Guillontine

par 6commentaires No tags 0

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 Une masse au cheveux blancs et un regard matois, une silhouette massive attablée à un petit bureau face à une brochette de « conseillers » animés par l’esprit de sérieux: auditionné par le CSA, qui lui a donné ce matin un blanc-seing, l’ancien directeur de France Inter, candidat à la présidence de Radio France, Jean Luc Hees, que j’ai trouvé par endroit brillant et convaincant, aura passé assez aisément ce premier obstacle.

Reste, néanmoins,un petit arrière-goût étrange et des sentiments mêlés, au terme de cette longue audition en forme de grand oral compassé. Après avoir déroulé un long discours rodé et auquel on ne pouvait qu’adhérer, (nécessité de préserver l’identité et l’esprit de service public de Radio France, comme de protéger l’indépendance et la liberté de ton de ses journalistes, et d’encourager cette « différence » qui caractère ses antennes), le futur patron de la Maison ronde a commis, selon moi, un faux pas. Interrogé sur l’affaire Stéphane Guillon, que l’on sait « blacklisté » par le chef de l’Etat, Jean-Luc Hees nous a administré un joli copié-collé.
 
Fallait-il, en effet, qu’il adhère à ce point aux propos lapidaires tenus sur l’humoriste et devant témoins, il y a quelques semaines? Etait-il nécessaire de prendre aussi ostensiblement ses distances avec un auteur dont les chroniques ont largement pesé dans l’éviction de Jean-Paul Cluzel ? Bref, était-il bien judicieux d’aller apporter de l’eau au moulin de ceux qui diront que figure de manière à peine subliminale sur la feuille de route du prochain PDG de Radio France le «cas» Guillon, dont la tête a été mise à prix au Château ?
Pour asseoir son propos, Jean-Luc Hees a expliqué que tout ce qui relève de la diffamation ou de l’injure n’avait pas sa place sur l’antenne de France Inter. Certes. Mais ni Martine Aurbry, ni DSK, puisque que ce sont ces deux personnalités, joliment étrillées à l’antenne d’Inter, qui sont à l’origine de la polémique, n’ont jugé utile d’attaquer ni la station, et ni même Guillon, en diffamation, dont le « Rire républicain», pour reprendre l’excellente expression d’une figure de France Inter, devrait au contraire être encouragé. 
Tous les procès en sorcellerie faits en cacade à ce dernier sont d’autant plus démesurément exagérés que ce sont les mêmes qui portent au pinacle, avec des accents de nostalgie, les snipers des années passées, Desproges, Coluche, ou Bedos, dont les sketchs étaient autrement plus incendiaires et corrosifs que ne le sont les saynètes de l’humoriste d’Inter. Il est toujours triste et inquiétant de voir brocarder un amuseur, comme il n’est jamais sain dans une démocratie de s’en prendre au clown. Il est pour finir étonnant que la seule et unique question qui n’a pas été posée à Jean-Luc Hees et qui n’a pas été abordée par ce dernier, est: Qu’en pensent les auditeurs et que diront-ils quand l’intéressé aura été sanctionné?   
 
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6 Comments
  • Agnan
    avril 8, 2009

    Libé fait un papier très critique sur la prestation de Hees devant le CSA.
    La Tribune le trouve « flou sur ses projets ».
    Le reste de la presse se contente de papiers un peu lénifiants, dans lesquels on lit entre les lignes que la prestation de Hees devant le CSA hier n’était pas fulgurante.

    Mais heureusement, Renaud Revel l’a trouvé « par endroit brillant et convaincant »… Bon, moi j’aurais mis un « s » à endroit, parce que sinon, on pourrait croire qu’il n’y a qu’un endroit où il a brillé.

    Et par ailleurs, Renaud, ne t’inquiète pas, tu vas le garder ton strapontin de chroniqueur sur Inter. Au fait, s’il te reste un peu de cirage, je peux t’envoyer mes pompes ?

  • GROS de BELER
    avril 8, 2009

    J’ai trouvé la prestation de Mr Hees devant le CSA ,d’une vacuité et d’une incompétence rare (cf: les visages consternées de ses interlocuteurs lors de ses réponses concernant l’avenir de la Radio numérique).D’autre part ses seules références en matiére de radio se sont limitées à sa pauvre expérience US et à la BBC des 90’s.Fidéle auditeur de FI ,je ne saurais trop conseiller à ses meilleurs
    éléments (Demorand,Josse,Garcia,Mermet,Giordano et même Bern)de prévoir une position de repli rapide vers d’autres horizons.
    Question: est-ce que le choix d’un incompétent,soit-disant de gauche(molle!!!!!)n’a pas pour simple but une chute d’audience dont les deux stations populistes (RTL E1)pourraient tirer profit ?
    P.S.Aprés Val pour FI pourquoi pas Enthoven (le pére ou le fils) pour FC et Nelson Monfort (collégue du fameux Hees comme Sarko) à FM.

  • Walter Pépéka
    avril 8, 2009

    C’est curieux mais d’après votre petit camarade du Point, les sages du CSA n’ont pas trouvé Hees « brillant et convaincant »…

    http://www.lepoint.fr/actualites-medias/jean-luc-hees-le-csa-approuve-a-6-voix-mais-grogne-en-coulisse/1253/0/333229

  • audrey
    avril 8, 2009

    Walter,
    Emmanuel Berretta ne travaille pas à France Inter lui, il n’a donc pas son poste à sauver !

  • romantique
    avril 8, 2009

    j’aime bien hees. il est mortel et s’y connaît bien en usa! c’est trop quoi! juste un first-man de plus gentle ainsi que les règles l’exigent.
    nous en perdons du temps en procédure alors que c’est joué… look at case d’épargne!

    il fume trop cependnat c’est mauvais pour sa santé.. qu’il mette des tatouages-patchs;

    allez dans le mia

  • Jean-François
    avril 9, 2009

    Je rejoindrais beaucoup d’avis estimant que Jean-Luc Hees a été bien trop léger sur nombres de sujets. Lui qui cite à l’envi la BBC et qui émet des doutes sur Le Mouv’ et la radio numérique terrestre, sait-il que la BBC a lancé 3 radios en numérique exclusivement dont l’une s’adresse a un public jeune / urbain ? Si cela est son modèle, il me tarde qu’il le copie. Mais il apparaît qu’il cite la BBC sans bien connaîtres ses évolutions récentes.
    Deuxième élément, toujours concernant la radio numérique terrestre: il affirme que seulement 15% de l’audience se fait en numérique. C’est archi faux. 15% c’est le pourcentage d’audience réalisé par le service IPlayer de la BBC (service de « catch up » tv & radio). Alors oui, c’est du numérique, mais cela ne répond pas aux questions posées par Rachid Arab et Christine Kelly au sujet de la radio numérique terrestre.
    Sait-il que le CSA est sur le point de publier les radios admises à diffuser en numérique dès la fin 2009, début 2010 ? Que c’est M. Rachid Arab qui traite le dossier ? Ses réponses sur la RNT ont parues en fort décalage avec la réalité qui se dessine.

    Avec M.Hees, j’ai bien peur de retrouver « la radio de papa ». Même si il semble vouloir développer les services sur Internet ses propos restent vagues l’on ne sent pas bien où est la vision d’avenir.

    Une bonne chose serait de doter Radio France d’un vrai service de Recherche & Développement, qui réfléchisse, teste et mette en oeuvre de nouvelles façons d’écouter et de « consommer » la radio. La BBC possède un tel service, j’espère que M.Hees saura s’en inspirer.