Guillon, actionnaire minoritaire d’Inter.

Nous voilà donc obligés de reparler de Stéphane Guillon…Comme si l’épicentre de France Inter se résumait à ses éditos au vitriol. Il est assez surprenant de voir à quel point Philippe Val s’en va allumer régulièrement, et sans crier gare, quelques braseros aux quatre coins de la station qu’il dirige, des déclarations qui mettent les nerfs des syndicats de journalistes d’Inter particulièrement à vif et qui provoquent inévitablement les ruades du sniper Guillon. "France Inter est une radio qui coûte cher à l’actionnaire, qui n’est pourtant pas très bien traité par la station", avait-il cru bon expliquer à une délégation de producteurs venus à sa rencontre le 18 décembre dernier, comme le rapporte Le Monde. Une phrase pour le moins malheureuse qui révélait au passage toute l’ambiguïté et la difficulté des relations entre le dit actionnaire, en l’occurrence Nicolas Sarkozy, pour faire court, et la nouvelle direction de Radio-France fraîchement installée.

Mais Inter reste une maison à part, un sanctuaire qu’il convient d’approcher avec prudence. Dans sa grande sagesse, Philippe Val avait pourtant estimé, l’été dernier, que fort de ses bons résultats d’audience la grille de France Inter ne méritait pas d’être chamboulée. Et que toucher à Stéphane Guillon comportait à l’époque bien plus d’inconvénients que d’avantages. Sages décisions. Il était donc urgent d‘attendre, sachant qu’en matière de radio, tout n’est qu’une question de temps. On aurait pu imaginer, en effet, que la tranche 7h-9h s’essouffle, que l’humoriste barbu s’étiole et que Nicolas Demorand perde quelques dixièmes sur l‘échelle de Richter de Médiamétrie. Mais c’est le contraire qui s’est produit. Novembre aura même vu France Inter devenir la première radio généraliste en Ile-de-France et Stéphane Guillon cartonner sur Dalymotion et Youtube où ses vidéos s’arrachent. Piqué au vif par cette récente déclaration de Philippe Val, Guillon s’est donc cru obligé ce matin d’y aller de bon cœur, comme à chaque fois que l’un de ses dirigeants s’aventure en terrain miné. Une charge jubilatoire qui a laissé Demorand presque sans voix. Même si le journaliste a eu le  mot de la fin en s’adressant à son compagnon de micro: «à demain…peut-être ». 
 

0
12 Comments
  • anderea
    janvier 11, 2010

    exp d e rire ………..
    loll pour laisser Demorand le pittbull sans voix faut s’accrocher

  • Lilly
    janvier 11, 2010

    « Nous voilà donc obligé de reparler de Stéphane Guillon… »

    On vous y oblige, vraiment ?

    On dira ce que l’on veut des méthodes de Guillon (on reste de libre d’apprécier ou non son humour, mais personne n’a besoin de le mépriser quand il fait son travail non plus), néanmoins grâce à lui on va peut être un plus parler des méthodes douteuses de Val et de cette phrase passée quasi inaperçue et pourtant honteuse (pas malheureuse, on ne l’a pas non plus obligé à sortir une ânerie pareil, comme le dirait Carla Bruni « il est grand, il fait ce qu’il veut ») !

  • francart
    janvier 11, 2010

    Et Simon Tivoll dans tout ça?
    C’était un chroniqueur vraiment talentueux; du jour au lendemain, aucune explication et pas de nouvelles. Qu’est il devenu?

  • actionnaire aussi
    janvier 11, 2010

    En effet, l’actionnaire est le contribuable. Mais celui ci ne vote pas forcément à gauche, et aimerait avoir une chaine nationale sans pub qui ne penche pas systématiquement à gauche, tendance bobo. Il n’y a rien de choquant à avoir certaines émissions dont les animateurs sont clairement à gauche, mais dans le cas de France Inter le déséquilibre est caricatural depuis des années. L’avantage est quand même de ridiculiser ceux qui se prennent pour des résistants: nous vivons dans la seule dictature où la radio d’état les soutient..

  • Conan
    janvier 11, 2010

    Ce n’est pas Demorand qui dit « peut-être », mais Guillon lui même

  • lacour-desbois
    janvier 11, 2010

    ou est passé simon thivolle ? ses reportages sont rigoureux ,humains et surtout pensés .pourquoi ttes les personnes qui pensent et qui savent que les mots sont des armes disparaissent de notre environnement.Il ne reste que les aboyeurs ….

  • marc
    janvier 11, 2010

    Tivolle, sa chronique a été supprimée avec le passage au 6h30-10. Dommage, j’aimais bien sa voix, ce ton particulier..

  • zyxamo
    janvier 12, 2010

    Stéphane Guillon veut-il se faire virer ?

    C’est la question du sondage vu sur Pnyx

    http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/491

    A votre avis, que se passe-t’il ? Un coup de soleil ? En tous cas, merci, c’est un morceau d’anthologie !

  • Artémus
    janvier 14, 2010

    Je suis assez surpris d’apprendre que Nicolas Sarkozy est « l’actionnaire » de France Inter mais je salue la générosité du président qui financerait donc la station sur ses fonds personnels, je ne la savais pas si riche et si désintéressé…

  • Gribouille
    janvier 14, 2010

    Cher ACTIONNAIRE AUSSI,
    Les gens qui pensent à droite trouvent France Inter trop à gauche,
    Les gens qui pensent à gauche trouvent France Inter trop à droite,
    On appelle cela l’objectivité.
    Des chroniques et des chroniqueurs de droite sur France Inter, on peut en citer plein de même que des chroniques et des chroniqueurs de gauche.
    Vous n’êtes ni pire ni meilleur que la plupart de nos hommes politiques: vous considérez qu’un media est neutre et équilibré lorsqu’il est va à 100 % dans le sens de vos opinions.
    Est-ce cela la liberté d’expression?

  • jeankiri
    janvier 14, 2010

    Il semble qu’ à une certaine époque P. Val maniait l’ humour, et pas toujours avec délicatesse! Est ce le fait d’ être l’ ami de la 1e dame de France, c’ est certain elle n’ est pour rien dans sa nommination, qui lui a fait perdre toute son insolence et son humour? Allez Philippe, à notre époque c’ est pas honteux d’ avoir retourné sa veste, faut juste assumer.

  • cazals
    janvier 15, 2010

    Hé ben Siné avait bien raison, il avait le nez creux : Val se révèle dans toute sa splendeur. Et on n »a pas fini de le découvrir petit monsieur.