Peillon, le vilain petit menteur…La chronique de Philippe Gavi


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On a vu un Clavel quitter le plateau, « messieurs les censeurs, bonsoir », le coup était prémédité, mais il était venu. Des sorties théâtrales de plateau, des esclandres, des refus de débat, il y en a eu beaucoup, mais la soupe au poireau et au cochon qui se dédie, jamais. Avec Vincent Peillon, l’inconduite devient exemplaire, et la mal politesse un symbole de vertu républicaine. Il y a une expression pour ça : donner le mauvais exemple.

Allez ensuite apprendre aux enfants à être polis, à arriver à l’heure, à ne pas mentir, à ne pas faire grève pour exiger la démission du prof, à ne pas envoyer de texto pendant la classe. 
Lui a envoyé à l’AFP un communiqué, que Arlette Chabot a lu en direct : il ne venait pas et exigeait la démission de la directrice de l’information et des dirigeants de France 2.. Le lendemain sur le plateau du Grand Journal, Vincent Peillon a admis, sans qu’il n’y trouve rien de choquant, que le jeudi matin, au téléphone, il avait réglé les détails de son intervention avec Arlette Chabot, alors même qu’il savait qu’il ne viendrait pas. Le ton avait été aimable. Ce qui a trotté dans la tête de l’eurodéputé socialiste est flagrant : je suis crâne, inventif, moderne, ah ils veulent du spectacle, je vais les moucher, les planter.

Splash. Le public n’a rien compris. Il a retenu que voilà un type chafouin, un sacré menteur, grossier, arrogant, manipulateur, cynique, méprisant qui a oublié la première règle de politesse en un bas monde où on apprend aux enfants que l’exactitude est la politesse des rois : on ne fait pas attendre le public ; ou alors il faut des motifs graves, Johnny par exemple. Eh oui, la politesse est non seulement une valeur républicaine, elle est aussi un  gage de civilisation.En plus le type est hargneux ; passons sur le couplet les journalistes sont serviles, aux ordres du maître, l’insulte est devenue banale, mais l’homme s’excite, parle d’indignité, de piège, de complot, de machination; c’est Sarkozy, il tient France 2, bon, il n’a pas nommé la direction de France 2, mais ça change rien.

Le public se dit que d’être invité en prime time n’est pas un drame, qui c’est ce zigoto politique qui  n’a rien d’autre à dire pour se faire entendre que de ne rien dire ? Et pourquoi ce serait la fin du monde, l’indignité absolue si Marine Le Pen débat avec Eric Besson. En quoi un débat serait-il indigne ? Le téléspectateur ordinaire n’aime pas être pris pour un simplet qu’il faudrait protéger de ses instincts racistes primaires. S’il était aussi influençable, pourquoi, sans qu’on ait eu à museler Le Pen, 77 % des Français disent-il aujourd’hui ne pas partager les idées du Front National ?
Décidemment, le type a l’air absent, il semble débloquer, parle de « coup », de « symbolique », dénonce la politique spectacle, il s’égare.

Y- a-t-il un virus qui traine? Ségolène Royal a-t-elle contaminé Vincent Peillon? S’inviter chez lui quand on n’en a pas été prié, en insultant son hôte pour ne pas vous avoir invité, est aussi malpoli que faire faux bond quand on est invité, sans prévenir ni s’excuser, en insultant son hôtesse pour vous avoir invité. Il y a d’autres symptômes de la maladie : les malheureux parlent à tout bout de champ de dignité et réclament la démission des responsables indignes. Le plus inquiétant, c’est que Vincent Peillon avait l’air d’un gentil garçon, pas d’un exalté. Philippe Gavi

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6 Comments
  • TOSELLO
    janvier 18, 2010

    Ce courant est autant celui de me ROYAL , depuis quand il lui faudrai une invitation ?M r peillon agit comme (un peillon , c’est à dire à nice celà veut dire  » petit poisson » !

  • bobocon
    janvier 18, 2010

    La violence de cette appréciation, au même titre que tous les commentaires des hommes et femmes de medias, est significative de l’affront commis par Vincent Peillon à l’encontre de tous les medias en ne respectant pas leur code de bonne conduite. Madame Chabot n’est pas une journaliste irréprochable, elle a souhaité regagner les faveurs du maître en organisant un débat qui ne s’imposait pas. La méthode est, il est vrai, critiquable; mais le résultat est là: ce débat a été plus minable encore que si M. Peillon avait respecté son engagement, et Madame Chabot ne s’y est -mais cela, ce n’est pas une surprise- pas grandie. Tout est donc bien qui finit bien.

  • jean Meyran
    janvier 18, 2010

    Mille fois d’accord avec le commentaire de « BOBOCON » : C’est la première fois depuis je ne sais combien d’année que la totalité de la corporation (parce que là, pour le coup, c’est du corporatisme) se retrouve unanime : C’est MAL de prendre un journaliste pour un con…

    Quelles que soient les (mauvaises) raisons de Peillon, son compte est bon, c’est un crime anti-media.
    Peu ou pas de réflexion sur le fond d’une émission construite pour réhabiliter ce pauvre Besson, rien sur le portrait hagiographique que Chabot nous a servi dans une pitoyable tentative de garder son poste…

    Si tous les métiers pouvaient avoir ce degré de solidarité, on en serait pas là…

    Bonjour chez vous
    @Jmeyran

  • anderea
    janvier 19, 2010

    tout à fait d’accord avec PH Calvi et ‘bobopascon and jean meyran’
    Besson est passé sur toutes chaines et radio une semaine avant pour se chauffer où les dérives des médias et fr2 au sujet des choix des intervenants ..
    je n’ai rien contre Mr Besson ni autre
    C’est assez insupportable ces insultes à l’ intelligeance faites aux spectateurs et lecteurs ;
    si on regarde les sujets Besson Peillon à l’ express , on constate que certains journalistes ici ne passent que les posts en faveur de l’un’Etonnant non!)

  • rob
    janvier 22, 2010

    Je suis tombé sur cet « article » par le biais d’un renvoi Internet du site du Post, et cette chronique est lamentable.
    Tout est dit dans les commentaires précédents sur le corporatisme évidemment dont son auteur fait preuve. J’ajoute que voir Monsieur Gavi affirmer, dans la vidéo de l’émission « la ligne jaune » que M. Peillon a insulté Mme Chabot avec la dernière des vulgarités, en lui prêtant des mots qu’il n’a pas prononcés (mais comme vous savez tout mieux que tout le monde, vous pouvez bien les lui attribuer) en dit long sur votre honnêteté intellectuelle, et votre légitimité à vous ériger en donneur de leçons.

  • Greg
    janvier 26, 2010

    Monsieur Philippe Gavi, vous n’avez rien compris.

    Je ne vous accuse pas de corporatisme, non plus de beau parleur que le rabachage vous rend pénible à entendre, encore moins de partisanisme primaire, pas plus de manque de rigueur (rigueur à vous entendre qui semble être votre principale qualité), mais de malhonnêteté.

    Vous mettez dans la bouche des autres, ce qu’ils n’ont pas exactement dit. C’est très pénible et discrédite complètement votre raisonnement qui pour le moins perd complètement de sa rigueur.

    Me permettez-vous de vous donner un conseil: Faites donc une chronique sur l’impolitesse des hommes politiques, je la lirai avec beaucoup d’attention.

    Mais je ne vous cache pas que j’eusse préféré que Monsieur Peillon intervienne en direct sur le plateau pour expliquer sa position, en explicitant par le menu détail que les débats de Madame Arlette Chabot sont tous pipés, et qu’en conséquence ……… Vous eussiez crié à quoi?