Joffrin agresse l'AFP: la chronique de Philippe Gavi

par 10commentaires No tags 0


 
 
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De retour dans un Paris abandonné et délicieusement calme…Et c’est Philippe Gavi qui ouvre le bal avec sa petite chronique hebdomadaire. Un Gavi pétaradant qui envoie une salve à Laurent Joffrin, le patron de LIbération, son ancienne maison dont il fut l’un des fondateurs.   

 

Je savais Laurent Joffrin coléreux, et entêté, mais de là à être irresponsable et à couvrir de honte son journal, je ne comprends pas. Or c’est bien ce qu’il a fait en signant  «L’agence France-frousse » dans les pages Rebonds de  Libé du vendredi 7 août. Pourquoi le directeur de Libération a t-il balancé cette charge insultante dans des pages réservées aux opinions et débats, sans aucune enquête à l’appui, et sans réponse de l’AFP? A donner des leçons de journalisme, autant commencer par soi-même. En résumé, pour Joffrin, l’AFP est l’ «auxiliaire »  du gouvernement, de Sarkozy et des banques. « Si Libération écrit que la terre est ronde et si l’Elysée déclare qu’elle est plate, l’AFP publiera d’abord le démenti élyséen. » La preuve, l’AFP n’a pas donné l’écho qu’il fallait aux révélations du quotidien, sur les propos expéditifs tenus par Sarkozy sur Zapatero, sur l’ampleur des pertes subies pas une filiale de la Société Générale et sur le montant des bonus distribués à ses traders par la BNP.
 
Le hic, c’est que c’est faux. L’AFP a chaque fois fait son boulot; dépêches et leads en témoignent. L’information donnée a été reprise, et vérifiée, assortie des réactions et éventuels démentis. Les journalistes qui ont traité de Zapatero ont interrogé les participants à la réunion; lesquels n’ont pas donné la même interprétation des propos de Sarkozy que celle partisane de Libé. Les pertes de la Société Générale ont fait l’objet d’une dépêche à minuit, les réactions des dirigeants de la Société Générale ont suivi le lendemain. Il s’est avéré que l’info de Libé était fausse. ETC.
Cauteleux, Joffrin parle d’ « une institution dont on connait pourtant la qualité professionnelle des journalistes ». L ‘AFP n’est pas une institution. C’est une agence de presse, libre et indépendante. Un journaliste de l’AFP est un journaliste. Et dans notre profession, nous savons que le mode de fonctionnement que décrit Joffrin est impossible. La moindre volonté d’orienter les dépêches se heurterait aussitôt à un mur professionnel.
 
 


 

J’ajoute, pour connaître personnellement le journaliste qui a couvert « l’affaire Zapatero » qu’il est d’une probité absolue, certainement pas un sarkoziste, et qu’il n’a nullement dans son esprit le désir de nuire à Libé.

 

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Je trouve hallucinant que Joffrin somme le journaliste agencier de « prendre parti » plutôt que de mettre à égalité les communiqués, celui de Libé et les démentis.
Joffrin se demande s’il s’agit d’une « nouvelle politique », suggérant qu’il y aurait une ancienne politique de l’AFP, ou s’il s’agit de « manquements isolés qui seront vite corrigés ». Je ne rêve pas. Le directeur de Libé réclame à la direction de l’AFP des têtes de confrères journalistes. Qu’ils reçoivent une bonne correction.
Je crains le pire : Joffrin, de bonne foi. croit à ce qu’il a écrit. Il a succombé à cette maladie du pouvoir, à cette lèpre des hauteurs, qui fait qu’on perd son bon sens, qu’on devient atrabilaire, parano.
La crise qui frappe la presse accentue les délires. Libé n’est pas seul à faire pression. Quotidiens et magazines ne cessent de téléphoner à l’AFP pour qu’on reprenne leurs infos, sur papier et en ligne. Même si l’info est non vérifiée, non sourcée, voire fausse: comme celle du Monde selon laquelle les boites noires du vol Rio-Paris avaient été retrouvées.
Je ne demande aucune sanction contre Laurent Joffrin (photo) pour « manquement isolé ».  La sanction vient, hélas, des lecteurs. La situation de Libé n’est pas assez florissante pour se permettre de perdre de sa crédibilité. PG
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10 Comments
  • barrau
    août 11, 2009

    l’info doit être traitée par les journalistes. L’AFP donne l’info, les journalistes en parlent s’ils veulent.

    J’ai comme merveilleux exemple, le rugby à XIII, sport que j’adore dont l’Afp donne de temps en temps des nouvelles mais hèlas, peu de journalistes en parlent.

    Etonnant, non ?

  • Sophie
    août 11, 2009

    Pfffff….il est complétement à la masse ce Joffrin.
    Ca fait etrangement penser à la super info du Nouvel Obs et le SMS a Cecilia. Dixit le journaliste « non je ne l’ai pas vu mais c’est vrai… » Pathétique le journalisme de nos jour : (((

  • enzo
    août 11, 2009

    Merci et bravo pour cet article !
    Il est clair que Joffrin à la grosse tête…

  • Thalierato
    août 11, 2009

    Je pense que Laurent Joffrin est un journaliste sérieux et qu’il a de bonnes raisons pour avancer ce qu’il a écrit.Pour ma part,j’en ai assez de ces journalistes qui effectivement « se couchent devant le pouvoir »,et cela de plus en plus;nous avons une information tronquée,orientée.Pour un lecteur qui désire avoir une information objective et complète,il faut lire non seulement plusieurs journaux français,mais aussi la presse étrangère et là seulement,on peut se faire une opinion.Nous ne sommes pas des moutons et j’espère que nous sommes encore capables de raisonner sans que l’on dise ce qu’il »faut penser ».Merci à vous Laurent Joffrain;ça va mieux en le disant!

  • Jean-marc Roy
    août 11, 2009

    Comme il est bon de lire une analyse aussi juste de la paranoia et de la mythomanie de Joffrin! Le tout par un fin connaisseur de Liberation.

  • Melioch54
    août 11, 2009

    Hélàs, trois fois hélas !

    Je crois que Laurent Joffrin se trompe de combat.

    Si le monde bouge et si les médias ont changés avec l’apparition d’internet, Twitter et ses confrères influencent un peu trop le « journalisme » d’aujourd’hui : reprise d’articles (mal) traduits publiés à la va vite sur le net, informations non vérifiées, excitation de l’instantané… Le travail journalistique lui, ne devrait pas changer : une information devrait toujours être sourcée et vérifiée avant d’être annoncée, mais à ce rythme là le scoop disparait.

    Je sais qu’il y a nombre de différences entre le travail de journaliste et celui d’Historien, mais les deux professions devraient tout de même avoir quelques points communs, le premier étant la recherche de l’authenticité et de la vérité.

    Qu’ensuite, le journaliste donne son opinion, oriente l’information dans le sens qu’il désire (je trouve personnellement ça assez « limite ») ou qu’attend ses lecteurs, c’est une autre paire de manches mais depuis quelques années, le sensationnel a pris plus d’importance que la véracité de l’information (reportages truqués à la télévision, infos non vérifiées données comme l’article le précise…)et l’information est devenue un bien de consommation comme tout les autres, avec ses « premiers prix », ses « marques distributeurs » et ses « produits de luxe ».

    Ou est donc passé cette quête de la vérité qui devrait animer la plupart des journalistes ?

    Un point tout de même marqué par Joffrin et qui me fait plaisir : il est le seul qui se permet de critiquer une institution (les journalistes) qui est l’une des seules corporations qui ne supporte pas la critique et pour qui il est facile de la faire disparaitre puisque c’est elle qui la relaie.

    Dommage que le coup tombe à côté.

  • Ange
    août 11, 2009

    Contrairement à nombre d’entre vous, je suis certaine de la véracité des propos de Mr Joffrin. Les journalistes de l’AFP qui envoient leurs dépêches sont d’excellents professionels et c’est davantage le traitement de ces dépêches qui est à remettre en cause. On connait historiquement le pouvoir de nos gouvernants, qui se sont permis de tout temps de faire occulter ou d’étouffer des affaires rendues publiques. On connait les particularités de l’état-censure. On connait les affinités et les amitiés entre politiques et certains acteurs des médias (presse écrite ou télévisuelle). Mr Joffrin ne fait qu’annoncer à voix haute (et de très belle façon) ce que des millions de français savent déjà : on ne nous dit que ce qu’on veut bien nous dire. Prendre à partie l’AFP est davantage une remise en cause globale du traitement de l’information en France. La cible vue par chacun d’entre vous est l’AFP mais la cible réelle est l’étendue du pouvoir des hommes de pouvoir et la censure permanente qu’ils peuvent provoquer lorsque cela les arrange.

  • Nival
    août 12, 2009

    vous vous foutez du monde dans vos justifications de ne pas publier mon commentaire LES adresses électroniques sont nival.bernard ou rivka.nival

  • INGRID BAZINET
    août 15, 2009

    Tout ceci est un faux débat. L’AFP est en danger. Une loi modifiant son statut arrive au parlement et risque de la laisser à la merci des pouvoirs, économiques ou politiques… Nous avons besoin d’être soutenus, au nom de l’indépendance et de la liberté de la presse.

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    février 22, 2011

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