L'état de grâce avant les grandes manoeuvres.

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Réactions positives à droite, concerts de louanges à gauche et neutralité bienveillante des syndicats de l’audiovisuel public: l’opération Pflimlin est un franc succès pour l’Elysée. C’était le but recherché et il est largement atteint. En plein cafouillage politique, le désormais ancien patron de Prestaliss aura joué un rôle précieux de paratonnerre pour Nicolas Sarkozy qui est parvenu à étouffer dans l’œuf  les critiques.

Une équipe chasse l’autre : en passant la main, Patrick de Carolis, qu’ont immédiatement lâché les responsables des unités de programme de France Télévisions pour tourner casaque, va gérer les affaires courantes jusqu’à la mi-août, date effective de sa fin de mandat. D’ici là, le nouvel arrivant va composer son équipe, en liaison avec l’Elysée, où Claude Guéant et Nicolas Sarkozy entendent être consultés. Si pour le poste de directeur de l’information du groupe reviennent les noms de l’éditorialiste de BFM TV, Olivier Mazerolle et de Patrick Roger, directeur de la rédaction de cette même chaîne, Thierry Thuillier pourrait débarquer en provenance d’I>Télé, à la direction de la rédaction de France 2. A moins que David Pujadas parvienne à s’imposer…

Mais c’est du côté des programmes que la bataille bât son plein. Stratégique, le poste fait l’objet d’intenses discussions et Nicolas Sarkozy entend bien peser sur la décision : furieux d’avoir été souvent tenu à distance par le tandem dirigeant précédent, il veut une équipe avec laquelle le courant et les projets passeront. Le producteur et ancien cadre dirigeant du groupe Lagardère, Jean-Pierre Cottet, (photo), reste le plus fréquemment cité pour le poste, en raison de son parcours et de sa longue expérience du milieu.

Mais ses liens anciens avec le groupe d’Arnaud Lagardère, dont Rémy Pflimlin est également originaire, à travers la société de distribution Prestaliss, qu’il dirigeait jusqu’à aujourd’hui, risquent de poser un problème. D’autres producteurs influents de la place,  dont l’ancien patron d’Endemol France et dirigeant de Betclic, Stéphane Courbit, font également passer des messages. C’es ainsi que France Télévisions ressemble à un gouvernement en formation: chaque maroquin est âprement disputé. Mais si par le passé, les PDG de France Télés, disposaient d’une marge de manœuvre importante, parce que désignés par le CSA, leur nomination par le chef de l’Etat modifie aujourd’hui grandement la donne et inverse les rapports de force.
 

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3 Comments
  • chris
    juillet 5, 2010

    …. »l’opération Pflimlin est un franc succès pour l’Elysée. C’était le but recherché et il est largement atteint. »….

    Voila le meilleur du journalisme. Du recul, de l’analyse.

  • Jules
    juillet 5, 2010

    « concerts de louanges à gauche »

    Vous parvenez à dire l’inverse de ce que dise les communiqués du PS ou de personnalités de gauche. Fortiche!


  • juillet 5, 2010

    « Jean-Pierre Cottet reste le plus fréquemment cité pour le poste, en raison de son parcours et de sa longue expérience du milieu. »

    « Vous avez le même problème qu’Alexandre (Bompard): votre âge, (Minc) a-t-il crûment asséné à M. Cottet. Mais le sien est un problème moins crucial : il lui suffit d’attendre. » Le Monde, 05/07/10

    Alors que Takis Candilis est plus jeune et fera la joie des producteurs.