L'affaire France Télévisions vire au vaudeville

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Cela devait être la fin de l’hypocrisie et de l’opacité, l’avènement d’une nouvelle ère faite de transparence et de logique. Et c’est le règne des combinazione et des manœuvres d’appareils et de couloirs, des querelles de conseillers et du retour en force des visiteurs du soir…Jamais nomination d’un PDG de chaîne n’avait été à ce point compliquée, tordue et cafouilleuse: la réforme voulue par Nicolas Sarkozy d’une nomination du patron de France Télévisions par le chef de l‘Etat vire ainsi au burlesque, se transforme en vaudeville et jete un climat de suspicion sur l’ensemble de cette affaire.

Car quel imbroglio ! Cela devait être Alexandre Bompard, ( Europe 1),  défendu par Alain Minc et Etienne Mougeotte, cela aurait pu être Patrick de Carolis lui-même, qui en a rêvé jusqu’à une période récente, car longtemps soutenu par Claude Guéant. Et ce sera, sans doute, un troisième larron, Rémy Pfimlin, une personnalité épaulée par ce même Guéant et un homme qui est  désormais dans les petits papiers du chef de l’Etat.

Tout y est dans cette pièce qu’aurait pu signer Courteline : Un PDG abandonné, Carolis, à qui le Château n’a même pas daigné passer, à ce jour, le moindre coup de fil ; un jeune quadra promis à un brillant avenir, Bompard, réduit à défaire ses valises et à remettre un peu d’ordre au sein de la station, alors qu’il s’apprêtait à s’installer dans le fauteuil du premier cité et que son départ  incitait certains à Europe 1, comme chez Lagardère, à fomenter des coups d’état;
Quelques éminences grises, aussi, au premier rang desquelles Alain Minc, qui tentent toujours de retourner, s’il est encore temps, le chef de l’Etat.
 

Et un papabile, enfin, pas encore officiellement désigné, Pfimlin, qui était hier à l’Elysée où Nicolas Sarkozy lui a donné les premiers éléments de sa  feuille de route.

Ce beau feuilleton se déroule dans un climat de joie et de sérénité. Portes qui claquent, coups de sangs, manœuvres diverses, tout va bien. Nicolas Sarkozy a commencé par piquer une grosse colère contre l’AFP, suite à une dépêche qui disait que c’était des rangs de  l’UMP que venait l’information selon laquelle Pfimlin était l’élu du chef de l’Etat. Bien qu’exacte, cette info a obligé l’Elysée à rectifier dans un démenti : laisser dire que le parti de la majorité est associé à ce processus de désignation fait en effet un peu désordre…

L’autre source d’énervement vient de Pfimlin lui-même. L’hypothèse de sa nomination met la pagaille et attise les tensions entre les soutiens d’Alexandre Bompard, (Minc, Mougeotte, Copé…), qui n’en démordent pas et Claude Guéant qui prend sa revanche en jouant les Mazarin dans cette affaire. Avocat de longue date d’une solution autre que celle de Bompard, qu’il juge trop jeune, trop impétueux et trop connoté UMP, (ce qui totalement réducteur quand on observe le parcours professionnel de l’intéressé), Guéant a convaincu Nicolas Sarkozy, qui avait fait du patron d’Europe 1 son favori, de lui préférer un profil plus classique, qui ne fasse pas de vagues.

Le chef de l’Etat ira t-il au bout de cette logique? Oui dans la mesure où le temps presse et que le cirque a sans doute assez duré. Non, s’il lui prend de renverser à nouveau les tables et de faire le choix du cœur. Une dernière réunion devrait se tenir ce week-end en présence de quelques laissés pour compte, dont Frédéric Mitterrand, absent de ce dossier. Et le CSA, chargé d’auditionner le candidat de Nicolas Sarkozy,  devrait entrer dans la danse dès la semaine prochaine.

Reste une inconnue dans la forte hypothèse Pfimlin: l’identité du futur patron des programmes de France Télévisions. Tout porte à croire que ce sera le producteur Jean-Pierre Cottet, un nom qui traîne de longue date à l’Elysée. Interrogé hier par Le Monde,, Rémy Pfimlin a indiqué qu’il avait pour habitude de choisir les hommes avec lesquels il entend faire équipe. Certes. Je ne suis pas sûre que Nicolas Sarkozy l’entende de cette oreille et que Rémy Pfimlin ait tout à fait compris comment cela se passe désormais du côté de l’Elysée
 

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1 Comment
  • Maître Capelo
    juillet 1, 2010

    La bonne nouvelle si Pflimlin est nommé ? C’est un mandat de 5 ans, donc Renaud Revel aura 5 longues années pour apprendre à écrire son nom : PFLIMLIN !!!