Scène élyséenne: Après Belmer, Fogiel ou Duhamel, c’est Roselmack qui agace Nicolas Sarkozy.

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C’est devenu presque un rite républicain, une tradition: chaque remise de décoration à l’Elysée, quand la presse y est largement représentée, voit Nicolas Sarkozy fondre sur un journaliste ou un patron de chaîne pour lui passer un savon. On ne compte presque plus les avoinées dispensés par le chef de l’Etat au fil de ces remises de médailles, qui sont devenues l’occasion de remettre les pendules à l’heure. Il y eut le patron de Canal+, Rodolphe Belmer, tancé sous les lambris de l’Elysée pour le ton de sa chaîne à son encontre. Il y eut Marc-Olivier Fogiel, rappelé à l’ordre pour avoir posé sur l’antenne d’Europe 1 une question, jugée maladroite, à Carla Bruni. Il y eut encore un échange au vitriol avec le numéro 2 de France Télévisions, Patrice Duhamel, étrillé devant témoins pour la qualité des programmes des chaînes publiques. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Le dernier épisode en date remonte au 9 février et concerne Harry Roselmack. Lors de la remise de la Légion d’Honneur à l’ancien ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, Nicolas Sarkozy s’est entretenu quelques instants avec le directeur de l’information de RTL Jacques Esnous : l’occasion d’un échange à propos de l’entretien accordé, quelques semaines plus tôt, à Harry Roselmack par Carla Bruni. Cet entretien avait vu le journaliste de TF1 et de RTL se faire reprendre de volée en direct par la première dame de France, après une question sur l’affaire Clearstream. Or, il avait fallu toute la diplomatie des dirigeants de RTL après l’émission, pour que les choses s’apaisent et que Carla Bruni oublie l’incident.

Or Nicolas Sarkozy tenait à revenir sur cet épisode. « Que venait faire cette question ici ? Carla a été surprise. Elle était venue parler du sida et on l’interroge sur Villepin», a expliqué le chef de l’Etat, sur un ton plutôt patelin pour une fois et sans acrimonies. Mais il fallait que les choses soient dites et elles l’ont été. Pour RTL, que j’ai interrogé ce matin, l’incident est clos et Harry Roselmack conserve le soutien entier de sa direction.  

Cet échange terminé, Nicolas Sarkozy s’est tourné vers un autre journaliste qui assistait à la scène, Jean-Jacques Bourdin de RMC. «Alors monsieur le président, quand est-ce que vous venez sur RMC?». Et Nicolas Sarkozy, qui a de la mémoire, de répondre, du tac au tac, à l’intéressé : «vous savez, l’independance d’un journaliste ne se joue pas en fonction du lieu où on interroge un politique », allusion faite aux propos récents du journaliste de RMC qui reprochait vertement à Jean-Pierre Elkabbach de « répondre aux convocations » du chef de l’Etat, ajoutant récemment face à JPE, sur le plateau du Grand Journal de Canal+, qu’il n’irait jamais à l’Elysée interroger Nicolas Sarkozy.
Ce dernier, qui semblait s’amuser de la démarche du journaliste de RMC, est d’ailleurs revenu sur son dernier passage sur TF1. «C’est parce qu’il y a beaucoup d’agressivité à mon égard de la part de certains journalistes que j’ai préféré ce dispositif original face à des français. Et la bonne audience de cette émission montre que je ne me suis pas trompé ». 
 

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