Un sénateur au CSA.

par 7commentaires No tags 0

Les politiques sont indécrottables. Arc-boutés sur des réflexes rancis, ils continuent de considérer la télévision comme une annexe. Les professionnels de ce métier, -journalistes, producteurs et patrons de chaînes-, ont beau leur marteler qu’au même titre que la politique, l’audiovisuel est un métier complexe qui requiert avec le temps de plus en plus de compétences, c’est comme soliloquer dans le vide.

C’est ainsi que la nomination au CSA par le président du Sénat, Gérard Larcher,(photo),  du président du Groupe centriste au Sénat et sénateur des Yvelines, Nicolas About, est caricatural à plus d’un titre. Si la personne n’est pas en cause, son installation  au CSA est une belle maladresse.

Elle donne d’abord du Conseil supérieur de l’audiovisuel une image dont il avait réussit, peu à peu, à se débarrasser : celle d’une enceinte dont on rogne allègrement l’indépendance et où l’on recase avec un aplomb déconcertant, à l’instar du Conseil économique et social, des amis politiques en mal de maroquin.

Cette nomination appauvrit, ensuite, un collège qui face aux mutations complexes du paysage audiovisuel mondial et de ses industries, devrait s’entourer plutôt de techniciens aguerris, que de béotiens venus du parlement et dont on peut douter que la lecture qu’ils se font de leur mandat soit autre que  politique. A 18 mois de la présidentielle, tout à un sens. Et ce parachutage un peu grossier en a un.

Tout cela confirme l’immaturité criante d’un personnel politique aux ressorts archaïques. Une telle initiative serait impensable aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. Déjà affaibli par le vote de la loi attribuant au chef de l’Etat, en 2008, la première et la plus emblématique de ses prérogatives, -à savoir, la nomination des patrons de l’audiovisuel public-, le CSA retombe, malgré lui, dans ses errements.

De mémoire, c’est la toute première fois que l’on nomme au sein de ce Conseil un parlementaire en exercice. En cela, Gérard Larcher innove.

En nommant l’excellent ancien patron de France Culture, Patrice Gélinet  et Francine Mariani-Ducray, la présidente  du Conseil d’administration de la Villa  Médicis, à Rome,  Bernard Accoyer et Nicolas Sarkozy ont procédé quant à eux à des choix bien plus justes.

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7 Comments
  • aj
    janvier 21, 2011

    Si il a nommé ce sénateur, c’est peut-être pour ce débarasser d’un adversaire possible pour sa réelection à la présidence du sénat dans six mois. Du moins j’en ai l’impression.

  • Alexdauge
    janvier 22, 2011

    Gerard Larcher est le symbole pathétique d’une institution franchement inutile et ultra coûteuse, incapable de se reformer et de rogner raisonnablement ses incroyables privilèges. C’est avec ce genre de comportements autistes que l’on fait le lit de l’antiparlementarisme!
    Designer un sénateur au CSA prouve que le Sénat et son président n’ont rien compris….

  • philippe de valois
    janvier 23, 2011

    Un préfet ? mais il y en a déja eu un. Consultez vos tablettes: Francis Beck, membre du CSA de 2001 à 2007, fut préfet de Savoie au début des années 90.

  • Coste
    janvier 23, 2011

    C’est pitoyable et çà affaiblit un peu plus cette institution indispensable pour la démocratie qu’est le CSA.
    Et pourtant des professionnels aguerris et conscients des enjeux posés à notre pays par la mutation apportée par le numérique il y en a et qui ont prouvé leur capacité à construire les futurs vecteurs de communication.quelques noms me viennent à l’esprit:
    Jean Stock qui outre son parcours dans la production a occupé les plus hautes fonctions à l’UER (Union Européenne de Radiodiffusion,
    Philippe Cayla qui a développé dans tous les paysages audiovisuels d’Europe la chaîne Euronews,
    Marc Pallain qui a développé les réseaux d’NRJ en France et en Europe et a été l’artisan de la TNT,
    et bien d’autres qui dans les technologies ou la production de contenus ont fait les preuves de leurs capacités à gérer les situations engendrées par la révolution numérique.
    Au lieu de cela on nomme quelques midinettes journalistiques habituées des réseaux (d’influence) et maintenant des politiques ou fonctionnaires en mal de recyclage.
    Comment s’étonner alors que la France ne soit pas en mesure de jouer un rôle leader en Europe et dans le monde dans ces secteurs quand on voit comment l’état et les politiques nivellent par le bas à tous les étages…

  • porno
    janvier 29, 2011

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  • Russell Armstrong
    février 1, 2011

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  • Willy Sanon
    février 8, 2011

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