Le dossier Clearstream est-il le meilleur plan média de Villepin?

Le procès Clearstream a permis à Dominique de Villepin de s’offrir contre toute attente une tribune médiatique de choix. Alors que tout le monde s’attendait à ce que cette affaire raye à jamais « DVP » de la carte politique, l’ancien premier ministre a non seulement transformé, dès le premier jour, la salle des pas perdus du Palais de justice de Paris en un Pont d’Arcole, mais fait de ce procès un joli tremplin pour l’intéressé, une belle vitrine personnelle.

On a vu ainsi devant les caméras un Villepin maître de lui comme d’un univers, une belle tête de cheval d’orgueil entouré des siens, qui  s’avançait vers la presse dans son beau costume de torero. Non pas vers l’échafaud, mais vers un corral, dont il semblait connaître chaque recoin: l’occasion d’une première banderille planté dans l’échine de Nicolas Sarkozy.

Si nul ne sait encore ce qui ressortira in fine de cette rocambolesque affaire, la bourde de Nicolas Sarkozy, qualifiant de « coupables » les différents acteurs de Clearstream et le caractère « abracadabrantesque » des déclarations ou des pseudos confessions de Jean-Louis Gergorin et de Imad Lahoud risquent de l’enliser dans d’interminables procédures et pour de très longues années. Et cela, Villepin, que l’on ne sent pas disposé à porter les couleurs du veuvage en politique, le sait et l’affiche avec morgue. 

Car en attendant, il plastronne sur le Net. Deux sites officiels, clubvillepin.fr et villepincom.net, ont été lancés juste avant que ne démarre ce procès. Le premier animé, dès juin, par l’ancienne ministre chiraquienne Brigitte Girardin, le second à la rentrée par Christophe Carignano, blogueur également chiraquien, pas mécontent d’avoir mis en ligne ce réseau social avant celui de l’UMP. Interrogé dernièrement par 20minutes.fr, Christophe Carignano indiquait ainsi  que sur villepincom.net, « on compte 1.500 inscrits, et bientôt 5.000, bientôt 10.000». Mieux qu’un simple fan club.

A côté du site officiel cohabite toute une galaxie de sites de sympathisants, qui se sont développés à la suite d’initiatives personnelles. En marge de ce procès, Dominique de Villepin bénéficie ainsi de l’activisme d’une nébuleuse de soutiens efficaces, une véritable plate-forme communautaire qui n’a rien à envier aux quelques précédents. A l’image du site du Modem, Les Democrates.fr. Objectif de « DVP »: se bâtir une assise, rameuter l’opinion et gagner en popularité, avec en ligne de mire l’inévitable élection présidentielle de 2012.

Reste que la communication est un métier et je ne suis pas sûre que le très erratique Villepin en ait compris toutes les subtilités. Musardant sur son site, je suis tombé par hasard ce week-end sur une conversation, qui se voulait à bâtons rompus, entre l’ancien premier ministre et des jeunes. Un grand moment. Voilà de la politique comme on n’en fait plus! Polie, engoncée, maîtrisée, amidonnée, bref bien ringarde. De celle qui vous râpe les nerfs et dont on sait d’emblée qu’elle ne vous fera jamais monter sur les tables. Face à lui, une brochette de jeunes villepinistes qui s’étaient promis d’être légèrement insolent, jusqu’à ce que Villepin ne les sèchent gentiment et déroule des propos lénifiants au possible. Deux solutions se présentent alors à vous à l’écoute de cette vidéo bien sirupeuse, mais instruvctive: ronger son frein en espérant une saillie du matador. Ou déserter. Pour ma part, j’ai coché la seconde solution et décroché. 
 

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2 Comments
  • Laurent J
    octobre 5, 2009

    J’ai fait comme vous… Bouh que cela est ennuyeux, pesant et pénible. Il n’y a aucun conseiller en com’ pour lui dire d’arrêter ? Non, ils sont payés pour que cela continue…

  • lindien ...
    octobre 6, 2009

    Le matador ? Oui ,sauf qu’hier ,c’est lui qui s’est
    fait planter les banderilles par le général Rondot .
    Du coup ,fuyant micros et caméras il est sorti par une
    porte dérobée .