusé jusqu’ici de décompter celui du chef de l’Etat), cela s’explique par deux éléments complémentaires : d’une part, parce que le Président de la République a historiquement une place à part dans les institutions de la Ve République (voir article 5 de la Constitution = il a été conçu comme un arbitre au-dessus des partis) : place qui a été soulignée encore dans un arrêt du Conseil d’Etat en mai 2005 (arrêt Hoffer); d’autre part, depuis la réforme du quinquennat en 2000, le pouvoir constituant,le pouvoir législatif et le juge ont eu plusieurs fois l’occasion de reconnaître que le rôle du chef de l’Etat avait évolué et qu’un meilleur respect du pluralisme dans les médias devait conduire le CSA (autorité administrative) à faire évoluer son principe de référence (règle des trois tiers pour simplifier): or, ils ne l’ont pas fait.
    D’ailleurs, le Rapporteur public a expliqué que si le Conseil d’Etat (saisi fin 2007) avait repoussé jusqu’à présent l’examen du recours de MM. Mathus et Hollande, c’était pour laisser une chance à un règlement politique de cette affaire : autrement dit, le juge administratif a attendu de voir si une proposition de loi, qui avait été déposée à l’AN pour enfin prendre en compte le temps de parole du président de la République, allait être votée ou non (c’était d’ailleurs une proposition du Comité Balldur sur la réfirme des institutions).
    Après le refus du Parlement d’intervenir sur la question, le Conseil d’Etat a décidé de trancher ce litige.