Tavernost contre Duroux: un coup d'épée dans l'eau.

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L’épisode juridique qui va opposer le patron de M6 (photo) à l’ancien PDG de RTL, Axel Duroux, est une première. Jamais dans la jeune histoire du Paf un cadre dirigeant de chaîne n’avait traîné devant les tribunaux un membre de la famille, au motif que siégeant au conseil de surveillance de M6, depuis mai 2007, Duroux serait dépositaire des secrets de fabrique de cette chaîne. Et que partant pour TF1 il se retrouverait, de fait, au cœur d’un conflit d’intérêt.

Or l’affaire ne tient pas et pour plusieurs raisons. Le Conseil de surveillance de M6 n’a jamais été l’endroit où se décidait la stratégie et les grandes orientations de la chaîne. Ce cénacle est là pour valider le comptes et orienter, à la marge, certaines décisions. Mais il n’a pas accès aux contenus et aux modalités des contrats qui lient M6 aux producteurs, aux animateurs, aux fédérations sportives et à bien d’autres entreprises du secteur ou à des institutions. Tout cela relève du Directoire de la chaîne et de ses dirigeants: les uns sont dans la salle, les autres en cuisine. La dernière fois qu’Axel Duroux a d’ailleurs mis les pieds au sein de cette enceinte remonte au 4 mai dernier, c’est-à-dire il y a bientôt deux mois. Mercato, négociations de droits sportifs, arbitrages éditoriaux, chantier du prochain JT de 20 heures de la chaîne…Il s’en est passé de l’eau sous les ponts depuis et le Conseil de surveillance de la chaîne n’a pas été associé dans le détail à ces dossiers.

L’autre élément qui fragilise le PDG de M6 dans son attaque porte sur la nature du contrat qui l’ancien PDG de RTL à sa maison: Axel Duroux n’a jamais signé de clause de non concurrence avec cette chaîne. Et à ce titre, l’intéressé est aucunement lié par un droit de réserve quelconque qui l’empêcherait pour six mois ou un an d’aller travailler dans une chaîne concurrente de son choix, comme certaines clauses absurdes le prévoient. Absurdes oui, car la télévision ce n’est ni de l’aéronautique, ni du cosmétique, ni un domaine ultra sensible comme la pharmacologie ou plus encore, l’industrie de l’armement. Peu de "secret défense", peu de recettes d’émissions qui n’ont été éprouvées ici ou là, peu d’enjeux qui nécessitent à ce point que l’on verrouille les contrats de collaborateurs qui ont appris à changer de chaîne comme de chemises, au gré des saisons et de leurs envies. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le terme footbalistique « mercato » est appliqué depuis quelques années à l’audiovisuel et que le Paf et ses grands flux migratoires. nous offre chaque été matière à feuilleton. On se souvient qu’en 1987 Etienne Mougeotte avait participé au sein du groupe Hachette à la bataille pour la privatisation de TF1. Celle-ci une fois perdue par Jean-Luc Lagardère, l’homme avait viré casaque et était parti rejoindre avec ses dossiers et ses grilles de programmes les vainqueurs, Francis Bouygues et Patrick Le Lay. Et personne n’y trouva à redire.     

Ainsi Duroux peut dormir sur ses deux oreilles, le coup de sang du patron de M6, qui a toujours défendu, il faut lui reconnaitre cette qualité, les intérêts de sa maison avec pugnacité, sera juridiquement sans effet. Il risque simplement de laisser des traces et d’envenimer un peu plus les relations entre TF1 et M6. Et ne parlons même pas des relations entre les deux principaux impétrants. Gare en effet aux balles perdues.     

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1 Comment
  • Fabrice Bertrand
    juin 18, 2009

    Bah alors… 4 fautes de grammaire ou d’orthographe… On ne se relit pas ??