Débat au sommet: pour Berlusconi, les journalistes italiens "ne sont pas pédophiles"

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Les propos hallucinants tenus par Nicolas Sarkozy au sommet de l‘Otan, reproduits hier  sous la forme d’une vidéo publiée sur le site de Libération ont inspiré un autre artiste en la matière : Silvio Bverlusconi. Le chef du gouvernement italien  a affirmé à des journalistes italiens avoir « l’intime conviction » qu’ils n’étaient « pas pédophiles », dans une claire allusion à l’emportement récent du chef de l’Etat vis-à-vis de la presse.
 
« J’ai l’intime conviction qu’aucun de vous n’est pédophile. Bon travail et tenez-vous bien! », a ainsi lancé à des journalistes, sur le ton de la gaudriole, le Cavaliere, à l’issue d’une conférence de presse avec la ministre de la Jeunesse.

Vendredi dernier, en marge du sommet de l’Otan à Lisbonne, Nicolas Sarkozy s’était emporté face à des journalistes, les accusant de parler sans preuves sur l’affaire de Karachi, qui mêle un attentat au Pakistan à des soupçons de corruption et a pris un tour très politique en France. 

 « On est dans un monde de fous », avait déclaré le président. « Il n’y a pas un seul parmi vous qui croit que je vais organiser des commissions et des rétrocommissions sur des sous-marins au Pakistan, c’est incroyable. »

Puis il s’était s’adressé à un journaliste, dans une démonstration par l’absurde : « Et vous, j’ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile… Qui me l’a dit ? J’en ai l’intime conviction (…) Pouvez-vous vous justifier? ». « Amis pédophiles, à demain ! « , avait-il lancé en quittant les journalistes qu’il allait retrouver samedi en conférence de presse.  

Silvio Berlusconi ne se prive toutefois pas lui-même de critiquer souvent les médias.   Au cours de cette même conférence de presse, il a accusé l’une des journalistes de la chaîne publique Rai3, proche de la gauche, d’être « pire » que Télé Kaboul. Sans commentaire

Alors que cette journaliste demandait à poser une question, Berlusconi a indiqué avec un grand sourire qu’il aurait « trouvé spirituel » qu’elle se présente comme travaillant pour Télé Kaboul.   Comme elle lui rétorquait « vous savez bien que nous ne sommes pas Télé Kaboul », le président du conseil a lancé : « oui je sais, c’est même pire »

De Paris à Rome, l’exécutif donne ainsi une bien piètre image de la fonction qu’il est censé incarner. La déclaration de politique générale de François Fillon, hier à l’Assemblée, avait du coup, par effet de contraste, une toute autre allure. On retrouvait les accents d’une République responsable, attachée à la forme, respectueuse des usages, du Parlement et des citoyens. Les dérapages du chef de l’Etat ont cela de surprenant que piégé à de nombreuses reprises depuis 2007 par des micros ou des caméras baladeuses, Nicolas Sarkozy sait que le risque est grand et que la blogosphère est devenue, pour tout responsable politique, une dangereuse centrifugeuse.

Mais le chef de l’Etat, comme les Français, semble en avoir cure. En témoignent les sondages, qui à l’image d’un Silvio Berlusconi portée par l’opinion au-delà des Alpes, malgré ses frasques et ses débordements sémantiques, ne semblent pas sanctionner ce qui relève du faux-pas et de la vulgarité la plus déconcertante.

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1 Comment
  • agnes d
    novembre 29, 2010

    Pourquoi ne pas déraper car vos détracteurs eux ne s’en privent pas…Il est parfaitement normal que le chef de l’état se paye ceux qui le dénigrent depuis 2007 sans répit et sans élégance dans la mesquinerie
    la plus vile « les attaque sur le physique ».
    Les enfants ne sont pas tendres mais que dire des adultes qui n’ont pas l’excuse de l’âge mais bien
    celle de l’imbécilité !