Quand Bouygues impose la paix des braves à TF1.

par 0 , , , 0

paolini_duroux.jpg

Tout est réglé, finie la brouille, la guerre des chefs n’aura pas lieu à TF1 : Martin Bouygues a sonné la fin du match. Le coup de sang de l’ancien patron de RTL, Axel Duroux, parachuté cet été à la tête de TF1, aux côtés de Nonce Paolini, aura permis de recadrer les choses au sein d’une chaîne qui virait à la pétaudière, comme je l’ai évoqué dans L’Express, il y a de cela quelques semaines.
Approché au printemps par Nonce Paolini, qui se cherchait un adjoint, Axel Duroux avait eu droit à une campagne de presse rarement vue dans le paysage télé. Tapis rouge pour celui que l’on présentait, alors, comme le « sauveur » d’une chaîne encalminée. Paolini avait apprécié…Lui qui s’épuise des mois à renflouer le navire et dont les efforts se sont traduits par un bon été et un début d’embellie.

Résultat, un climat lourd à TF1, deux hommes en chiens de faïence et un début de bras de fer. Abasourdis, les cadres de TF1 comptaient les poings. Et chez Bouygues, on s’agaçait d’une telle dégradation du climat en si peu de temps. Si le volcanique   Patrick Le Lay avait pu cohabiter avec le très rond Etienne Mougeotte pendant 20 ans, le bulldozer Axel Duroux convolerait bien avec le très rusé Paolini, pronostiquait-on, alors que les deux hommes se marquaient à la culotte. Mais le lundi 5 octobre, on a bel et bien frôlé la crise, tangenté le clash : il aura fallu l’intervention de Martin Bouygues pour que les choses rentrent dans l’ordre et que Nonce Paolini ne se retrouve pas seul à la tête de sa chaîne.

 Mais n’est-ce  pas la vie des entreprises  audiovisuelles? La télévision n’est pas l’agroalimentaire et les hommes y ont leur importance. On oublie souvent, en effet, que malgré ses enjeux stratégiques et industriels, la télévision reste un métier d’artisan où le facteur humain est prédominant. Interrogez la rue et demandez lui de vous citer les noms des différents PDG qui se sont succédés à la tête d’Alcatel, Suez ou de la BNP, depuis 20 ans, elle ne saura pas. En revanche, elle pourra aisément vous dresser la liste des grandes figures qui ont marqué la télévision : de Pierre Desgraupes à André Rousselet, en passant par Hervé Bourges. Rien d’étonnant du coup  que pris dans ce tourbillon, où les ego et les tensions tiennent une grande place, Paolini et Duroux aient joué des coudes et tenté de marquer leur territoire. Deux hommes aujourd’hui condamnés à s’entendre au nom des intérêts suprêmes d’une entreprise que cornaque un Martin Bouygues vigilant. 
 

0
0 Comments