Frédéric Mitterrand à la présidence de France Télévisions? Sarkozy bat les cartes.

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C’est la dernière rumeur en vogue, la dernière idée agitée à l’Elysée où Nicolas Sarkozy, qui fait tourner les cartes comme dans une partie de Bonneteau, s’est dit: «Pourquoi pas?». Pourquoi pas Frédéric Mitterrand à la présidence de France Télévisions? Le ministre de la Culture et de la Communication, qui n’est pas au mieux au hit-parade du gouvernement, ferait-il un bon patron des chaînes publiques?.

Pourquoi pas, explique Nicolas Sarkozy qui aurait demandé à son cabinet de regarder si une telle nomination était juridiquement possible. Le cas s’était en effet posé avec l’ancien ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, nommé à la présidence de TV5, après que des juristes aient étudié la question et donné leur feu vert.

 

L’hypothèse Mitterrand vient s’ajouter à celle d’Alexandre Bompard, dont le nom revient également souvent. Au premier, la présidence de France Télévisions et au second, aujourd’hui patron d’Europe 1, la direction générale et les rênes opérationnelles du groupe? L’idée d’un attelage, d’un ticket constitué autour de ces deux hommes, n’est pas du tout écartée.

 

Mais si la présidence de France Télévisions constitue l’enjeu principale des semaines à venir, les deux directions, de l’information et des programmes, de cette maison suscitent des vocations.

 

Beaucoup de noms sont ainsi cités pour la direction de l’information qu’occupe aujourd’hui Arlette Chabot. David Pujadas et Paul Amar  ont un œil sur le poste, en interne. Tandis qu’en externe, deux hommes seraient susceptibles d’être nommés: le rédacteur en chef de RTL, Hervé Béroud, dont le nom circula pour le même poste à TF1, et le patron de l’info de BFM TV, transfuge de France Info. Patrick Roger.

 

Même chose du côté des programmes, l’autre poste clé à pourvoir. Là aussi, l’étau se resserre autour de quelques noms. Ceux de la productrice Simone Harari, de l’actuelle patronne de la programmation de M6, passée par France 2, Bibiane Godefroy. Ainsi que de Jean-Pierre Cottet, un producteur passé, lui ausi, par France Télévisions: de la direction des programmes de France 3 à celle de l’antenne de France 2, en passant par la direction générale de France 5. Il est aujourd’hui chez Lagardère.

 

Reste le calendrier. Nicolas Sarkozy veut aller vite et avancer dès la page des élections régionales refermée. Le chef de l’Etat ne veut pas laisser à l’équipe en place le soin de préparer la grille de rentrée de septembre. Mais c’est oublié un peu vite, la loi. Patrick de Carolis est élu jusqu’au 22 août. Et rien n’autorise Nicolas Sarkozy à renvoyer plus tôt que prévu ce dernier dans ses foyers. Sauf s’il y avait conflit ouvert avec ce dernier, ce qui n’est pas le cas.

 

Il y a donc fort à parier que l’Elysée va tenter de négocier avec l’équipe dirigeante en place, afin qu’elle accepte de libérer le terrain, d’ici à la fin juin. Quitte à faire cohabiter, quelques semaines durant, l’ancienne et la nouvelle équipe dirigeante. Une partie délicate, tant les cicatrices sont là. Tant les rancœurs sont fortes, les blessures nombreuses, du côté de la direction de France Télévisions: une maison, que Nicolas Sarkozy aura malmené durant de ces deux dernières années. Et le mot est faible.

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5 Comments
  • anderea
    mars 14, 2010

    pour te donner le moral regarde les dessins de CHimulus:http://info.france3.fr/elections/regionales-2010/chimulus-dessine-les-regionales-61743434.html

  • Olivier Da Lage
    mars 15, 2010

    C’est juste illégal. Dans le code pénal, cela s’appelle « prise illégale d’intérêt », dans la mesure où le ministre de la Culture a la tutelle sur France Télévisions. Il lui faut patienter deux ans avant de pouvoir travailler, fût-ce comme président.

  • Olivier Da Lage
    mars 15, 2010

    Article 432-13 du Code pénal

    Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 Euros d’amende le fait, par une personne ayant été chargée, en tant que fonctionnaire ou agent d’une administration publique, dans le cadre des fonctions qu’elle a effectivement exercées, soit d’assurer la surveillance ou le contrôle d’une entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec une entreprise privée ou de formuler un avis sur de tels contrats, soit de proposer directement à l’autorité compétente des décisions relatives à des opérations réalisées par une entreprise privée ou de formuler un avis sur de telles décisions, de prendre ou de recevoir une participation par travail, conseil ou capitaux dans l’une de ces entreprises avant l’expiration d’un délai de trois ans suivant la cessation de ces fonctions.

    Est punie des mêmes peines toute participation par travail, conseil ou capitaux dans une entreprise privée qui possède au moins 30 % de capital commun ou a conclu un contrat comportant une exclusivité de droit ou de fait avec l’une des entreprises mentionnées au premier alinéa.

    Pour l’application des deux premiers alinéas, est assimilée à une entreprise privée toute entreprise publique exerçant son activité dans un secteur concurrentiel et conformément aux règles du droit privé.

  • Bistokid
    mars 16, 2010

    Alexandre Bompard à la tête de France Télévisions ?Outre le fait que le personnage n’est jamais passé par l’entreprise publique ce qui peut constituer un handicap pour gouverner une maison qu’il faut connaître un minimum, les méthodes à la Gengis Kahn de Bompard risqueraient de passer très difficilement dans une entreprise déjà en pleine mutation…

  • Micro Espion
    mars 19, 2010

    Conversation entendue à l’Elysée :

    NS : « Bon, avec la dérouillée qu’on vient d’se prendre aux régionales, faut arrêter ces conneries d’ouverture à gauche. Guéant, on prépare un r’maniement pour virer tous les ministres qui sont pas des UMP purs et durs, et on nomme Balkany, Lefebvre et Longuet à leur place. »
    CG : « Monsieur le Président, qu’est-ce qu’on fait de Mitterrand ? Il est nommé depuis peu de temps, c’est délicat de le sortir comme ça… »
    NS : « Ouais, t’as raison. Faut commencer à faire courir le bruit qu’on lui cherche un point de chute, comme ça les gens y s’ront pas surpris quand on va le lourder. Tiens bin on a qu’à dire qu’on va l’nommer à France Télés, à la place de l’autre grand à particule qui fait rien qu’à m’emmerder ».
    CG : « Mais Monsieur le Président, c’est impossible, c’est illégal, c’est l’article 432-13 du Code Pénal ! »
    NS : « Je sais bien, Guéant, mais on s’en fout, c’qu’on veut c’est que les gens y commencent à se mettre en tête que le Mitterrand on lui cherche un nouveau job. Comme ça, personne s’ra surpris quand on va le nommer ambassadeur à Bangkok ou dircom adjoint de France Télécom. Bon, pour faire courir le bruit, faut trouver un journaliste qui va s’précipiter sur la rumeur, qui y connait rien en droit, qui vérifie pas ses sources et qui s’contente de r’copier bêtement c’qu’il entend dans les dîners… Z’avez une idée, Guéant? »
    CG : « Le portait robot est saisissant. Laissez-moi appeler Revel… »