Hersant dans la tourmente: l'histoire bégaye

par 4commentaires No tags 0

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Y a t-il une malédiction à porter le patronyme d’Hersant ? Les Echos nous apprennent ce matin que Philippe Hersant, l’un des fils du papivore disparu, a décidé de prendre personnellement les rênes du groupe de presse qu’il a créé voilà quelques années sur les décombres de l’empire fondé dans les années 60 par son père, Robert Hersant (photo) . C’est qu’il y a le feu dans la maison. Le groupe de presse de Hersant junior, dans l’escarcelle duquel l’on trouve La Provence, Nice Matin, Paris-Normandie ou l’Union, affiche des pertes solides et un endettement estimé à 200 millions d’euros: une paille. Beaucoup s’étaient étonnés quand le très discret héritier de l’empire Hersant s’était mis en tête de reconstituer le groupe fondé par son père, après que ce dernier ait connu les pires affres, laissant à sa mort son groupe en lambeaux. Il fallait être courageux ou inconscient en effet pour aller investir dans une activité endémiquement déficitaire et qui n’avait apporté à la famille Hersant jusqu’ici que des désillusions.
Courageux, Junior s’était pourtant lancé la fleur au fusil à l’assaut de journaux de province dont on savait la vétusté et les difficultés: elles sont principalement liées et de longue date à une sous-capitalisation criante, à des infrastructures industrielles vieillissantes et à un lectorat loin de se renouveler et en chute libre. Il fallait être sacrément optimiste pour imaginer que la vieille dame PQR (Presse quotidienne régionale) était susceptible de renaître de ses cendres quand tous les indicateurs démontrent le contraire et qu’Internet joue les nettoyeurs. Car exceptés le porte-avions Ouest-France, une entreprise superbement gérée et développée depuis des lustres et quelques titres satellites installés sur des niches de lecteurs, comme le Télégramme de Brest ou Corse Matin, la PQR vit des jours douloureux. Au point qu’il apparaît désormais inéluctable que nombre de ces journaux de province, assommés de dettes, sont condamnés à fusionner les uns avec les autres, à défaut de disparaître. Car il y aura hélas des morts sur ce marché qui n’a pris que tardivement le virage du Net, en y investissant que modestement faute d’argent là encore. Alors pourquoi aller investir dans une activité déclinante et le mot est faible quand on se retrouve un matin à la tête d’un bas de laine ? Manque de flair ou de lucidité? Contagion familiale? Atavisme?          
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4 Comments
  • Bétassine
    août 26, 2009

    Le Télégramme a été élu meilleur quotidien par CB News.fr…
    Je tenais à mettre mon grain de sel!

  • mo
    août 26, 2009

    Le Télégramme est peut-être un quotidien qui tourne mais ses proprios ne sont pas un modèle d’ouverture! Je défie quiconque de trouver un journaliste dans cette boite dont le nom serait à consonance étrangère…

  • ionnis
    août 27, 2009

    En ce qui concerne la PQR, c’est plus contrasté que cela. Ce sont les plus petits, à diffusion départementale, qui gagnent des lecteurs: Corse Matin, Dordogne libre, République des Pyrénées, Nord Littoral…Les gros régionaux eux se prennent des gamelles depuis plusieurs années, sauf Ouest-France (cf chiffres de l’OJD). Y a qu’a voir la dégringolade de Sud-Ouest, L’Est-Republicain ou encore le Porgrès de Lyon.

  • Tom
    septembre 4, 2009

    Que d’approximations !
    Si l’endettement du groupe vient bien de la PQR (il fallait bien racheter ces journaux avec de l’argent) le déficit vient lui de la presse gratuite (Paru Vendu) qui constitue l’activité principale du Groupe Hersant Média ainsi que des TV locales (petit morceau du groupe, mais grosses pertes) et non de la PQR dont au passage un titre comme la Provence est bénéficiaire et rentable. Parler d’activité « endémiquement déficitaire » pour la PQR témoigne d’une méconnaissance étonnante de la part d’un journaliste média. Si des titres rencontrent des difficultés structurelles et anciennes rendues dramatiques par la conjoncture, la majorité est assise sur une économie saine. Rien à voir avec la Presse Quotidienne Nationale.
    Quant au virage internet, rappelez-vous que le premier quotidien français sur Internet était…les Dernières Nouvelles d’Alsace, et que la PQR draîne chaque mois (source NetRatings) plus de 10 millions de visiteurs uniques. Si un média est bien sous-developpé et en retard sur Internet, c’est clairement la presse magazine (même si l’Express et le Nouvel Obs font exception) et non la Presse Quotidienne.
    Enfin, « l’activité déclinante » et « le lectorat en chute libre » sont peut-être une réalité à venir mais certainement pas un fait avéré : la PQR totalise chaque jour (chaque jour !) 17,5 millions de lecteurs, soit autant qu’il y a 5 ans (autant !) et sa diffusion baisse en moyenne d’1% par an hors années électorales sur les 3 dernières décennies.