Les mal aimés: La chronique de Philippe Gavi

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Ca m’a fait un gros téléchoc quand aux « Douze coups de midi » (12H, TF1) a été soumise aux candidats une liste de métiers qui tous sauf un étaient les préférés des Français : médecin, infirmière, dentiste, policier, chef d’entreprise, journaliste, chirurgien, enseignant.…La liste était à peine entamée qu’un des trois candidats a cru bon de dire « journaliste ». Je lui en suis gré, mais, malheur, « journaliste » s’est mis au rouge », et lui avec. Il est dur, dur d’entendre dire, à l’heure du déjeuner et des distractions, au déroulé d’un jeu populaire sympathique, qu’on nous aime moins que les policiers et les chefs d’entreprise. Cyrille, le surdoué (plus de 200.000 euros de gains), a expliqué, le ton posé, qu’il y avait en France désaffection pour les journalistes.

Ca promet mal. Est-il sain que le garde des Sceaux, ministre de la justice du président Ouattara, soit aussi le ministre des Droits de l’homme ? Les deux fonctions sont forcément incompatibles. Images en Libye de rebelles exubérants tirant des rafales en l’air. Ca coûte combien, une balle ?

Je retiens des faits divers que quand on parle de violences, et barbares atrocités, des conflits ethniques et de la jungle des cités, il y a une constante : la lâcheté. Et on se met à dix pour massacrer la victime désigné. Il y a même des filles qui s’y mettent : « Le Monde » parle d’une bande d’une quinzaine de niçoises, âgées de 12 à 15 et demi, que les flics ont surnommées les « sauvageonnes ». Et je te tabasse grave en groupe les « filles qui nous regardent ». Malheur au plus faible ! Les approches de type sociologie des ghettos, des ethnies, des bandes, mixité culturelle (qualificatif pudique car on ne nous dit jamais si ce sont des blancs, des noirs, des arabes, ce qui pourtant permettrait de visualiser la situation) et très faible niveau socio-économique, font une trop large part aux circonstances atténuantes et une

trop faible à la psychologie de la personne. On devrait faire une campagne de communication sur la valeur courage. Ne pas dénoncer la violence, juste des saynètes sur le modèle de l’ancienne campagne de la prévention routière « Tu t’es vu quand t’as bu ». Ou « un, ça va,trois bonjour les dégâts ». Sans mâcher les mots: lâches, poltrons, minables, couards, crétins. Faire honte.

Je lis que France 3 va mal. L’audience de la chaîne publique n’a cessé de baisser, sous le seuil des 10 % de part de marché, quatre points de moins qu’il y a cinq ans. La concurrence de la TNT, qui affecte aussi bien TF1, contrainte de réduire ses tarifs de pub (ce qui a fait fléchir le cours en bourse), n’explique pas tout. Il se dit que la grille est trop monotone, répétitive, excluant un public jeune. Je me suis amusé à détailler les programmes, en soirée, de la dernière semaine. Lundi, « Chabada », Daniela Lumbroso donne carte blanche à Yannick Noah. Du réchauffé.

Mardi, un téléfilm lugubre, « Mort d’un président », sur l’agonie de Georges Pompidou. Mercredi, « Des racines et des ailes », là encore, ça ne rigole pas : passion patrimoine. Jeudi, je prends, un excellent film, « Monsieur Batignole », que j’ai regardé,comme 3.299.999 téléspectateurs (12,7 % de part d’audience). Bravo Jugnot et les enfants, j’ai pleuré, ça finit bien, mais là encore nous sommes renvoyés à une noire période.*

Vendredi, « Thalassa », puis le Mireille Dumas, « Vie privée, vie publique », avec des invitées de première jeunesse, Marina Vlady et Françoise Fabian. Samedi, téléfilm terne, et dimanche l’inévitable « inspecteur Barnaby », policier britannique qui ne fait pas le poids avec « Les Experts » sur TF1. En semaine, ce menu roboratif est sandwitché entre « Plus Belle la vie » à 20H10, et Soir 3 », suivi par « Ce soir ou jamais ! » Personnellement, je suis accro à « PBLV », et je rate rarement le débat de Frédéric Taddéi, mais il faut admettre que tout le monde ne partage pas ces goûts d’ailleurs contradictoires. Concernant « Thalassa », je me demande si les amoureux de la mer ne finissent pas par s’émousser.

Que faire ? Emmanuelle Guilbart détaille au « Monde télévisions » les « nouvelles ambitions » du groupe public. Nouvelles ? La nouvelle directrice déléguée aux programmes de France Télévisions fait de son mieux mais son « nous devons innover aussi bien sur le fond que sur la forme », être « plus créatifs et décomplexés » sur le modèle de la BBC relève de l’évidence incantatoire et expiatoire. Pour la fiction, dit-elle, « il faut raconter des histoires extraordinaires de gens ordinaires, des faits historiques par le biais de la petite histoire »

Bref, la nouvelle venue ne fait que seriner le catéchisme des programmateurs depuis que la télévision existe.  PG

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3 Comments
  • thierry__alain
    avril 18, 2011

    Je lui en SAIS gré, qu’on dit en fait…

  • Maksim Ugenberg
    avril 21, 2011

    Je pense que le problème viens en partie de l’image que donne certains journalistes, dont le seul intérêt est de faire un « scoop », ça m’avais d’ailleurs beaucoup frappé lors du séisme en Haiti: On arrêtait pas de dire que les secours avaient du mal à arriver, alors que le nombre de journalistes présents étaient grand, et ils filmaient plutôt que d’aider les gens. De même lors de l’accident de Lady Diana, où le journaliste qui les suivaient a préféré la photographier agonisante et partir sans l’aider. Vous m’excuserez, mais des actes pareils ne peuvent que donner une mauvaise impression du journalisme, où tout semble une question d’argent (pour changer)

  • RADJI
    juillet 19, 2011

    hichem