Chabot sur le départ: silence on vire!

par 10commentaires No tags 0

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C’est un rituel, aussi cruel qu’indécent. Chaque changement de PDG dans l’audiovisuel public s’accompagne, inévitablement, d’une valse des têtes à la direction de l’information. Une coutume, un réflexe, détestable qui ne fait qu’entretenir le climat de suspicion et de reprise en main. Car personne ne se pose la seule question qui vaut aujourd’hui : Arlette Chabot, dont la tête roule dèjà dans la sciure, avant même que Rémy Pflimlin ait pris officiellement ses fonctions, a t-elle démérité? Question idiote, je sais, car là n’est pas le problème : ces mouvements de tourniquet dans la télévision publique procèdent de décisions qui n’ont  rien à voir avec le talent ou la compétence. Or Arlette Chabot, indésirable à ce poste pour  l’Elysée et son locataire, qui n’a pas une grande sympathie pour l’intéressée, va devoir laisser sa place.

Le tout dans un silence de plomb. D’ordinaire si prompts à défendre leur indépendance et leur éthique, les journalistes de France 2 et de France 3 semblent parfaitement s’accommoder de cette pratique républicaine qui veut que le chef de l’Etat suggère, invite, propose, envisage, incite, estime, bref….décide de celui ou celle qui occupera demain le poste: le PDG de France Télévisions propose, (et encore…), le président dispose. C’est ainsi qu’il n’est pas un patron de l’info à France Télévisions qui n’ait été nommé, depuis bientôt 20 ans, à tout le moins sans le feu vert de l’Elysée. Cette vieille pratique héritée de l’ORTF a traversé les décennies sans qu’aucune majorité, qu’elle soit de gauche ou de droite, ne trouve à redire. La presse, qui ne s’en offusque pas, tient ainsi, depuis quelques jours, la liste des pressentis : d’Olivier Mazerolle à Hervé Brusini, en passant par Patrick Roger.

Dans une toute autre télévision, qui ne soit pas de service public, on regarderait l’audience des journaux, de 13h ou de 20h, et leurs qualités, avant de s’interroger sur le sort du patron de l’info. Même si le départ de TF1 de Robert Namias, débarqué par Nonce Paolini de la direction de l’information de la chaîne, n’était pas dénuée d’arrières-pensées polittiques…Loin s’en faut. .

Dans un quotidien ou un hebdomadaire, tout repreneur se pencherait, d’abord, sur l’état des ventes et des comptes de ces organes de presse, avant d’envisager de changer de directeur de la rédaction. Ces réflexes normaux n’appartiennent pas à la télévision publique. Qu‘importe si le journal de 20 heures de France 2 ne cesse de réduire l’écart qui le sépare de celui de TF1, que Davis Pujadas, Elise Lucet et Laurent Delahousse, soient considérés comme d’excellents journalistes et que les magazines d’info de la chaîne, dont Envoyé spécial, soient régulièrement enrubannés de prix, Chabot doit sauter! Malgré son bilan et son parcours.

On en revient au propos précédent : l’abscence de maturité de notre démocratie télévisuelle mène à ces abérations qui voient des entreprises d’information accepter, à l’heure d’Internet et de la mondialisation, d’être traitées comme de vulguaires administrations dépendant de l’Etat. Chabot que Nicolas Sarkozy avait admonesté, en marge d’une interview, lors d’un voyage à New York, peut aujourd’hui produire le plus rutilant des carnets de note, tout cela vaut tripette. Par ici la sortie !  
 

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10 Comments
  • Gilbert
    juillet 7, 2010

    Ce n’est pas une question de reprise en main concernant Arlette Chabot. Rlle était déjà bien prise en main. Quand on la voit claquer la bise aux représentants de l’UMP comme elle le fait à la fin de ses faux débats, on a compris. Je dis faux débats parce que dans ce genre d’échanges, le scénario est écrit à l’avance. Les grandes gueules du pouoir peuvent s’étendre, les petitys, les syndicalistes, les gens de peu ont droit à un bout de phrase. Et encore, quand les « gros » n’ont pas monopolisé la parole.
    Arlette Chabot c’est le pire exemple pour les écoles de journalisme.

  • Belteg
    juillet 7, 2010

    D’accord avec le fond de l’article.
    Sauf que A. Chabot n’est pas le bon exemple.

    Elle est peut-être « indésirable à ce poste pour l’Élysée et son locataire » qui veut tout régenter, mais ce n’est pas faute d’avoir tout fait pour être dans ses petits papiers.

    Et ce genre de situation durera tant que le cordon ne sera pas coupé entre l’audiovisuel public et le pouvoir politique.

  • Air One
    juillet 8, 2010

    Bon débarras !

    Comment la regretter après la tartufferie organisée pour Peillon et sa mise au pilori après qu’ il ait dénoncé cette farce. Que la télévision manque de maturité ce n’ est pas nouveau, la vraie info et bonne nouvelle est qu’ elle est en train de couler, les laquais de l’ Elysée avec.

    Seul Taddeï, que Mr Revel n’ apprécie pas pour avoir donné la parole à Bigard, Dieudo ou kassovitz , boycottés partout, manquera dans le paysage.

    Tous les autres sont des pitres…

    Adios Chabot, laquais suivant !

  • CMAT
    juillet 8, 2010

    Finalement si la 2 proposait souvent des émissions d’ un autre niveau que TF1, on voit bien que l’ exécutif souhaite que le bon peuple soit maintenu dans la rubrique « des faits divers et des chiens écrasés » au moins ça ne dérange pas !

  • feder91
    juillet 8, 2010

    Je n’ose même pas imaginer le niveau de soumission au pouvoir qu’aura son successeur…

  • germaine
    juillet 8, 2010

    Je ne l’appréciais pas donc je ne vais pas la regretter sa façon de débattre avec les invités m’étais désagréable son parlé aussi son manque de modestie elle me donnait souvent l’impression d’être suffisante je ne l’ai jamais considéré comme une journaliste intègre mais toutes ces raisons ne font pas que je désire qu’elle soit « virée » je ne me fais pas de souci cependant pour ces indemnités!!!

  • phiconvers
    juillet 9, 2010

    Pourquoi « vulgaires administrations » ?
    France télévisions est une entreprise publique et il es normal que l’actionnaire exclusif ait droit au chapitre. Ce qui l’est moins, c’est que ce soit le Président seul ou à peu près qui décide, sans intervention de sa « vulgaire administration », souvent plus sage que le maître…

  • azise b
    juillet 12, 2010

    CHAT BOTTÉ NE CRAINT PAS  »L’EAU PROBE »

    Je suis souvent d’accord avec vous monsieur Revel et je crois que ça va continuer.
    J’adore le nom Chabot, moi qui aime les chats et en plus son prénom, Arlette était celui de ma tante. Alors je n’avais pas grand mal a l’adopter dans mon imaginaire sentimental. Ce que j’aime chez madame Chabot, c’est cette mélancolie, mélange a la fois de naïveté, amusée quand elle regardait un politique. Ça rendait fou monsieur Mélanchon par exemple; mais, ne Mélanchon pas tout. Je n’ai pas aimé non plus, un soir d’élection, ou elle était entouré d’hommes politiques, bruyant et ennuyeux pas possible qui se plaignaient de ne pas être entendu, comme des dépressifs a la recherche d’ antidépresseurs, Bleu Blanc Rouge, croyant que c’était elle qui avait la boite.
    Arlette, héroïque, comme la belle plantureuse anglaise, entouré de hussard Républicain ivre cherchant l’équilibre, se battant afin de s’asseoir sur un fauteuil Louis 15 pour lui plaire.
    Alors changeons tout de suite de République et finissons en avec la fausse Monarchie Républicaine. Le pouvoir au parlement, proportionnel, et tout et tout. Gardons le Président comme touriste et je suis prêt a payer pour lui faire faire un stage afin qu’il sucre bien les fraises; on évitera comme ça quelque incident dans les cocktails.
    On se demande pourquoi on a une société qui marche sur la tête; et bien a force de virer tout ceux qui ont de l’expérience et qui visiblement gênent, c’est pas étonnant! Et puis qu’est ce que c’est cette manie de mettre un tel là, l’autre ici etc!? Le fils de machin là, la tante de truc, le beau fils, le petit neveu! Bon, s’il a du talent, chacun veut aider quelqu’un de sa famille. Mais, ça n’empêche que c’est pas bon du tout, car ça forme des clans, des familles, des mafias et là après pour dénouer tout ça, c’est pas coton! Alors, c’est pire quand il y a la crise, car même les miettes resté sur la table ne sont plus accessibles et il y a un cordon de CRS pour veiller aux grains. Moi, je l’aimais bien Arlette, elle va me manquer, surtout que le Président de la République sera encore là deux ans; RRrrrrr!!
    Bon, respectons les institutions oui mais, quand on vire, quand on expulse, quand on dit  » casses toi pauvre con  » ou  » fais pas le malin » ou  » les coupables vont bientôt passer en justice » Arrêtons les frais.
    Mais, j’ai une bonne nouvelle pour Arlette Chabot. Elle est viré par une boutique un peu petite, usé, pour elle, peut-être. Mais comme disait un certain Picasso  » Il faut du temps pour être jeune  » Et bien,quelle saisisse cette chance, pour un new départ avec une jeunesse qui l’attend, ça ne fait aucun doute. Bien a vous.

  • Zwartepiet
    août 5, 2010

    Depuis Bruxelles (Belgique), moi aussi, je regrette déjà Arlette Chabot –l’antithèse de la dumb blonde! Ha! Pauvre Arlette… trop pro(fessionnelle). Sa seule erreur fut sans doute de ne pas s’être mariée à un ministre –souvenez-vous:

    Anne Saint-Clair (7 sur 7, TF1), épouse de DSK;
    Christine Okrent, épouse du ministre B. Kouchner;
    Béatrice Schoenberg, épouse du ministre Jean-Louis Borloo.

    Lançons un appel aux ministres célibataires!

  • Diamond Ostroff
    février 8, 2011

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