L’iPad : révolution ou/et marchandise. La chronique de Philippe Gavi

par 2commentaires 0

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Jamais produit commercial n’aura bénéficié d’une campagne de communication aussi énorme et gratuite. Le divin enfant s’appelle iPad, la nouvelle créature d’Apple  Tous les journaux en ont fait un événement planétaire. Confusion du rédactionnel et du publicitaire ? Non. L’iPad est un authentique événement à traiter comme tel. A chacun son style. « Libé », fidèle à ses gènes, a pris des distances stylistiques. Le quotidien a ironisé sur le « ijoujou », le « gadget chic d’Apple » débarquant d’Amérique, et fait pétiller les jeux de mots (« une machine pour ne pas se pommer »), sans oublier, mais en portion congrue, les concurrents.

L’iPad est-il encore un produit ? On ose à peine parler de « tablette » tant l’objet est magique, par les « applis ». La question s’est posée à Rennes vendredi dernier à un forum du think thank Pôle Images&Réseaux. Un senior des Télécoms a voulu tempérer l’enthousiasme des étudiants. La créativité, c’est primordial, mais, a-t-il dit, on est encore plus créatif quand le produit mérite d’exister, pas seulement parce qu’il se vend et se consomme. Lui a éprouvé une réelle fierté quand il s’est agi de relier les Français par le téléphone. Un iPad pour recevoir les derniers clips, l’enjeu est moins motivant. En outre, pourquoi idéaliser les nouveaux réseaux ? Le grégarisme étant la deuxième nature de l’homme, « tout le monde se bouscule aux mêmes portillons ». Un autre i nosaure se réclamant du baby booming, opposa la volonté de changer le monde du temps où il portait le brassard maoïste gaucho libertaire aux réponses individuelles et perspectives court termistes des jeunes générations. Pas d’accord, rétorqua u  i jeune, il ne voyait pas où était le mal à transformer ses hobbies en business ; les TIC (les nouvelles technologies de communication) formaient un tout, « le mouvement, plus les services ». Ne fussent pas les jeunes qui par leur mobilisation, ont fait élire Obama ! « Il faut repenser le concept de mouvement ; celui-ci est porté aujourd’hui par des communautés spontanées (les apéros géants par exemple) et non plus par des communautés de destin ».

La preuve, cette foule de jeunes américains qui se sont coupés les cheveux pour lutter contre la marée noire BP. Ils répondaient à l’i appel de l’association « Matter of Truth ». Les cheveux absorbent en effet le gras; 500 grammes de cheveux peuvent capturer 4 litres de pétrole. Plus de 120 tonnes de cheveux ont été récupérées dans les salons de coiffure de la Nouvelle Orléans, de New York, de Chicago…et fourrées dans des boudins en nylon, à larguer sur les cotes de la Louisiane…
Le i senior répliqua, avec l’ironie teintée de scepticisme propre aux baby boomers : « qui sait si ce n’est pas le syndicat des coiffeurs qui a répandu la rumeur !».
Alors, le iPad produit marchandise ou pas ? Ce qui est certain, c’est que les i machines, et les nouveaux réseaux sociaux, viennent percuter de plein fouet nos macrostructures et valeurs fondamentales : culture, édition, information, musique. Elles obligent à revoir les dispositifs, à investir les territoires numériques, au risque sinon pour les acteurs classiques du marché de voir s’assécher leurs ressources, captées par les nouveaux players.
La table est ouverte, ce n’est pas un diner de gala. Aucune loi, aucun commandement n’est gravé sur les i tablettes. Qui commande qui aujourd’hui?  PG
 

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2 Comments
  • hamoda ahmed
    février 8, 2013

    looooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooool

  • hamoda ahmed
    février 8, 2013

    looooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooolk