L’UMP tire à boulets rouges sur la presse. Que l’on disait « sarkozyste »!

L’offensive de responsables de l’UMP, pilotée de l’Elysée, contre les médias  a quelque chose d’indécent. Soupçonnés hier par l’opinion d’entretenir avec Nicolas Sarkozy des liens de connivence, accusés de se vautrer sans aucune pudeur dans le lit de l’UMP, au lendemain de l’élection du maire de Neuilly à la présidentielle, les journalistes sont aujourd’hui vilipendés au motif qu’ils  auraient décidé de s’affranchir de ces liens de consanguinité, maintes fois dénoncés par l’opinion, pour aller chatouiller, « déstabiliser », le  chef de l’Etat.

 Dans un monde où tutoyer « Sarko » est chose ordinaire, nous étions tous hier des vendus : les tâcherons de Martin Bouygues et de François Pinault, les champions de la pensée conforme, bref des chiens de garde de Nicolas Sarkozy.
Virement de bord, deux ans après : soutien aveugle de « Sarko »,  la presse serait devenue en un clin d’œil son principal opposant, une meute transformée en porte-flingue d’Olivier Besancenot! 

Révérence face au pouvoir, prudence devant l’argent, la presse écrite et audiovisuelle se caractérisait, en effet, jusqu’ici, dans l’esprit d’une partie du public et des élites, par ses liens de connivence avec le pouvoir politique. Que n’a t-on lu et entendu de saugrenu sur ce thème, sur ce journalisme, fait de compromissions et d’allégeances, délivré par des cardinaux de la pensée unique! Vieille rengaine. Jusqu’à ce que Frédéric Lefbèvre sorte la grosse artillerie, nous formions ainsi une profession à plat-ventre, dont les français faisaient peu de cas.
 
 

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Tout aurait donc changé aujourd’hui: oubliée la presse aux ordres, évanouie les réflexes  d’allégeance, évaporés les copains qui dans les rédac’ faisaient la promo de Sarko les yeux bandés…Place aux méchants journalistes qui font le jeu du PS.  Crime de lèse-majesté, Jean Sarkozy, l’héritier de la couronne, serait ainsi aujourd’hui injustement attaqué par une presse instrumentalisée, manipulée, par  la gauche, bref décidée à  flinguer « Junior ».

«Sarkophiles », collabos de l’ UMP hier, nous voilà donc aujourd’hui à la botte du PS. C’est épuisant… Cette bouffée de haine contre la presse, qui ne fait que son métier, (reflétant au passage la pensée profonde d’une  grande partire de l’opinion et de l’électorat UMP, qui jugent l’affaire Jean Sarkozy proprement scandaleuse), est d’autant plus sotte que cette charge contre Nicolas Sarkozy, dénoncée par les ténors de l’UMP, c’est de la piquette. 

Car les grands médias de ce pays, ceux-là même dont les dirigeants évoluent dans le premier cercle du chef de l’Etat, n’ont pas bougé. Dassault, Lagardère ou Bouygues, à travers les journaux, les radios ou les télés qu’ils contrôlent, sont-il partis en guerre contre Nicolas Sarkozy? Laurence Ferrari ou Jean-Pierre Pernaut,sur TF1, se sont-ils risqués à la moindre critique à l’encontre de ce dernier? A t-on entendu dans les journaux de France 2 et de France 3 des éditos au vitriol à propos de cette affaire? Lu dans le Figaro un seul article à charge contre Nicolas Sarkozy et son fils, si ce n’est à la marge sous la plume téméraire d’Ivan Rioufol ? A t-on entendu sur l’antenne d’Europe 1 ou sur LCI des intervenants pilonner à tout rompre l’Elysée? Bref, peut-on parler d’une « campagne de déstabilisation », quand  les artificiers les plus cinglants ont pour noms Stéphane Guillon, Christophe Alèvèque et les marionnettes en latex des Guignols de Canal+?

Restons sérieux. Et rassurons ces parlementaires inquiets:  virtuose dans l’art de constituer des « noyaux durs »,  ces réseaux où s’entrecroisent en toute amitiés nombre d’industriels proches du pouvoir, (Pinault, Arnault, Bouygues, Bolloré…), Nicolas Sarkozy dispose toujours dans ce pays de solides relais dans les médias. Et si une frange de ce « contre-pouvoir », communément incarné  par la presse, se retourne aujourd’hui contre celui qu’elle était supposée servir, (puisque c’est la pensée profonde d’un Lefbèvre), le bourdonnement satisfait des grands médias dominants, (TF1 et consorts), risque d’étouffer très vite ces quelques journalistes irrespectueux.   
 

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8 Comments
  • jean Meyran
    octobre 20, 2009

    Je ne suis pas trop inquiet…
    Les patrons de presse resteront du côté du manche :
    Bouygues, Bolloré, Arnault, Lagardère, Dassault sont devenus anti-sarkosystes ?

    Vous avez vu ça où ?

    Un peu de recul, que diable

  • Rémy Pernelet
    octobre 20, 2009

    Entièrement d’accord, Renaud, cette offensive serait comique dans l’art du contorsionnement idéologique si elle n’était pathétiquement bas de plafond… et un peu inquiétante quand même !

  • vavou
    octobre 21, 2009

    Bah vous, de toute façon, ne devez pas vous sentir concerné par les attaques de Lefebvre!

  • Krustymas
    octobre 21, 2009

    Là je pense que vous manquez de respect aux journalistes de TF1, LCI, FranceTV, Europe 1, Le Figaro et consorts en les faisant passer pour de bons petits soldats sarkozystes, face à une « vraie » presse qui serait indépendante car antisarkozyste (l’allusion à Libé est à peine voilée). Il me semble pourtant que ces journalistes ont autant que les autres une conscience professionnelle…

  • steph
    octobre 21, 2009

    Les journalistes pourront donner les infos de la manière la plus objective possible, le « récepteur » la percevra toujours avec sa propre subjectivité, voire son « partisianisme ».

    Il y a quelque chose qui a changé depuis son élection : maintenant quand on s’attaque à Sarkosy, on s’attaque au pouvoir et non à un représentant de parti politique. Il est président de TOUS les français, qu’ils soient de l’UMP ou du PS.
    A ce titre, le président de la république, son gouvernement et tous les élus nous doivent des comptes, peuvent être attaqués sur leurs actions (ou pas) sans qu’il soit question de leur appartenance politique.
    Ces imbéciles réduisent le débat à ça.

  • anderea
    octobre 21, 2009

    je n’irai pas jusqu a dire que la presse est UMP ni sarkosiste faut pas tout mélanger .Mais je reconnais qu il ya quelques complaisances de certains journlistes .
    @steph: nul besoin d’attaquer N. Sarkosy :c’est lui qui nous attaque façon pitbull ,il a tellement de comptes à regler avec lui même qu il ne sait plus qui attaquer pour s’en defendre ^_^

  • THIERRY
    octobre 21, 2009

    vous nêtes pas créible le REVEL de la rive gôche parisienne
    80 % des journalistes se déclarent de gauche soit communistes LCR socialiste et pour les bobos journalistes écologie!!
    vrai ou faux le REVEL??
    La matinale de EUROPE 1 est clairement à gauche avec FOGIEL bobo type journalistique
    RMC avec BOURDDIN et les GG sont ANTISARKOZISME PRIMAIRE
    RTL avec JMAPHATIE HONDELATTE est clairement dans l’opposition
    quand à FRANCE INTER c’est une radio D ETAT à gauche toute!
    quand à LEXPRESS, je pense queSARKOSY ne vous apprécie pas!!
    vous êtes malhonnête intelectuellement MR REVEL mais avec les journalistes de gôche,nous sommes hélas habitués!!

  • CRUMBLE
    octobre 22, 2009

    Contrairement à ce que vous laissez entendre, ce n’est pas la première fois que Frédéric Lefebvre s’en prend aux médias de cette façon là. Il avait par exemple dans le passé fustigé la partialité de l’AFP en ce qui concerne la manière dont elle retranscrivait ses commentaires de responsable politique.
    Ensuite, vous semblez vous offusquer davantage de ces propos que de ceux – récurrents eux aussi – de nombreux responsables politiques de gauche qui font le lit de l’inscription dans l’opinion publique de l’équation suivante : « journaliste = vendu au pouvoir sarkozyste ». Pourtant, je trouve personnellement cette dernière allégation beaucoup plus désagréable et ordurière.

    Je m’étonne encore une fois de la mansuétude dont vous faites preuve à cet égard.