Pflimlin sur le boulevard du CSA

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Sur un rythme de moteur diesel, Rémy Pflimlin venait d’achever une roborative entrée en matière: une longue déclaration d’intention entendue mille fois dans la bouche de tous ceux qui ont brigué, avant lui, la présidence de Télévisions. Innovation, indépendance, création, diversité…il ne manquait pas un luminaire dans le beau catalogue d’engagements du candidat Pflimlin, qui n’aura pas fait la moindre embardée, lors de son passage hier devant le CSA.

 Puis vint Michel Boyon. Le président du CSA, que l’on n’attendait pas dans ce registre, posa d’entrée de jeu la question que l’on attendait, mais  pas forcément dans la bouche de celui-ci: les conditions de la nomination, par le chef de l’Etat, du PDG de France Télévisions et les critiques qui s’ensuivirent dans la presse. Cette question, dont on aurait souhaité qu’elle ouvre un vrai débat au sein des membres du CSA, fit un flop: Pflimlin dégagea en touche dans une pirouette et Boyon, qui aurait pu le relancer, après avoir fait le travail, s’effaça pour passer le relais à ses membres. Hop là…

Le reste de l’audition fut une conversation courtoise. Une promenade de santé pour celui auquel le CSA déroula le tapis rouge. Une formalité. C’est à se demander à quoi servent ces auditions, qui n’éclairent en rien le projet d’un homme auquel on ne pourra pas reprocher d’être: pour l’indépendance des rédactions, en faveur de la diversité, favorable au développement de la création française, contre la vulgarité, pour  le développement des identités régionales, d’accord avec le CSA sur une présence accrue de la musique, du théatre, du documentaire. Sans oublier la panacotta pour tous à la cantine de France Télés…

Certains membres  du CSA auraient même mérité une palme, hier. Ainsi de Michèle Reiser qui interrogea Pflimlin sur l’absence d’une émission littéraire en prime time, quand  France 5 en diffuse une chaque semaine! Ou de cette autre remarque, « oscarisée » elle aussi,  sur l’absence, là encore, de théatre vivant, alors que la veille au soir France 2 programmait « L’habilleur » de Laurent Terzieff. Passons…
  
On nous a assez bassiné sur l’importance que revêt cette nomination pour que cette audition soit autre chose que l’anesthésiant exercice auquel nous avons eu droit. L’absence totale de pertinence dans les questions posées et cet empilage de propos convenus, de part et d’autre, étaient attendus, mais j’espérai qu’à un moment donné, le débat s’élève et se muscle. Et que le sénateur Pflimlin brise l’armure. Il n’en fut rien.
 
Avec qui Pflimlin entend t-il gouverner dans ce monde de Bisounours qu’est France Télés, à l’entendre? On ne sait pas. Quelle structure de direction entend t-il mettre en place ? Mystère, on verra ! S’il faut que les journalistes se plient à de nouvelles règles déontologiques, à l’entendre, on aurait aimé savoir lesquelles: là aussi, rien. C’est à se demander si le CSA vit sous cloche, si ses membres lisent la presse et si le débat qui a entouré les conditions de la nomination de l’intéressé, au cœur de tous les commentaires, sont à ce point accessoire pour que l’on se borne à une conversation de salon et à un enfonçage de portes ouvertes.
 

Il faudra attendre les auditions devant les parlementaires du Sénat et de l’Assemblée pour que l’on aborde, peut-être, dans le détail, les vraies questions. Et que les citoyens que nous sommes aient un vrai débat sur les enjeux et les ressorts d’une télévision publique placée pour la première fois depuis 40 ans sous l’autorité directe du chef de l’Etat.  

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3 Comments
  • azise b
    juillet 11, 2010

    VISION D’ÉTAT
    Le problème c’est que le pouvoir actuel – le Président en tête, vient de privatiser pour lui seul, pour sa vision ( a ce qui paraît il en a une), la télé public. Il faut s’interroger pourquoi notre Président, car c’est son projet, son bébé, s’intéresse-t’il autant a la télé public? Je crois qu’il se prend pour un créatif et croit qu’il a le talent pour ça. Je n’oserais même pas pensé qu’il veuille verrouiller la télé pour se faire réélire. Non! Il veut faire quelque chose d’important dans son quinquennat! Il veut a travers Monsieur Pflimlin, créer! Notre Président a le syndrome non avoué de la création! Ceci, peut expliquer pourquoi, il s’est marié avec une chanteuse? Peut-être. Pour être plus sérieux, je dirais que la télévision public, souffre de ne pas avoir d’ émission de la sous culture. Quand je parle de la sous culture, je parle de cette culture qui se crée en France depuis plus de 20 ans et qui vient de partout. La sous culture soutient et nourrie la culture principale. La télévision aujourd’hui dans le service public est bien trop formaté par des agences décalés. Mixité, veut aussi dire, des projets nouveaux aux paroles multiples. Vous avez raison lorsque vous parler des régions, qui n’existent pas en tant que culture a la télévision. Moi par exemple je voudrais voir des films Bretons, Alsaciens ou du Sud Ouest. Mais que ces créations soient typiques. Mais la télévision actuel a tout nivelé vers le bas en formatant tout ce qui bouge. C’est justement de ça dont il faut sortir; le formatage de l’idée, le formatage, la réduction de la comparaison. Si Monsieur Pflimlin veut faire bouger les choses, il faut qu’il parie sur une vraie rupture de l’offre et arrêter le formatage. Prenons par exemple les séries de télévisions. Il y en a de bonne, mais leur construction dramaturgique sont toujours les mêmes? Il n’y a pas de création a ce niveau, alors que c’est là que ça doit commencer. L’innovation du récit est la clé pour un redémarrage créatif. Nous sommes encore perché par les pieds avec la tête lourde sur les trois acts qui constitue l’histoire alors que l’accélération du temps a fait que l’histoire d’aujourd’hui, raconté, englobe une multitude d’acte dans l’événement. Le formatage ce n’est pas que la structure narrative, c’est vrai, mais elle s’inscrit dans la répétition, qui nous statufies. Il faut que la télé bouge et elle doit bouger avec la sous culture qui ne demande qu’a vivre vraiment. Quand je parle de sous culture, je ne parle pas du  » vas’y  » Je parle de l’expérimentation et de la recherche et la télé public doit prendre ce risque, car elle en a les moyens. Alors, je viens de faire un beau rêve, mais je ne désespère pas que cela arrive un jour. C’est vrai qu’il y a un début dans la culture officiel avec le théâtre qui est revenu a la télé et autres. Mais a quand une pièce de théâtre a grande écoute bien trash!? Je rêve encore je crois. Vous avez raison lorsque vous parlez du CSA; entre nous on dirait une marque de ballet a chiottes, excusez moi. C’est vrai qu’ils devraient regardé la télé qu’ils représentent et c’est fâcheux pour un formaté d’être ignorant a ce point. Moi, je regarde souvent ART, car j’y trouve souvent des programmes recherchés; peut-être, grâce au faite que c’est une chaîne qui est en mixe culturel avec l’Allemagne. En tout les cas, c’est pour moi la meilleur chaîne du moment. On peut reprocher a Monsieur De  »Carolis » de ne pas avoir engager la mixité dans la chaîne. Bon espérons, que le new Président fera un peu mieux de ce côté là, même si j’en doute. Vive la sous culture, avec Andy Warhol et compagnie. Bien a vous.

  • azise b
    juillet 12, 2010

    PLUS BELLE LA VIE SANS ACCENT

    Je viens d’apprendre que Monsieur Pflimlin est a l’origine de la série populaire de  » Plus belle la vie  » sur FRA 3. Je dis ça, car c’est une série que ma grande soeur adore. Je me suis risqué a en regardé un morceau et je me suis aperçu que c’était une série qui se passait dans le Sud a Marseille et que tous les acteurs n’avaient aucun accent? Donc, j’ai demandé, comme certain producteur de film, voyant un film en noir et blanc alors qu’il devait être en couleur:  » Ou est passé la couleur?  » Et bien j’ai demandé a ma sœur  » ou est passé l’accent?  » Je n’ai rien contre cette série bien entendu, mais pour moi, c’est ce qui ne faut plus faire. Qu’est ce qu’il se passe? On a honte de l’accent du sud? On croit que les gens vont rigoler, vont trouver ça risible? Voilà, le problème de la télé. Elle gomme jusqu’au sang la différence, pour plaire au plus grand nombre. Il faut arrêter de vouloir plaire au plus grand nombre! Surtout que la télévision public n’a aucun enjeu financier a part gérer son budget d’état. Il faut cultiver les différences et c’est ça son devenir. Il faut peut-être délocaliser la télévision dans sa production, la décentraliser et tout les jours on aurait la vision, des programmes des régions produit par eux même. Ici, un film, fait par des provençaux, avec leur accent ect…France 3 l’a fait avec l’info, mais maintenant il faut passer au programmes culturel et de production. Voir enfin de la fiction de région. Il doit y avoir une quantité d’histoire qu’on ne connaît pas? Et puis qui connaît la France culturel? Si on regarde le cinéma que je connais un peu, et bien, c’est 95 % de films parisiens? J’enfonce encore des portes ouvertes, je sais. Il est bon quelque fois de le redire et de suivre la réflexion. Je parlais tout a l’heure, de sous culture. Et bien, nous y voilà. Le, les sous culture, comme  » les sous langues  » doivent revenir et se fixer au goût du jour. On parle de bien de terroir pour la nourriture et bien faisons la même chose pour la sous culture. Je ne dis pas que rien n’est fait bien entendu, je dis qu’il faut un plan pour labelliser , comme les produits de régions, banlieue comprise. Le théâtre a réussit sa décentralisation, mais pas la télévision et encore moins le cinéma. Bien entendu je ne parle pas de la décentralisation financière, mais bel et bien de son contenu artistique. Alors monsieur Pflimlin, l’enjeu est grandiose, passionnant; je rêve sans doute. La , les résistance plombent l’action dans ce pays et je ne sais d’où ça peut bien venir? Bien a vous.

  • Coquelicot
    juillet 28, 2010

    Patrick de Carolis a donc été écarté, il en avait pourtant donné des gages avec tous les amis du président invités dans tous les programmes du service public, un Eric Zemmour maintenu chez Ruquier et sur FranceO malgré ses dérapages, etc ..

    Carolis n’avait pourtant pas ménagé sa peine avec des Arthur, Séguéla ou Gilbert Montagné chouchoutés dans les programmes de FranceTV. Ce WE je regarde le programme de Mr Petitrenaud et je tombe sur qui ? Sur Mr Montagné et Mme qui font leurs courses de richards sous les yeux des caméras, qui passent d’un traiteur à un autre sans compter pour se faire plaisir et remplir leur cabat à ras bord de merveilleux mets …
    Il ne manquait que le valet pour porter les courses !

    Et l’embauche d’un Sabatier sur le service public pour une pâle copie de Pyramide bavarde et vide de jeu , là encore ça n’aura pas été assez ?
    J’adorais Pyramide, je déteste ce jeu avec cet animateur qui passe son temps à répéter sans cesse les règles du jeu comme si nous étions des abrutis finis.

    Attendons de voir ce que Mr Pflimflin va faire de FranceTV, il est celui qui a voulu Plus Belle La Vie sur France3, voilà qui ne présage rien de bon, Hélène et les Garçons pour les vieux avec des scérars à pisser de rire, ça fait peur .. LOL

    On verra bien, bonne chance à lui quand même.

    Qu’il garde au moins Frédéric Taddeï et son émission Ce soir au Jamais, pour moi c’était la meilleure émission du PAF quand elle n’avait pas encore été écourtée avec l’arrêt de la pub sur le service public. Depuis elle est aussi squattée par les amis du président , pas étonnant, ils ont tous rappliqué quand ce programme s’est retrouvé diffusé plus tôt dans la soirée… Hélas !