Un Chirac « vintage »


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Les Mémoires de Jacques Chirac sont l’occasion  d’une véritable résurrection médiatique pour l’ancien chef de l’Etat qui biche en privé, dit-on. En effet, publié à la fin du mois, cet ouvrage-confessions va voir l’ancien locataire de l’Elysée au micro de Jean-Pierre Elkabbach, sur Europe 1, sur le plateau de Vivement Dimanche de Michel Drucker, sur France  2, et dans le colonnes du Point, où Franz-Olivier Giesbert lui déroule le tapis rouge, avec la publication de quelques unes des « bonnes feuilles » de ce livre.
Un triptyque médiatique d’un grand classicisme, pas très original, certes, mais qui a le mérite de l’efficacité. Ce coup de projecteur sur l’ancien président de  la République intervient au moment où ce dernier se dit revigoré, non seulement par l’attention que lui portent les médias et par sa bonne côte auprès de l’opinion, mais également par le très bon accueil qu’a reçu sa fondation dans les pays d’Afrique, d’où il revient : tout le contraire d’un gadget.

Voilà donc un Chirac "vintage" ou « new age » qui à l’image d’un Clinton ou d’un Giscard expliquait dernièrement à ses proches, comme on me le rapportait, hier, que son statut d’ancien leader politique lui conférait à sa grande surprise une image de figure tutélaire qui ne lui déplait pas.
Si bien que Chirac n’écarterait pas de revenir de temps à autre, à l’image de VGE,  sur le terrain politique en distillant du haut de sa chaire petites phrases et philippiques. Disparaissez et vous rebondirez : même le très ectoplasmique Jean-Pierre Raffarin réussit aujourd’hui à capter, plus que jamais et mieux qu’hier, l’attention des journalistes. Il aura suffit que "JPF" quitte Matignon pour qu’on oublie ses « raffarinades » et son côté bistrotier de campagne. Pour que sa parole, hier souvent confuse et inaudible, se transforme aujourd’hui soudainement en or. Bref, pour que Sancho Panza devienne Don Quichotte et que les banderilles qu’il s’en va régulièrement planter dans l’échine de Nicolas Sarkozy fassent les choux gras de la presse.    
 

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2 Comments
  • flo1966
    octobre 22, 2009

    « les banderilles qu’il s’en va régulièrement planter dans l’échine de Nicolas Sarkozy fassent les choux gras de la presse. »

    Un bien bel aveu. Car c’est à ça que se résume le journalisme français d’aujourd’hui: la course à la « petite phrase », le superficiel sans aucun fond.
    Déplorable.

  • Christine
    octobre 25, 2009

    « JPF » ??? Vous voulez dire « JPR », je suppose ?
    Le fait de n’être plus « aux affaires » donne tout de suite une aura et une autorité insoupçonnées … :o)