Sarkozy, à la manoeuvre, veut un « Yalta » entre TF1 et France Télévisions.


 
 
 
 
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Le temps est orageux entre Nicolas Sarkozy et l’audiovisuel… Exercice classique, le chef de l’Etat ne peut s’empêcher d’alpaguer patrons de chaînes et animateurs, dés lors que l’un d’entre eux passe le seuil de l’Elysée, puis entre ses filets, histoire de solder les comptes…
A lire Le Parisien de ce jour, c’est Marc Olivier Fogiel qui aurait donc fait les frais de l’ire présidentielle, Nicolas Sarkozy ayant profité d’une remise de décoration, (celle du producteur Dominique Farrugia), pour critiquer la manière avec laquelle le jeune journaliste aurait interrogé Carla Bruni, lors de son passage au micro d’Europe 1.
Le Canard Enchaîné, de son côté, expliquait récemment que le même Nicolas Sarkozy aurait piqué un coup de sang, un de plus, à cause de Canal+, s’en prenant à ses dirigeants, au motif que cette chaîne l‘étrillerait régulièrement, à travers les Guignols de l’Info d’abord et les sujets de Yann Barthes, diffusés dans le «Petit journal », ensuite. Veille rengaine, vieux refrain…

 L’agacement de Nicolas Sarkozy concerne également Radio France. Le président de la République n’épargne pas cette maison, dont il a pourtant nommé cet été le PDG, en la personne de Jean-Luc Hees. Seule station visée, on l’aura deviné, France Inter, où sévissent toujours, à son grand regret quelques snipers, ceux-là même dont il aurait souhaité la mise en sourdine, à commencer par Stéphane Guillon. Mais rien n’a bougé à Inter et la station, qui témoigne d’une florissante santé, continue d’afficher sa différence, étrillant joyeusement des personnalités de tous horizons. Sarkozy en tête de gondole. 

L’avantage avec ce dernier, c’est qu’il dit les choses. Pas de faux-semblants ou de propos codés : le chef de l’Etat est « cash ». Et j’aime cela. La manière est brute, les rapports carrés, mais cette méthode qui consiste à dire aux intéressés ce qu’il a au fond du cœur tranche avec les coutumes anciennes, qui voyaient un Chirac ou un Mitterrand  confier à leurs collaborateurs le soin de faire le « sale boulot », d’exécuter les journalistes ou les patrons de chaînes récalcitrants. Avec Nicolas Sarkozy, rien de tout cela : rien n’est opaque, tout est sur la table. Et c’est sain. 

Mais l’agacement de Nicolas Sarkozy risque de prendre un tour plus explosif encore avec l’approche d’échéances politiques. L’Elysée est convaincu, en effet, qu’avec cette caisse de résonance qu’est Internet, les sketches des Guignols, les vidéos de Yann Barthes ou les billets au vitriol  d’un Stéphane Guillon ou d’un Didier Porte, sur Inter, trouvent un écho bien plus considérable que par le passé. S’ajoute à cela la blogosphère qui joue les relais d’opinion, en se faisant quotidiennement l’écho de la dernière bourde ou du dernier faux-pas de telle ou telle figure de la majorité ou de l’opposition. Or il se trouve que l’UMP et nombre de  membres du gouvernement Fillon sont plus souvent en ligne de mire que les édiles du PS: normal, dira t-on, puisqu’ils sont aux affaires.

C’est dans ce contexte de crispation que Nicolas Sarkozy  travaille depuis quelques semaines à la succession de Patrick de Carolis. Un chapitre qui semble passionner le chef de l’Etat. Ce dernier ne cesse de consulter les uns et les autres, afin de mettre en place, d’ici l’été, une nouvelle équipe dont le mandat, et ce n’est pas anodin, enjambera la présidentielle de 2012.

D’aucuns à l’Elysée et dans son entourage,- de Claude Guéant à Alain Minc- sont partisans d’accélérer le calendrier. Et de mettre en place, dès le début du printemps, une nouvelle équipe qui cohabiterait quelques mois avec l’actuel direction de France Télévisions. Laquelle  partirait en août: c’est la méthode dite du « tuilage ». Celle défendue par ceux qui estiment nécessaire que le nouvel élu puisse prendre ses marques et préparer la rentrée de septembre 2010, en toute quiétude. 

Et Sarkozy consulte. Journalistes, producteurs, patrons de chaînes de télés et de radios…tous défilent à l’Elysée. A certains on demande des notes, à d’autres des listes de PDG et de cadres possibles, sachant que Nicolas Sarkozy semble décidé à installer à France Télévisions une équipe flambant neuve : direction de l’info, direction des programmes, direction générale…Tout va valser!
Et chacun apporte au chef de l’Etat, un nom, une idée, un schéma de gouvernance. Dans ce fatras, une idée semble pour l’heure émerger, celle du profil du prochain PDG : l’entourage du chef de l’Etat, comme ce dernier, semblent convaincus que seul un patron venu du monde de l’entreprise, et ayant, qui plus est, une bonne connaissance du secteur audiovisuel, serait à même de prendre en mains la barre du paquebot France Télés. Reste à trouver l’oiseau rare: à l’heure qu’il est, rien n’est fait. Et tous les noms cités à ce jour semblent fantaisistes.

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D’autant plus que la désignation par le chef de l‘Etat du prochain timonier de France Télévisions devra passer l’obstacle deTF1 ! Rien en effet ne pourra se faire sans que le propriétaire de TF1, Martin Bouygues, donne son avis: Nicolas Sarkozy consultera son ami. Objectif, négocier un «Yalta » entre TF1 et le groupe public. Il n’est pas question pour le chef de l’Etat d’installer à France Télévisions une équipe qui irait  « challenger » TF1, et encore moins ferrailler avec une chaîne dont les équilibres économiques demeurent encore fragiles. Et dont l’influence reste considérable.

A deux ans de la présidentielle, l’avenir, comme la relance de France Télévisions constituent, on le devine, une question sensible et un enjeu de taille. Si Nicolas Sarkozy est décidé à réformer France Télévisions, moyennant l’installation d’une équipe dirigeante, (aux compétences irréprochables), sur laquelle il entend  bien s’appuyer, il espère dans le même temps veiller aux intérêts bien compris de TF1. Ne pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. 
 

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7 Comments
  • GED
    décembre 10, 2009

    Bien vu le qualificatif « à l’expérience irréprochable » au deuxième degré bien entendu.

  • Nikos
    décembre 11, 2009

    En somme, s’il faut croire votre papier très inquiètant, la future équipe devra être « à la botte », mais surtout pas trop compétente pour ne pas faire de l’ombre à TF1: réjouissant…

  • galliez
    décembre 13, 2009

    Monsieur SARKO doit rester dans ses fpnctions de Président et respecter l’avis du peuple et non pas le mépriser, lui qui se prend pour le roi. IUl n’est pas le chef de la télé et c’est pas lui qui doit désigner les responsables des chaines. De même, il doit respecter les humoristes, même si ces derniers l’engueulent, cela fait partie de la démocratie! On se croirait revenu sous DE GAULLE ou LOUIS 14
    Sarko privilégie dans les médias ses copains et ses fournisseyrs de fric.
    Moi j’aime tous ceux qui critiquent aussi bien les gens de droite, que ceux de gauche, Monsieur Sarko et sers tics n’est pas infaillible, après tout, élu avec 53% des voix sur 35ù de votants, c’est pas un succés!

  • Thierry
    décembre 13, 2009

    Bravo Renaud il est assez rare de lire dans la presse ce que l’on peut ressentir de l’intérieur de FTV. Des armées de dirigeants mais pas trop de compétences, beaucoup de moyens mais pas trop dans les contenus, dans le seul but de ne pas faire d’ombre au privé. On a souvent vu les investissements en dur, en matériel ultra modernes passer avant l’objectif final: faire des émissions. On a aussi vu des services dont les effectifs ont enflés sans que les objectifs évoluent en conséquence. Résultat FTV manque régulièrement de cash pour faire tourner la bécane.Ils nous apparait que pour le privé, la concurrence étouffe sous les charges. L’exemple actuel le plus flagrant c’est France 3 qui vient de perdre plus de 15% de son audience en 1 an sans que ça n’émeuve personne en interne.

  • Jaures33
    décembre 14, 2009

    Bizarre ce commentaire de Thierry. On dirait bien que le ver est dans le fruit. De la part de quelqu’un qui signe avec l’adresse du blog de la CFDT FTV, on se demande bien qui va défendre les personnels dans l’entreprise. Mais peut-être que Thierry s’en occupe à la table de négociation du nouvel accord collectif de travail à FTV ?

  • Thierry
    décembre 14, 2009

    Pour faire réponse à Jaurès33, si cela intéresse le public de ce blog, je n’ai pas l’immodestie de me parer d’un pseudonyme lourd à porter mais je ne porte pas de faux nez. La CFDT-FTV dénonce avec ses armes la grande opération de Monopoly qui se joue actuellement à FTV. Nos contestons le plan de départs volontaires qui est en fait un plan social déguisé, nous dénonçons dans les CE la fusion en entreprise unique, nous contestons devant les tribunaux le délai de négociation des conventions collectives, trop court selon nous. Bref, un boulot de syndicat. Ces actions sont menées conjointement avec le SNJ et la CGC, qui partagent notre point de vue et notre inquiétude (voyez qui manque à l’appel et accompagne le mouvement en signant des accords de mise en place de tout cela avec la présidence de FTV). Chacun jugera si le ver est dans le fruit, mais mon propos rejoint celui de l’article qui montre plutôt que le poisson pourri par la tête et que cela est savamment organisé. Mettre des objectifs et des moyens pour travailler en face de d’investissements et de moyens humains ne me semble pas aller à l’encontre des intérêts des salariés. Quand on discute avec eux c’est très clair! Quand à ceux qui choisissent d’agiter le chiffon rouge d’une main, en négociant en coulisses…

  • NIKE AIR YEEZY 2
    mars 13, 2013

    J’ai ce que tu veux dire, ce qui est pour l’affichage . Woh , je suis heureux de trouver ce site par google . «Depuis l’Exode , la liberté a toujours parlé avec un accent hébreu.  » de Heinrich Heine .http://cheapsnapbacks.musicblog.fr/