Rocard préface Postman et étrille le petit écran.

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«Nul besoin de tyran, ni de grilles, ni de ministre de la Vérité. Quand une population devient folle de fadaises, quand la vie culturelle prend la forme d’une ronde perpétuelle de divertissements, quand les conversations publiques sérieuses deviennent des sortes de babillages, quand, en bref, un peuple devient un auditoire et les affaires publiques un vaudeville, la nation court un grand risque : la mort de la culture la menace ».

Ces quelques lignes sont extraites d’un ouvrage magistral _ Se distraire à en mourir_ publié sous la plume de Neil Postman en 1985, livre que viennent de rééditer les éditions Nova, le tout préfacé par…Michel Rocard.

En quoi la télévision, « monstrueuse entreprise de décervèlement », façonne t-elle les esprits, jusqu’à lobotomiser les individus? En quoi le petit écran réduit-il le monde et ses enjeux à un immense programme de télé réalité? En quoi la classe politique finit-elle par épouser les travers et les tics d’une société médiatique où tout n’est que spectacle et mise en scène? «Disparition du temps long, abolition de la complexité, transformation de tout débat en conflit…», Michel Rocard se veut d’une grande sévérité à l’égard d’une télévision qui manquerait à tous ses devoirs et missions. L’ancien Premier ministre se livre ainsi à une charge sans concession au fil des quelques pages qui ouvrent ce livre référence de Postman, un pamphlet qui fit grand bruit lors de sa parution, il y a 25 ans, et dont les principaux ressorts n’ont non seulement pas pris une ride, mais restent farouchement d’actualité.

Se distraire à en mourir, de Neil Postman. Préface de Michel Rocard. 250 pages. Editions Nova. 

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4 Comments
  • footile
    septembre 24, 2010

    Je souscris entièrement à l’analyse proposée.
    Cependant, il ne suffit pas de faire le bilan des problèmes qui se posent, il faut faire des propositions pour les résoudre.
    Pourquoi n’y a-t-il plus aucune émission culturelle à la télévision ?
    Pourquoi les journaux télévisés font du populisme permanent et ne prennent jamais le temps d’analyser les informations.
    Les émissions de « débat » sont plutôt un moyen pour certains de faire parler d’eux mais en aucun cas des moments d’explications et de décryptages ; les plateaux pléthoriques sont là pour éviter de parler sérieusement.
    La radio ne fait pas mieux et s’enfonce dans la médiocrité chaque jour davantage.
    Les journalistes ne font plus leur métier de journalistes mais deviennent des « vendeurs de dépêches » non vérifiées suffisamment et non analysées sérieusement ; tout cela pour aller vite.
    C’est désespérant.

  • CaMeGratte
    septembre 25, 2010

    Michel Rocard, c’est bien le meme qui explique a l’université d’ete du grand patronat que les nations sont devenues une nuisance et que la gouvernance doit revenir a une entité globable supra nationale dirigée par les grands groupes multinationaux, cela meme qui possedent les chaines de televisions.
    Je sais que ca fait conspirationniste/new world order, mais je vous invite a regarder ceci http://www.dailymotion.com/video/xepq6z_rocard-a-luniversite-du-medef_news

  • azise b
    septembre 26, 2010

    Bravo camegratte, c’est en effet le double langage dans la pure tradition et en plus, il dit qu’il faut que les patrons deviennent des politiques référents comme substitue aux corps institutionnels qui pour lui ne peuvent que produire de la nuisance? Ouf! Il fallait le voir pour le croire.Je crois que monsieur Rocard a perdu pied et ne comprend plus notre époque; bon dieu.

  • Ignatius Fogg
    novembre 7, 2010

    Cet extrait de l’intervention de Michel Rocard ne dure que 1 minute 38s. J’imagine que son exposé était autrement plus long et que le choix de cet extrait n’est pas innocent. Ca sent le saucissonage mal-veillant. Si quelqu’un à l’intégralité de son discours, je suis preneur.

    «Disparition du temps long, abolition de la complexité, transformation de tout débat en conflit…», Michel Rocard se veut d’une grande sévérité à l’égard d’une télévision qui manquerait à tous ses devoirs et missions.

    Si on fait la même chose sur Internet, on sera bien avancés!