Golden boy

par 2commentaires No tags 0

AB.jpgUn homme est en passe d’amasser une très belle fortune dans le PAF, un beau jack-pot: le plus important jamais réalisé par un producteur télé depuis la création de la cathode. Il s‘appelle Claude Berda, se définit communément comme un « marchand de merguez», et rappelle à qui veut l’entendre qu’il a démarré sa vie dans les affaires, en reprenant la fabrique de vêtements de son père, qui commercialisait il y a plus de 35 ans une ligne à l‘effigie de Sylvie Vartan. Voilà pour l’image d’Epinal, ripolinée à souhait. Mais c’est en se lançant dans la production télé, au débuts des années 80, avec AB Productions, une société fondée avec son compère Jean-Luc Azoulay, que l’homme s’est découvert une passion et un métier, qu’il a transformé en or.  (à droite sur la photo et à ses débuts, en compagnie de son compère Jean-Luc Azoulay).

En 25 ans, l’empire AB a débité 15 000 heures de fiction et d’animation : «Hélène et les Garçons », «Le Miel et les Abeilles », «Classe mannequin » comptent parmi les morceaux de bravoure de la tranche 19-20 heures des chaînes françaises. Le « Club Dorothée », le mercredi après-midi, c’est encore lui. Sans compter les séries produites par Hamster, une société longtemps n°1 de la fiction télé (avec « Navarro », « L’Instit », « Les Cœurs brûlés »…), rachetée par Berda à la fin des années 90. Ces 450 heures de fiction supplémentaires viennent à point enrichir le catalogue d’AB. Et ce n’est pas fini, puisque la société contrôle désormais NT1, TMC et RTL9. Sans parler de toutes les chaînes du câble et du satellite hébergées sur Bis TV, (AB Moteurs, Animaux, XXL…)

Au total, un empire qui pèse les 800 millions d’euros. Ce qui déboulonne de son piédestal Arthur, jusqu’ici première fortune du Paf, (avec un bas de laine évalué à 200 millions d’euros).

Car entre-temps, l’as du sitcom est devenu diffuseur. Lancé dans l’aventure de la télé numérique, Berda arrose depuis quinze ans la France de se 28 chaînes thématiques. De la beauté à la musique, en passant par le cheval, l’automobile ou l’érotisme. Cet empire ne pouvait qu’attiser les convoitises. Jaloux du succès de M6 sur la TNT, avec sa mini-généraliste W9, encalminé en raison de diversifications poussives,

AVL2CA0ELHWCCAPT9AR7CA8A6CEVCASPQM7ECA30SI22CAIK2VK6CAIQCWTPCAI4WLG3CARKF3F5CAESQ8UXCA4LR3DKCAAQY5PXCAMNS8ACCAU8542QCAFZ9ZPHCAN6GTX8CANSY66DCA9MRZXZCAFC45JZ.jpgTF1 se devait de réagir sous peine d’être définitivement distancé par M6 sur le marché de la télévision numérique terrestre. L’ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay, avait donc jugé bon de s’inviter au capital d’AB, moyennant 230 millions d’euros, le premier joli chèque touché par Berda, (à droite sur la photo). Un investissement qui permet alors à TF1 de posséder 33,5% du groupe. Pas assez ! Son successeur, Nonce Paolini, a voulu voir plus gros, c’est la raison pour laquelle il négocie d’arrache-pied depuis plusieurs semaines le rachat de la totalité du groupe AB. Et l’affaire a toutes les chances d’aboutir rapidement maintenant.

Ce qui permettrait à TF1 de prendre possession, avec TMC, de la toute première chaîne de la TNT et de mettre la main sur NT1, ainsi que sur un catalogue de chaînes et de programmes important. Quant au taiseux Claude Berda, il est en passe de réaliser l’affaire de sa vie. D’aucuns diront qu’il s’apprête à toucher le Loto.    

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2 Comments
  • Pierre
    juin 1, 2009

    Est-ce bien normal que des détenteurs d’autorisations TNT les revendent ainsi et empochent des dizaines de millions d’euros de plus value ? La ressource hertzienne n’est-elle pas un bien qui appartient à la nation, donc à tous les français ? Mais que font les autorités de régulation ???? Et le débat ne portera que sur l’éventuel abus de position dominante de TF1 éclipsant le vrai sujet…

  • the lovely dragon
    septembre 20, 2014

    I love you.