La lettre de Patrick de Carolis à Martine Aubry.

par 14commentaires No tags 0

Haro sur Vincent Peillon! Le moins que l’on puisse dire, c’est que le coup de Trafalgar de ce responsable socialiste, plantant France 2  et Arlette Chabot, dont il a réclamé la démission, à la dernière seconde, ne passe pas. Il est vrai que Peillon n’y est pas allé de main morte : Multipliant les manœuvres et les défausses, n’hésitant pas à se contredire et démontrant au fil des heures qu’il avait mûrement prémédité son coup, le député socialiste ne sort pas grandi de cet épisode et son estocade contre Chabot est une sottise.

L’homme s’est mis à dos pratiquement tout le monde: France Télévisions et son PDG, Patrick de Carolis, dont je publie ci-dessous la lettre qu’il a adressée à Martine Aubry, nombre de responsables du PS, qui ont fait le minimum syndical en venant mollement à sa rescousse et les journalistes de France 2, remontés comme de pendules. Il n’empêche, Vincent Peillon aura aussi rendu un fieffé service à Arlette Chabot, faisant oublier en effet la question principale, cet indigent et caricatural face à face entre Eric Besson et Marine Le Pen, passé du coup au second plan et dont j’ai déjà dit ici tout le mal. On est ainsi  passé, en l’espace de quelques heures, d’une affaire Besson-Le Pen à une affaire Peillon qui aura vu France Télévisions faire bloc autour de la directrice de l’information, Arlette Chabot, pour laquelle on a dressé depuis un piédestal, une journaliste dont on peut comprendre aujourd’hui le dépit et la colère.
 

 

 

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Madame la Première Secrétaire,
 
 
Au-delà de la forme, particulièrement déplaisante, avec laquelle Monsieur Vincent Peillon, Député européen, a refusé de participer au débat organisé hier soir sur France 2 alors qu’il devait y représenter le Parti Socialiste, cette désertion pose un grave problème de fond sur lequel je souhaiterais obtenir votre éclairage.
 
La télévision publique a, comme vous le savez, pour mission d’organiser et de faire vivre le débat public. Or, elle doit pour cela pouvoir exercer sa pleine liberté éditoriale dans le strict respect des règles du pluralisme fixées et contrôlées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel.
 
Dans ce contexte, soit l’attitude de Monsieur Peillon est une initiative personnelle et elle n’aura pas d’autre retentissement que celui que l’opinion voudra bien lui donner, soit elle est le fruit d’une décision réfléchie et concertée du parti politique dont vous avez la charge. Les propos de Vincent Peillon qui a déclaré vous avoir informée de sa décision il y a plus de 48 heures et le soutien public que vous venez de lui apporter par voie de dépêche de presse le laissent entendre.
 
Si tel est vraiment le cas, le boycott volontaire des antennes de France Télévisions par un élu socialiste menace le fonctionnement même du débat démocratique dans les médias audiovisuels qu’ils soient publics ou privés. Je me permets en effet de rappeler que d’ici à quelques semaines nous allons entrer dans une période de campagne électorale au cours de laquelle la télévision publique va multiplier les émissions politiques alors même que les règles de pluralisme seront beaucoup plus contraignantes. Vous comprendrez donc, Madame la Première Secrétaire, que les rédactions du groupe France Télévisions doivent être informées des intentions du Parti Socialiste à ce sujet.
 
Par ailleurs, dans le communiqué qu’il a publié pour justifier son refus de participer à l’émission "A vous de juger" alors même que celle-ci venait de commencer, Monsieur Vincent Peillon demande la démission de Madame Arlette Chabot, Directrice générale adjointe chargée de l’information, et pour faire bonne mesure, de tous les responsables de France 2 ayant organisé et autorisé la tenue de ce débat. Je ne mentionne évidemment pas les termes utilisés par Monsieur Vincent Peillon pour qualifier la télévision publique mais j’aimerais savoir si vous-même et le Parti Socialiste cautionnez cet appel à la démission collective. Un tel appel à la démission de responsables audiovisuels et de journalistes est je crois sans précédent depuis quelques dizaines d’années.
 
La télévision publique appartient à la Nation toute entière. Ses salariés, qu’ils soient ou non journalistes, donnent au quotidien et dans des conditions parfois difficiles le meilleur d’eux-mêmes pour informer les téléspectateurs. Vous comprendrez qu’en tant que Président de France Télévisions je ne puisse tolérer qu’il soit porté atteinte à leur honneur et c’est pour cette raison que je rendrai cette lettre publique après vous l’avoir fait parvenir. La vie politique a ses pratiques et ses usages. La vie démocratique, elle, a ses règles et a ses lois. Si l’un des principaux acteurs de cette vie démocratique refuse de les respecter c’est le contrat social lui-même qui vole en éclat.
 
Soyez assurée que je serais extrêmement heureux de pouvoir m’entretenir directement avec vous des suites de cette affaire.
 
Je vous prie de croire, Madame la Première Secrétaire, à l’expression de ma considération distinguée et de mes respectueux   hommages.       
 

                                                                                                                 Patrick de Carolis  
                                            
                    

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14 Comments
  • blitek franceline
    janvier 18, 2010

    je suis tout à fait d’accord avec monsieur de carolis et je lui apporte mon soutien ainsi qu’à ts les journalistes

  • pat
    janvier 18, 2010

    J’ai signé la Pétition pour démander la démission de Martine Aubry (voleuse d’éléction) et de toute sa clique.

  • jean Meyran
    janvier 18, 2010

    J’ai modestement apporté un point de vue « légèrement » différent dans le billet de P. Gavi.

    Je vous épargne le copier/coller

  • Francis Lérisson
    janvier 18, 2010

    Je suis d’accord avec la rédaction de France 2 et de monsieur Patrick de Carolis que je soutiens.

  • gongombre
    janvier 18, 2010

    Je crois que dans le contexte politique actuel la decision de Peillon etait la bonne; on ne doit pas traiter avec les extremes et l’extreme droite en particulier. Lorsque Chirac a refuse de debattre avec Le Pen au second tour des elections presidentielles de 2002, j’etais content. Lorsque le gouvernement actuel accepte de discuter avec l’extreme droite je suis outre. Peillon a bien fait de refuser de debattre. La maniere n’a que tres peu d’importance en somme, la forme n’a que tres peu d’importance. Ce qui importe c’est le fond. Je suis aussi pour la demission d’Arlette Chabot qui n’est pas une journaliste politique impartial et qui s’interesse plus a sa petite carriere personnelle qu’a la politique francaise et qu’a la France, tout comme vous d’ailleurs. Vous prenez le parti de la defendre, c’est tout a votre honneur; ce faisant vous contribuez a la droitisation des esprits, et ce juste avant des elections. Nous n’oublierons pas votre collaboration.
    Parole de Gongombre

  • John Lobb
    janvier 18, 2010

    Continuez a défendre celle qui est femme de ministre et directrice de l’info de france 2 c’est soit de la bêtise, soit de la méchanceté.
    En plus elle est mauvaise journaliste: arrogante, a coté de la plaque, coupant toujours ses invités, partiale…
    Et quel interet de participer a ce pseudo débat: a voir comment Besson parlait a Le Pen ce n’est pas un débat. Pas du tout.

  • Morgan
    janvier 18, 2010

    Renaud et Gomgombre,
    je ne suis pas d’accord sur le fait qu’il ne fallait pas de débat Le Pen – Besson car c’est faire trop de pub à l’Extrême droite. Tout d’abord ce ne sont pas les médias qui ont créé le FN ou le « questionnement » sur l’identité nationale. Ne pas interviewer les dirigeants du FN c’est nier les problèmes qu’il pose et ses mauvais réponses à ces problèmes. Il me semble que l’itw de Jean-Marie Le Pen à L’Heure de Vérité en 1983 (ou qqchose comme ça) n’a pas été suivie d’une demande de démission de François Henri de Virieu et autres. Souvenez-vous aussi qd Saddam Hussein a envahi le Koweit, tous les 20 H voulaient l’avoir et il est finalement passé sur toutes les chaînes. Comme l’a dit qq’un de France Télévisions : « A chacun son métier ». Alors laissez les journalistes organiser des débats et faire leur métier, et laissez les hommes politiques demander à cor et à cris ses débats et finalement n’y pas venir (« parce que je passe en 2de position », « parce que je veux untel et pas untel en face de moi », etc.).

  • gongombre
    janvier 18, 2010

    Cher Morgan,
    Je suis citoyen francais, je paye ma redevance tele et je paye Chabot. Si Chabot fait mal son metier de journaliste, en n’etant pas impartiale par exemple, ou en favorisant la montee de l’extreme droite, je suis en droit de demander qu’on la vire. Je n’ai pas besoin de diplome de journaliste pour cela. C’est aussi cela la democratie. Je ne paye pas cette dame pour qu’elle s’autorise a penser qu’elle peut contribuer a cette propagande pseudo-nazy.
    Gongombre

  • gongombre
    janvier 18, 2010

    Il est tout de meme curieux que l’on parle d’identite nationale a la veille des elections regionales. Est ce que cela peut raisonablement aider a trouver une meilleure politique regionale ? De meme, il etait assez curieux de parler de la delinquance en France a la veille des elections presidentielles ? Etait ce la le principal probleme des francais. La droite n’en a-t-elle pas assez de stigmatiser les foules a des fins elctoralistes ? Je crois sincerement qu’il ne sert a rien d’argumenter. La demarche du gouvernement est claire, limpide. Le journaliste est justement la pour eviter ce genre de manipulations malsaines de l’electorat, de droite comme de gauche.

  • Léger
    janvier 18, 2010

    Je voudrais juste savoir si Monsieur de Carolis a écrit au président de la république quand celui-ci s’en est pris à Arlette Chabot à New York ?
    Le courage de Mr de Carolis serait donc à géométrie variable. A quelques mois du renouvellement de son hypothétique de son poste, le fait de monter ainsi au créneau face à l’opposition serait donc un gage donner au pouvoir. A mon avis c’est un mauvais calcul…

  • namasté
    janvier 19, 2010

    C’est le bal des hypocrites.
    Je vous renvoie à l’excellent article, Aphatie, Duhamel, et le mensonge de Peillon, de Daniel Schneidermann dans arrêt sur images.
    Tout es dit et encore une fois exccellent et Vincent Peillon a eu mille fois raison. Cordialement

  • anderea
    janvier 19, 2010

    P.D.Carolis est dans son rôle de PDG mais il doit demander à ses chaînes de ne pas mettre les candidats en difficultés de la sorte :ce n’est pas intérressant pour les spectateurs non plus et ce n’est pas vraiment démocratique..
    A force de vouloir manipuler on arrive à ce s dérives mon der PDCarolis
    je ne dis pas que Peillon a eu raison ou pas cest comme la burqa(pourquoi elle fleurit en ce moment ) il faut l’intelligeance de comprendre avant de condamner
    -la chaîne n’a qu’à mieux équilibrer ses invités ce n’est pas la 1ere fois qu’on constate la prise de parti pris pour un politique pour ne pas reparler de la séance avec F.Lefèvre que j’ai dû zapper vu il parasitait tout en bruit de fond sans qu’Arlette lui dise de se taire .
    Faut pas s’étonner !
    *droite extrême droit franchement il fallait s’y attendre et ces débats on a marre sur l’identité il y a des urgences sociales à traiter
    Il faut se rendre à l évidence que ces invitations ‘droite extrême droite ‘ sont du foutage d e G…
    -je n’ai rien contre Mr Besson mise à part son problème d ‘identité qui améne des dérives graves ..
    Le pays se construit avec des citoyens pas avec des identités .
    j’ai zapper moult fois parce que son discours, on l’a entendu partout pire que le copier coller du président.ça m’a permis de suivre un film et le débat sur la position des banquiers suisses vive le zapping..

  • ric
    janvier 19, 2010

    Débat qui sentait le traquenard pour Vincent Peillon. L’émission n’avait que pour seul but de réhabiliter M Eric Besson (photos d’enfance…)

  • ric
    janvier 19, 2010

    Débat qui sentait le traquenard pour Vincent Peillon. L’émission n’avait que pour seul but de réhabiliter M Eric Besson (photos d’enfance…)