Carolis candidat a sa succession: une dernière pierre dans le jardin de l’Elysée.

par 8commentaires No tags 0


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En annonçant il y a quelques minutes sa candidature à sa propre reconduction, Patrick de Carolis prend tout le monde de court. Alors que chacun s’attend à voir Nicolas Sarkozy se prononcer sur le choix de la personnalité qui sera amenée à prendre les rênes de France Télévisions, le locataire des lieux décide de sortir sa dernière carte et lance à la cantonade devant un parterre de journalistes: J’y suis et j’y resterai bien !

Et voilà que le petit monde des médias s’emballe et se perd en exégèses. Carolis aura t-il reçu des assurances de l’Elysée pour oser une telle sortie? Le PDG de France Télévisions serait-il l’occasion pour le chef de l’Etat d’un ultime pied de nez, alors que le microcosme ne sait plus à quel saint se vouer. Qui ? Quand ? Comment ? Peut-il renommer celui qui n’aura eu de cesse de lui tenir la dragée haute?

Séduisante sur le papier, cette hypothèse pour le moins sophistiquée, défendue par quelques-uns au sein du gouvernement, à commencer par Jean-Louis Borloo, n’a à mon sens aucune chance d’aboutir. Pour plusieurs raisons. La première tient au chef de l’Etat. Les nominations de cette envergure sont trop rares dans la haute fonction publique pour ne pas être l’occasion d’un choix qui porte sa griffe. Très attaché à ce poste emblématique, Nicolas Sarkozy est par ailleurs décidé à installer à France Télévisions une équipe dont il aura fait au préalable le casting. Or ce matin, Patrick de Carolis, qui défend avec panache son bilan et ses 5 années de mandature, a expliqué que s’il venait à rempiler cela se ferait aux côtés de ceux qui l’ont accompagné durant ces 5 années. A commencer par son premier compagnon de route, Patrice Duhamel.

Or à  l’Elysée, c’est un tout autre son de cloche que l’on entend depuis des mois: c’est le chef de l‘Etat qui décide de la nouvelle organisation, qui pose ses conditions et qui choisit les hommes. Un Carolis nu, allant à Canossa, sans ses collaborateurs historiques, aurait eu une faible chance de toucher un nouveau ticket de 5 ans. Mais ce dernier n’a jamais varié en privé : il ne sacrifiera pas ceux qui l’ont soutenu lors de ce difficile quinquennat. Il ne lâchera jamais Patrice Duhamel, un homme que l’Elysée a en ligne de mire, en raison du peu d’empressement qu’il a manifesté à de nombreuses reprises face aux exigences et oukases du chef de l’Etat.
  
Dernier argument, l’horizon des présidentielles: Nicolas Sarkozy veut un PDG tenu bride courte. Un homme sur lequel il pourra s’appuyer le moment venu quand la campagne de 2012 démarrera. Et non, un patron capable de rapports de force, susceptible de le tenir à distance, comme le fit Carolis, à maintes reprises. Je l’ai raconté mille fois: ces dernières années ont été l’occasion de multiples accrochages entre Nicolas Sarkozy et le tandem dirigeant de France Télévisions. Il s’en est même fallu de très peu pour que les hommes en viennent à s’échanger des noms d’oiseaux, lors d’échanges plus vifs encore…Comment imaginer dans un tel contexte orageux et délétère que Sarkozy décide de récompenser celui qu’il rêve d’envoyer au diable?

En attendant, Carolis fait preuve d’habilité. Disposant d’une très bonne image dans l’opinion, l’ancien producteur de France 3 peut s’enorgueillir d‘un bilan honnête et d’une fin de mandat plus qu’honorable. Considérant qu’il n’est pas illégitime d’assumer pleinement ces 5 années passées à France Télés, l’homme prend date et rappelle à son actionnaire, obligé de justifier demain son non-renouvellement, que n’ayant pas démérité, il est là. Et bien là…

Je ne suis pas sûre que ce positionnement culotté soit du goût de tout le monde du côté du pouvoir et que ces propos d’estrade aient beaucoup plus au Château. Une bâtisse d’où pourrait sortir une fumée blanche en toute fin de semaine, (au lendemain ou le jour même du premier match de l’équipe de France de football, en Afrique du sud), avec à la clé le nom de celui que Nicolas Sarkozy aura enfin désigné.    

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8 Comments
  • tetu29
    juin 8, 2010

    Ce papier est… ? Juste minable. Il regorge de vérités et d’attendus éculés, maintes fois entendus. Quant à Carolis, il a tenu cette maison, de manière très honorable.

    « Dernier argument, l’horizon des présidentielles: Nicolas Sarkozy veut un PDG tenu bride courte. Un homme sur lequel il pourra s’appuyer le moment venu quand la campagne de 2012 démarrera. »
    C’est aussi sans compter sur les syndicats de FTV que d’oser une telle assertion.

    Allez, Renaud, le Pulitzer est en vue !

  • Corrector
    juin 8, 2010

    « …ces propos d’estrade aient beaucoup plus au Château »
    Hein?

  • jean Bonnet
    juin 8, 2010

    Carolis n’a aucune chance sous cette dictature de fait: n’en déplaise à quiconque!
    il ne fait pas partie des courtisans;c’est évident N.S?
    .voudra un président aux ordres,il se moque bien de l’Opinion

  • unouveaucompte
    juin 8, 2010

    Je ne suis pas sûre
    mdr

  • anderea
    juin 8, 2010

    yep yep yep il a raison …. je suis mdr quel panier de crabes

  • RONCHON63
    juin 9, 2010

    je crois me souvenir des doutes et des railleries qui ont accompagné Carolis lors de sa nomination à la Direction de France Télévision, comme nous l’avions déjà connu pour certains prédécesseurs !
    quel que soit le prochain désigné… on renouera avec le climat de méfiance et de dénigrement alors ….. Presse-Syndcats contre Elysée-CSA, c’est toujours le même match !

  • Martino
    juin 9, 2010

    Et si c’était finalement Michel Drucker ?

  • Conveyancing
    février 19, 2011

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