Démocratie : éthique, tic et toc. La chronique de Philippe Gavi.

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Le correspondant en chef  à Jérusalem du « New York Times » a un fils. Ce fils s’est  engagé dans l’armée israélienne. Le site Electronic Intifadata, y a vu une preuve « de plus » du « parti pris pro-israélien » d’Ethan Bronner. Ce qui n’avait pas semblé un problème en est devenu un. Le « public editor » a tranché. Il pouvait y avoir conflit d’intérêts et le journaliste devait être muté à un « bon poste ailleurs pour le temps que son fils serve dans l’armée israélienne ».
Le souci de crédibilité du prestigieux quotidien lui fait honneur. Un document fixant les règles d’un « journalisme éthique » répertorie d’ailleurs sur cinquante pages tous les cas de « conflit d’intérêts » imaginables, …ainsi que les « apparences de conflit ».

Et c’est là que ça se complique Le journal a-t-il  pris sa décision pour une raison éthique ou l’a t-il prise parce qu’il ne pouvait pas faire autrement, parce qu’il était sous pression des pro-palestiniens. Aucun au autre conflit dans le monde ne suscite vis-à-vis des médias et des journalistes autant d’accusations de connivence avec le camp adverse. Il est probable que le plus grand tord d’Ethan Bronner a été de faire bien son travail.
Des conflits d’intérêts, il y en a à éviter, bien sûr, mais attention à ce que la pression ne s’alimente pas sur un soupçon systémique. Or l’âge électronique est celui de la propagation du soupçon, des procès d’intention. A un débat  (pour «  Arrêts sur image)  sur le lapin que Vincent Peillon avait posé à Arlette Chabot, un journaliste explique qu’ « on » est en droit de se demander si le lendemain, sur le plateau du Grand Journal, l’agressivité d’Alain Duhamel à l’égard de Vincent Peillon n’était pas due à ses liens familiaux avec Patrick de Carolis._Et pourquoi donc ?_ C’est le beau-frère de Patrice de Carolis._Et alors ? Ce n’est pas digne, éthique de votre part de jeter le soupçon sur l’honorabilité de quelqu’un sur une telle base  Lui  réplique qu’il n’accuse personne, il donne un fait, parce que sur le net, on ne parle que de ça. et c’est une information en soi. Qu’il ne peut taire.  Nous étions cinq à débattre, et j’étais le seul à être indigné.

Il est une autre forme d’abus de démocratie, qui consiste à faire appel aux tribunaux pour n’importe quoi. C’est la présidente de Ni Putes ni soumises qui déclare vouloir porter plainte contre la liste NPA où figure la candidate voilée Ilham Moussaîd. Arborer un symbole religieux serait pour un élu contraire à l’obligation de neutralité et de réserve. Elle ne portera probablement pas plainte, se contentant de l’effet d’annonce ; il reste que son argument est aberrant du point de vue du droit.  Même incohérence lorsque, au motif que l’œuvre « porte atteinte à la neutralité du service public », le directeur de l’écoles des Beaux-Arts a fait retirer quatre bannières du fronton de l’école, où figuraient « travailler », « gagner », « moins », « plus ».Henri-Claude Cousseau a foutu en l’air sa carrière. Il a eu tout le monde sur le paletot, les éditorialistes, Aubry, Delanoe, les rieurs, le monde de la Culture (qui frétille au mot « censure »), et son ministre Frédéric Mitterrand, lequel lui a ordonné de remettre vite fait les bannières à leur place.
Quelle a été la première réaction de l’artiste, une chinoise, Kio  San Lu. Elle envisageait d’attaquer en justice l’Ecole, pour censure.  Si les artistes s’y mettent.
Il ne manque plus que les folles jeunesses ! Justement, elles-aussi. Les Jeunesses de l’UMP songent à porter plainte contre le maire socialiste d’Angoulême qui, furieux de trouver des photos de lui torse nu sur un site de l’opposition, a assimilé « une certaine jeunesse dorée de l’UMP » aux « Jeunesses hitlériennes »  Philippe Lavaud. a dit une connerie, est-ce que ça justifie d’en faire tout un ramdam ? Philippe Gavi
 

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1 Comment
  • Tommie Focht
    février 7, 2011

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