Libations à l’eau plate en compagnie de la « Reine Christine »

par 2commentaires No tags 0

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Décidément, certains êtres conservent le temps…Parler de télévision avec Christine Ockrent, c’est en effet voir défiler sous ses yeux tout ce que le Paf compte de figures oubliées et de fantômes ensevelis: sa mémoire ne connaît pas le vide, ni les rides. L’écouter, c’est ainsi revisiter un Panthéon dont elle connaît chaque recoin : Ockrent se remémoe des anecdotes à foison qu’elle vous restitue dans le moindre détail. Regardez là: Souvent chez elle les yeux se plissent pour que le regard vous dessine et ses mains s’agitent pour illustrer un propos souvent ciselé. Prêtresse sans aucune pitié, pour celles et ceux qui lui ont manqué ou qu’elle tient pour médiocres, perfectionniste en diable et bourreau de travail, Christine Ockrent reste une «sacrée bonne femme ».
 
Je ne l’avais pas revu depuis son passage à l’Express, il y a de cela maintenant 13 ans. En désaccord, à l’époque, (le mot est faible), nous nous étions sévèrement affrontés, avant qu’elle ne quitte le journal par la petite porte, profondément blessée, l’œil noir de désolation. Ockrent n’avait pas réussi à apprivoiser une rédaction rétive, qui n’eut de cesse de la regarder comme une « Reine » qui n’aurait jamais fréquenté la barrière. De ce décalage naît une incompréhension, qui se transforma en fossé, puis en barricades. L’épilogue fut un désastre.
 
De l’eau est passée sous les ponts et nous revoilà face à face. Elle, courtoise, chaleureuse même, ayant semble t-il gommé de sa mémoire nos escarmouches d’antan pour mieux passer à autre chose : L’élégance sur mesures et le pragmatisme pour missel. Moi, débarrassé de ma cote de maille, après qu’elle a d’emblée rangé l’artillerie au râtelier et soldé d’une phrase le passé. Compteurs à zéro. C’est ainsi que Christine Ockrent m’est apparue comme à l’accoutumé: solide, sans fard, « cash. Et l’œil toujours collé à l’œilleton d’un métier qui continue de la dévorer.
 
Aux manettes de Radio France Internationale et dans le cockpit de l’audiovisuel extérieur, elle déroule un discours rodé, à l’évidence heureuse de cet atterrissage. RFI ? Le royaume de Courteline, mais une belle maison qu’elle tente de réformer, non sans quelques solides arguments. A deux reprises, seulement, j’ai senti chez elle affleurer l’agacement, puis la colère. L’agacement quand dans le plus parfait style Ecole hôtelière, le serveur commença à lui décliner la carte, avant de comprendre qu’il valait mieux faire court et ne pas hanter la table.
Et la colère, blanche, quand elle évoqua les « contre vérités scandaleuses » de la presse sur son salaire et lorsque le nom de Bernard Kouchner déboula dans la conversation: Christine Ockrent n’accepte pas les procès qui lui sont faits. Et elle se défend d’être tenue en laisse par le Quai d’Orsay, la tutelle politique de l’audiovisuel extérieur, dont « Bernard » et le quartier maître. Pour connaître un peu la dame et le mépris dans lequel elle tient les cols blancs, du ministère des Affaires Etrangères, comme ceux de Bercy ou d’ailleurs, je peux vous assurer que cette colère n’était pas feinte. Et que « CO » parlait vrai. Pour le reste, je vous renvoie au prochain numéro de L’Express, dans lequel nous publierons un article sur ses projets pour RFI.   
                     
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2 Comments
  • Professeur Nimbus
    avril 1, 2009

    Je vous propose un petit exercice de logique tout simple à partir de ce billet.

    Considérant ces deux extraits :

    1) « Christine Ockrent (…) sans aucune pitié pour celles et ceux (…) qu’elle tient pour médiocres »

    2) « En désaccord, à l’époque, (le mot est faible), nous nous étions sévèrement affrontés »

    En arrivez-vous comme moi à la conclusion que C.O. avait tout de suite compris que R.R. faisait partie de la catégorie sus-citée (les médiocres, pour ceux qui ne suivent pas !) ???

  • Jean Meyran
    avril 2, 2009

    Allez, direction rubrique « Brosse à reluire » dans le Canard…

    Pas un mot sur les « ménages », pas un mot sur la rétribution colossale, chapeau

    Bonjour chez vous