Un dîner (presque) parfait.

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Sacré Mitterrand…L’initiative prise par le ministre de la Culture et de la Communication de réunir autour de lui, à dîner, quelques-unes unes des personnalités les plus en vue de l’audiovisuel privé, (une info publiée dans le Parisien), a jeté un froid polaire à France Télévisions. Les cadres dirigeants du groupe dirigé par Patrick de Carolis n’ont guère apprécié, en effet, que l’ancien locataire de la Villa Médicis à Rome déroule le tapis rouge à quelques-uns uns des principaux responsables de chaînes de télés et de radios du secteur privé, de Christopher Baldelli, (RTL)  à Rodolphe Belmer, (Canal+). Et qu’il « blackliste »  dans le même temps, ostensiblement, leurs collègues de l’audiovisuel public, absents de ces agapes.

Durant ce repas, qui n’avait d’autre intérêt que de faire savoir au petit milieu des médias parisiens que Frédéric Mitterrand ne compte pas pour du beurre à quelques mois de la fin de mandat de Patrick de Carolis, (ce en quoi, il se trompe lourdement), «Fred » a pris un malin plaisir à interroger ses convives. Sur la future présidence  de France Télévisions, d’abord _ «qui voyez-vous ? »_  et sur le casse-tête de la vente de la régie publicitaire de France Télés, ensuite _ «qu’en pensez-vous?»

L’écume des choses…On pourrait en effet arguer que tout cela n’est que détails, n’a pas grand intérêt et que Mitterrand invite qui il veut à sa table. Moi, j’ai un avis contraire : cela me choque. Je trouve en effet qu’il y a quelque chose de déplacé, de cavalier et d’insultant à convoquer un aréopage de professionnels d’un secteur appelé, entre la poire et le fromage, à juger leurs homologues du secteur d’en face, absents du débat. Je trouve d’ailleurs au passage curieux qu’aucun de ces convives n’en ait pas fait la remarque à Frédéric Mitterrand, bref, que personne ne se soit étonné que les dirigeants d’un groupe employant plus de 6000 personnes n’aient pas reçu un bristol.

En vérité ce fameux dîner avait pour seul objet l’officialisation  d’une information: la page Carolis est tournée. Après l’Elysée et Nicolas Sarkozy, c’est au ministre de la Culture de tirer un trait sur l’ancien producteur des Racines et des Ailes. Venu du Château, le message a fini par tomber en pluie fine sur la rue de Valois. Oyé, Oyé, qu’on se le dise, l’équipe dirigeante en place à France Télévisions n’est plus en cour, encalminée, carbonisée : on passe à autre chose. La preuve, moi Frédéric Mitterrand, je rassemble autour de moi quelques cardinaux du secteur privé conviés à une partie de ball-trap. Et j’engage même un concours de pronostics. Pas très élégant.

On aurait préféré entendre le ministre répondre lui-même aux questions. Que pense t-il du bilan de Patrick de Carolis ? Qui voit-il à sa place? Et quel avis  a t-il sur le dossier scandaleux de la cession de la régie publicitaire de France Télévisions ? Mais motus.
Il est assez consternant, en effet, que sur ce dernier point, Mitterrand n’ait pas un avis tranché, alors que publicitaires, producteurs et politiques, de tous bords, dénoncent, jour après jour, une opération qui voit le groupe Publicis et un producteur de poids et de renom, Stéphane Courbit, aux portes de France Télévisions Publicité. Un montage qui aux Etats-Unis n’aurait pas fait 10 mètres, en raison de règles anti-concurrentielles appliquées à la lettre.
 
Mais la France n’est pas l’Amérique. Voulue par Bercy et l’Elysée cette opération ubuesque, qui a du plomb dans l’aile, est parrainée en haut lieu. Et les images diffusées dimanche dernier sur Canal+ d’un Stéphane Courbit à la tribune d’un meeting de Nicolas Sarkozy, durant la campagne des présidentielles, ont du faire «tilt» rue de Valois, où Mitterrand ne dit mot…Préférant flinguer à distance l’ambulance Carolis. Cela ne mange pas de pain.  
 

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12 Comments
  • dédé
    mars 4, 2010

    Merci pour ces infos et la prise de position.

  • Dom
    mars 4, 2010

    Super, en somme c’est la télé privé qui est priée d’influencer les décisions du gouvernement au sujet de l’avenir de la télé publique ? Décidément, sous Sarkozy la fonction publique est archi-méprisée et le privé tire les ficelles…

  • morino
    mars 4, 2010

    Bravo pour votre analyse,mais comment encore s’étonner ,il suffisait de voir toutes les »tètes » présentes au pot offert par le nouvel élu au Fouquets le soir de soir de son élection,toute sa politique à été décidée à ce moment là.

  • clergeau
    mars 4, 2010

    est ce un problème
    ce monsieur,est d’une petitesse qui n’a d’égale que son inculture réelle
    ses voyages sont une honte à la france
    sa facon de venir se defendre sur une chaine a ete pathetique
    et c est cela qui veut représenter la france!!!!

    UN HOMME QUI N’A MEME PAS SU ALLER AUX OBSEQUES DE GORGES WILSON un nul quoi!!!

    laurent terzieff au secours
    saha pitoeff !j’en appelle a vos mannes

  • ADS
    mars 4, 2010

    desY a des « rois-présidents » comme ça : tous ceux qu’il touche deviennent des « sans-honneur », sans foi et s’amberlificotent, s’emmêlent dans une ambiguïté de mauvais aloi (ex: Kouchner, Mitterrand,…).

    Seul reste à la hauteur: Nicolas HULOT, mais comment fait-il pour résister?

  • Laurent
    mars 4, 2010

    Je suis amusé par votre avis (partagé par tous vos confrères) concernant les USA, l’exemple à suivre.

    Barack Obama a été élu au coeur de la plus grave crise économique depuis 1929. La finance est pour beaucoup la cause principale. Il choisit de nommer comme ministre de l’économie le directeur Geithner, le directeur du Nasdaq … Or si l’on en croit un article de la Tribune de Génève, il très lié à Goldman Sach …
    La liste des « anciens de la GS » qui frayent dans les allées du pouvoir de l’administration Obama est à rallonge. A commencer par Henry Paulson, ex président de la banque, devenu secrétaire au Trésor sous Bush. Depuis Mark Patterson, lobbyste de Goldman Sachs, est devenu chef de cabinet de Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor de Barack Obam..

    Les relais au gouvernement des agents de la Goldman Sachs semblent payer. La banque a multiplié par six son bénéfice net l’an dernier, soit 13,3 milliards de dollars.

    Avant d’être au cœur du scandale grec, la banque a contribué à la bulle spéculative des subprimes aux dépens des consommateurs. Le Congrès a ouvert une enquête sur la manière dont une partie des 183 milliards de dollars d’argent public dépensés pour sauver l’American International Group (AIG), a bénéficié à Goldman Sachs, principal client du plus gros assureur des États-Unis.

    Goldman Sachs a été la première bénéficiaire du renflouement, opéré vingt-quatre heures après que Thimothy Geithner et Henry Paulson eurent décidé de laisser couler la banque Lehman Brothers, qui était la principale concurrente de Goldman Sachs.

    Or, le sauvetage controversé d’AIG, on le doit à… Timothy Geithner, alors président de la Réserve fédérale de New-York. Goldman Sachs aurait empoché 12,9 milliards de dollars, sans que le Congrès en soit informé

  • lartines
    mars 4, 2010

    Comme c’est bizarre, vous avez dit bizarre. Non, c’est normal qu’il n’invite que des hommes. Il ne se sent pas l’aise avec des femmes. Dire que ces gens là décident pour nous. Quelle honte et pauvre France

  • VOYARD
    mars 4, 2010

    c’est purement et simplement scandaleux; il faut dire que notre cher Président Sarkozy a des « actions personnelles » à TF1…

  • lecoeur
    mars 4, 2010

    Je pense qu’il ferait mieux de préparer sa defense pour mise en examen pour tourisme sexuel. Cela me semble plus d’actualité pour son avenir proche!

  • JP41
    mars 5, 2010

    J’étais très étonné que dimanche dernier (jour de grande tempête) nous n’avions plus de chaînes privées mais que les chaînes de France Télévision qui fonctionnaient. Je fais donc le rapprochement avec ce qui est dit dans cet article et je trouve ça succulent… si seulement les chaînes publiques avaient le « pouvoir » de leur couper le sifflet à tous ces présomptueux !

  • anonyme
    mars 5, 2010

    Aux Etats-Unis, une ou des chaînes de télévision contrôlées par l’Etat, qu’il soit l’Etat fédéral ou un des 50 Etats, est impensable.

    On se demande bien ce que vient faire les USA dans cet article.

    Les USA est une démocratie, la France est une Monarchie républicaine. Ce que vous racontez, qui illustre à merveille la Monarchie républicaine, n’a rien à voir avec la démocratie.

    Au lieu de parler des USA, vous auriez mieux fait de raconter dans quelle circonstance de Carolis et Duhamel ont pris le pouvoir à France Télévision pour complaire à Jacques Chirac. C’aurait été plus approprié.

    En attendant, que les invités viennent de France Télévision, Canal +, M6, TF1, toutes ces chaînes feront leurs meilleures audiences avec des séries américaines, comme Mentalist, Portés disparus, NCIS, etc,

    Là, vous pourriez parler des américains, pour constater que les seuls producteurs indépendants de programmes audiovisuels, en France, sont les producteurs américains.

  • BEL Sylvia
    mars 7, 2010

    Beaucoup de bruit pour pas grand chose!!
    Le prochain quinquennat ne sera certainement pas mené par le président actuel.
    Bien faire et laisser dire, la « zenitude » est la meilleure conseillère, regardez donc ce que font et défont les hypergouvernants, que du vent!!