Canular: des soldats roumains sur des plages de Tahiti, mais pas en Haïti!

par 5commentaires No tags 0

La bourde de L’édition Spéciale (Canal +)
 

L’info était bidon et nombreux sont ceux qui ont allègrement plongé, à commencer par l’équipe de l’Edition spéciale, de Canal+, emmenée par Bruce Toussaint. Le 18 février dernier celui-ci a diffusé un reportage expliquant que la Roumanie avait envoyé par erreur à Tahiti un contingent de soldats destiné en vérité à intervenir sur le sol haïtien!
Avant d’atterrir sur les écrans de la chaîne cryptée française, la nouvelle a fait le tour du globe. Et inondé nombres de JT qui ont fait des gorges chaudes d’une information que nombre de médias du monde entier ont présenté comme avérée et on ne plus sérieuse. Officiels roumains à l’antenne, journaliste aguerri couvrant l’info sur le terrain, soldats roumains crapahutant sous les cocotiers tahitiens…rien n‘a été oublié.

Jusqu’à ce que le pot aux roses soit découvert et que ce canular, car s’en est un, déclenche l’hilarité générale et l’embarras des chaînes en question. C’est un blogueur roumain, Ionut Foltéa, travaillant pour le site Time.ro, (spécialisé dans les blagues potaches et les reportages bidon), qui est à l’origine de cette farce, qui voit des bidasses arpenter, entre des baigneurs, les plages de Tahiti.
Mais c’est dans les colonnes de Courrier Internationale que le récit de ce canular a atterri, avant d’attirer l’attention. Un article un peu trop vite lu à Canal+, où ce sujet tarte à la crème a été traité au premier degré. Avant que Bruce Toussaint ne s’en rende compte, amende honorable à l’appui. Et s’en amuse. Merci à lui .Enfin un sourire dans ce monde de brutes! 
 

0
5 Comments
  • Don Vega
    février 24, 2010

    A vouloir traîter l’info comme si c’était une grande plaisanterie, un loisir comme les autres, l’équipe de Bruce Toussaint, qui ne fait pas de l’information mais un magazine de la vie quotidienne, s’est ridiculisée sur ce coup. Vérifier ses sources, c’est le B.A BA du journalisme

  • ERIC
    février 24, 2010

    ah là là le REVEL est bien un journaleux de la rive gôche parisienne
    du moment que c’est CANAL + la chaine branchée de la gôche caviar ce n’est pas grave
    mais si REVEL c’est sérieux
    toute info manipulée doit être bannie du journalisme sérieux
    or tout le monde est au courant que cette chaine est partiale comme FRANCE INTER
    et le REVEL des beaux quartiers se marre
    bigre le journalisme impartial en FRANCE fout le camp et le REVEL est …………………..HILARE
    DDERISOIRE

  • Jerome Pellerin
    février 25, 2010

    Incroyable article de Renaud Revel. « Jusqu’à ce que le pot aux roses soit découvert » ? Le Monde, Libération et d’autres canards ont montré que tout était clair dans l’article de Courrier international utilisé par B. Toussaint, mais seulement à la fin de l’article.
    « Une simple visite du site satirique ne laisse place à aucun doute : le montage photo des militaires roumains à Tahiti est tout simplement loufoque. times.ro ne prétend pas être sérieux. Et cependant, de façon inexplicable, le canular a été aussitôt repris pour argent comptant par des « dizaines de journaux russes, lettons, hongrois et italiens », explique Mirel Bran, qui a interrogé l’auteur de cette farce, lui-même dépassé par l’ampleur du gag. » (http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2010-02-25/canal-bruce-toussaint-piege-par-un-canular-roumain/1253/0/427665)
    Autrement dit il fallait être paresseux ou avide d’un truc hénaurme pour ne pas voir que c’était un joke ! Renaud Revel nous la fait ici « copains et coquins ». Je ne sais pas très bien ce qu’est Bruce Toussaint : journaliste (trop d’approximations, trop d’opinions personnelles imposées au téléspectateur) ? Humoriste ? Animateur ?

  • Gustave
    février 26, 2010

    Recension de, Renaud Revel, « Les médias lavaient-ils plus blanc hier ? », 18 février 2010 15h03, immédias, http://blogs.lexpress.fr.
    Dans cet article, Renaud Revel s’interroge sur les récentes dérives des médias. Au cours de son investigation, il analyse « l’initiative » du CSA de « sanctionner désormais et de manière spectaculaire les chaînes de télévision prises en flagrant délit d’approximations » et d’erreurs. Il discute les raisons qu’invoque le CSA (internet et la course frénétique au scoop) et est «  naturellement en total désaccord  avec cette analyse ». Son argument : « […] la presse écrite ou audiovisuelle n’a pas attendu l’émergence d’Internet pour provoquer des embardées ». Il est finalement en accord avec le « le bon geste » du CSA qui saisit, « même tardivement, d’un problème aussi vieux que la cathode », même si les explications données aux dérapages ne sont, selon lui, pas les bonnes. Renaud Revel conclut finalement que les médias ne lavaient pas plus blanc hier.
    Rien donc de nouveau : « L’emprise que le champ journalistique et, à travers lui, la logique de marché, exercent [sur les autres champs], même les plus autonomes, n’a rien d’une nouveauté radicale : on pourrait sans peine composer, avec des textes empruntés à des écrivains du siècle dernier, un tableau tout à fait réaliste des effets les plus généraux qu’elle produit à l’intérieur de ces univers protégés. » (Pierre Bourdieu, « L’emprise du journalisme », Raisons d’agir, 1996, p. 80).
    On peut reprocher aux médias ce que Pierre Bourdieu dénonçait dans « L’emprise du journalisme » : le manque d’indépendance par rapport aux pouvoirs politiques et économiques, le manque de rigueur dans la vérification et le traitement des informations, la vie privée bafouée de certains individus. Il est autrement possible de déplorer qu’il n’existe pas de réel contre-pouvoir à ce « quatrième pouvoir », que ce dernier ne pratique que très rarement l’autocritique et reste sourd aux critiques extérieures, même justifiées, comme il ne reconnaît presque jamais les graves fautes dont il est l’origine.
    Les métiers de l’information sont nécessaires, mais on est en droit de se poser la question de leur bien-fondé lorsqu’ils manquent délibérément à leurs devoirs. Ce qui est triste est d’imaginer ce que les médias pourraient être en regard de ce qu’ils sont actuellement.
    Il est sans doute vrai d’affirmer qu’internet permet une circulation accrue des informations, notamment lorsqu’il s’agit des dérives du journalisme. Un plus grand nombre de personnes est touché, et l’effet de « masse », de « foule », de mouvement d’opinion que semble rendre possible internet joue un rôle dans la vie politique actuelle (il joue en quelque sorte le rôle d’un « constructeur » d’opinions).
    Arrêtons-nous sur cette notion de PERSONNE. Elle désigne l’homme en tant que sujet conscient et raisonnable, capable de distinguer le bien du mal, le vrai du faux, … C’est en ce sens que l’homme est le sujet de droits qui lui permettent de prendre des décisions qui engagent sa responsabilité.
    Or, on a peine à croire que cela soit aujourd’hui le cas.
    1. Il est clair que poser la question : a. « Sommes-nous capables de réellement percevoir ce qui est mal et ce qui est bien, ce qui est vrai, ce qui est faux ? » n’est pas sans intérêt. Cela revient à poser la question : « Savons-nous distinguer le vrai du faux, … ? » Deux interprétations possibles : b. Sommes-nous suffisamment « armés » pour le faire ? c. Nous laisse-t-on réellement le faire ? (les deux questions sont évidemment liées) d. Autrement dit, sommes-nous « libres » lorsque nous affirmons qu’une chose est bien ou mal, vraie ou fausse ?
    2. S’exprime tout de même aujourd’hui un « refus d’être dupe » : nous savons que les informations qui nous sont servies sont dans une large mesure de mauvaise qualité, de connivence avec les pouvoirs, que le pluralisme de l’information n’existe pas réellement, et nous savons que « d. » (voir plus haut) … Cette situation est peut-être plus préoccupante. Elle implique que l’acquisition d’un savoir n’entraine pas de réelles modifications de nos comportements.
    Les actions du CSA sont de celles qui n’ont que peu d’influence sur les comportements (des médias ; comme l’explique Renaud Revel : « les journaux sont soumis depuis des lustres à la règle du droit de réponse ou de la publication judiciaire », or il est clair qu’aucune modification sensible des attitudes et habitudes de la presse n’a été perceptible).
    Cet article est une énième preuve de la « servile » condition des journalistes : « Les questions liées à la déontologie ne datent donc pas d’hier et réduire les dérapages actuels du petit écran, qui restent finalement assez marginaux, à une course à l’info ne me paraît pas juste. Internet a bon dos ». On aimerait que Renaud Revel fixe plus précisément la « quantité autorisée de fautes », car, puisqu’elles restent « finalement assez marginales », est-il bien nécessaire de s’en préoccuper ? On aurait aimé que dans un article sur les dérives des médias Renaud Revel nous donne les clefs qui permettent de comprendre cette situation (« réduire les dérapages actuels […] à une course à l’info ne me paraît pas juste. Internet a bon dos »). Pas de maladie diagnostiquée. Par contre, le remède est connu («  Mais le CSA [a] le bon geste en se saisissant, même tardivement, d’un problème aussi vieux que la cathode »). En cela, la solution est inadaptée au problème puisque prévue « a posteriori ». Certes les dérives ne peuvent restées impunies, mais on se trompe si on pense qu’une « simple répression » modifiera les comportements. C’est un travail en amont qui est nécessaire.
    On aurait donc préféré que Renaud Revel se penche sur « l’emprise que les mécanismes d’un champ journalistique de plus en plus soumis aux exigences du marché […] exercent, d’abord sur les journalistes, [et ensuite sur les autres champs] » (Pierre Bourdieu, ibid., p. 80). En d’autres termes, de quel(s) dysfonctionnement(s) les dérives constatées sont-elles les symptômes ?
    Le problème est finalement que les informations soient plus « vraies », que leur véracité doit être vérifiée. Mais aussi, et surtout, que parallèlement à ce souci maniaque de précision se développe, chez les journalistes, une réelle volonté d’information, et donc de véracité, sur des sujets qui gagneraient à être traités. Seulement de cette manière peut prendre fin la captation de l’information et l’occultation de la vérité par une oligarchie de l’information. Bien évidemment, les journalistes ne sont pas les seuls responsables, ils répondent à une « censure invisible » qui dérivent des mécanismes du champ journalistique actuel. Ce champ étant grandement dépendant du champ économique, ce sont les interactions entre ces deux champs qu’il serait bon de (re)préciser. Ensuite, il faudrait se pencher sur la réelle volonté de changement des journalistes et de chacun d’entre nous. Il y en a qui sont évidemment plus responsables que les autres, et il faudra en tenir compte. Mais si l’on cherche les coupables, regardons avant tout dans un miroir.

    Article décevant, suivi de commentaires peu clairs et précis (KOST), non justifié (CLOIX), voire étranges (THIERRY).
    Quelques précisions sont-elles possibles ?

  • sitelle
    mars 2, 2010

    et ils en pensent quoi les 8 blaireaux ?

    http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Main-basse-sur-l-info/3044578.html